Débats enflammés au Parlement

Quels orateurs parlementaires célèbres ont prononcé ces paroles ?

1. « Je ne déchirerai pas plus la page de mon histoire que vous ne déchirerez la vôtre. »

2. « Vous marchez sur une cendre à peine refroidie, et vous ne croyez déjà plus aux volcans ! »

3. « Aux armes ! Citoyens, hommes libres, défendez votre liberté, assurez l’espoir de celle du genre humain, ou bien vous ne mériterez pas même sa pitié dans vos malheurs ! »

4. « La loi de la pesanteur n’agit pas sur les sociétés humaines, et ce n’est pas dans les lieux bas qu’elles trouvent leur équilibre. »

5. « Vouliez-vous une révolution sans révolution ? »

6. « Il faudra que la conséquence s’incline devant la cause. »

7. « Quel gouvernement que celui qui plante l’arbre de la liberté sur l’échafaud, et met la faux de la mort entre la main de la loi ! »

8.  « J’observe qu’on peut bien être ridicule sans cesser d’être innocent. »

9. « La Nature, qui a voulu que chaque peuple fut l’arbitre de ses lois, l’a rendu également l’arbitre de son bonheur. »

10. « Je cède à un sentiment irrésistible qui m’appelle à la tribune. »

Hugo, Robespierre, Lamartine

Réponses

1. Danton, au Club des Jacobins, le 13 Frimaire an II.

2. Lamartine, à la Chambre des Députés, le 10 janvier 1839.

3. Vergniaud, à l’Assemblée Nationale, le 18 janvier 1792.

4.  Jean Jaurès, à Albi, le 30 juillet 1903.

5. Robespierre, à la Convention Nationale, le 5 novembre 1792.

6. Gambetta, au Corps Législatif, le 5 avril 1870.

7. Saint-Just, au Club des Jacobins, le 4 novembre 1792.

8. Mirabeau, à l’Assemblée Nationale, le 20 octobre 1790.

9. Condorcet, à La Convention Nationale, le 15 février 1793.

10. Victor Hugo, à la Chambre des Pairs, le 19 mars 1846.

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Les Grands orateurs républicains. 10/10

Editions Hemera, Monaco, 1949.

Tome I : Mirabeau, par Jacques Hérissay, 249 pages – Tome II : Saint-Just, par Henri Calvet, 267 pages. – Tome III : Vergniaud, par Michel Lhéritier, 271 pages – Tome IV : Danton, par Jacques Hérissay, 250 pages. – Tome V : Robespierre, par Henri Calvert, 251 pages – Tome VI : Les Girondins, par Michel Lheritier, 256 pages – Tome VII : Lamartine, par André D. Tolédano, 249 pages. – Tome VIII : Gambetta, par Georges Bourgin, 251 pages – Tome IX : Jaurès, par Georges Bourgin, 250 pages – Tome X : Victor Hugo, par André D. Tolédano, 250 pages. Le dernier tome comprend une table analytique générale et un recueil de citations.

En tout dix volumes brochés 23, 5 x 16 cms sous couverture et emboitage individuels.
Un portrait en frontispice de chaque volume.
Couvertures rouges pour les six premiers volumes, grises pour les volumes VII à IX, marron pour le volume X.
Emboitages rouges.
Exemplaires n° 164/3000 imprimés pour le Dr Maurice Fredet, Conseiller général, député d’Eure-et-Loir. Pages non coupées.
Certaines coiffes frottées. Quelques emboitages et quelques couvertures en partie désolidarisés. Excellent état des volumes brochés.

375 €

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Sur le même sujet :

La Tribune françaiseAMIC Auguste et MOUTTET Etienne

La Tribune française, choix des discours et des rapports les plus remarquables prononcés dans nos assemblées parlementaires depuis 1789 jusqu’en 1840. Avec une appréciation philosophique des Travaux de chacune des Législatures, le Résumé des discussions les plus importantes, et des notices biographiques sur les principaux orateurs.

Paris, Aux Bureaux de la Tribune Française, 1840.
2 volumes 26 x 17,5 cms. 635 + 674 pages. 10 gravures hors texte sous serpente roussie. Demi-reliure cuir sans nerfs frottée, titres, tomaisons et motifs dorés. Plats et coins frottés. Rousseurs, surtout sur les gravures.

150 €

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TIMON [CORMENIN]

Étude sur les orateurs parlementaires (2 tomes), suivies d’une Étude sur Timon par Chapuys-Montlaville, et d’une Lettre d’un ancien sénateur à Timon

Paris, Pagnerre, 1838-1839 (mention de septième édition pour les Études.

Quatre ouvrages en un volume 14 x 9 cms. 182 + 233 + 31 + 79 pages.

Demi reliure, dos lisse à motifs romantiques, tranches marbrées. Quelques rousseurs, surtout en début de volume, mais bon état global

50 €

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TIMON

Étude sur les orateurs parlementaires

Bruxelles, Société Belge de Librairie, 1838.

Un volume 15 x 10 cms. 278 pages.

Demi reliure, dos lisse à faux nerfs sous forme de filets dorés.

Petit manque en coiffe, rousseurs sur quelques feuillets, sinon bon état.

25 €

L’ancêtre de Gavroche

Vingt ans avant la publication des Misérables paraissait dans le recueil Les Petits Français, ce texte de Julien Caboche, dit Caboche-Demerville, illustré par Gavarni.

« La journée du gamin de Paris commence de bonne heure ; sa toilette le retient peu au logis : une chemise, un pantalon, héritage d’un soldat, quelque soulier qu’il a trouvé au coin d’une borne, voilà le plus ordinairement son costume complet. Vous lui verrez quelquefois en hiver une veste trop courte pour compenser l’ampleur exorbitante de son pantalon. Une casquette audacieusement campée sur l’oreille gauche, à peine éveillé, il est dans la rue, un honorable morceau de pain sous le bras. […]

Voyez-le entrer dans ce Paris où les plus hardis ne sont pas trop à l’aise : rien ne l’étonne, rien ne le gêne ; il passe au beau milieu de la chaussée, fier et insouciant de tout. Les voitures peuvent rouler au grand galop des chevaux, n’ayez garde qu’il se range… n’est-il pas le roi de la rue ?

Voyez son petit œil fauve briller, il plonge jusqu’au fond des maisons, il a l’air de chercher partout son pain quotidien. Il a bientôt avisé le provincial frais débarqué qui demande son chemin, l’hôtel où il est descendu. – Venez avec moi, mon général, s’empresse-t-il de lui dire, je vais vous y conduire, mon colonel. […]

Malheur à la fruitière du coin, malheur au paisible épicier, au marchand de gâteaux, si le bourgeois ne donne pas : les bancs de la police correctionnelle le voient trop souvent expliquer par quelle erreur, quelle singulière distraction il a fait passer la poire cuite, les figues, les gâteaux, de l’étalage du marchand dans la poche de son vaste pantalon ou de sa veste en lambeaux. […]

Le gamin est sobre, il faut lui rendre cette justice ; il a cependant son genre de sybaritisme à lui, il aime faire sa digestion dans la quiétude la plus parfaite. Quel bonheur quand le soleil darde ses rayons sur les rives sablonneuses de la Seine ! Avec quelle béatitude il s’étend de tout son long sur ce tapis pierreux ! […]

Voici que la nuit tombe ; le théâtre le réclame. Le gamin n’est pas assez riche pour prendre un cabriolet, fût-ce à la course. Il méprise souverainement l’omnibus, et il n’aime pas les longues courses à pied. Il avise la première voiture qui va passer, grimpe sur le marche-pied postérieur, s’installe paisiblement sur la planchette de derrière, et se rend ainsi à ses affaires, à moins que le Phaéton à trente sous l’heure ne s’aperçoive de l’excédent de poids et n’emploie les persuasions de son fouet pour lui faire quitter la place usurpée. Cet accident le met dans une de ses plus grandes colères ; il poursuit le cocher de ses injures les plus recherchées et de ses gestes les plus chicards.

Néanmoins, il arrivera, soyez-en sûr, à son théâtre avant l’ouverture, et il entrera le premier dans la salle. C’est là qu’il faut le voir : tout entier au spectacle, dès que la toile est levée, il suit avec une attention soutenue toutes les péripéties du drame ; il rit, il pleure, il grince, il s’irrite et s’apaise. Il menace à haute voix le traître, l’épouse infidèle et parjure. Dans l’entracte, il imite le chant des oiseaux, les aboiements du chien ; il crache sur le dandy de l’avant-scène et fait mille niches aux gardes municipaux. Il fait encore la police de la salle, ordonne aux femmes de retirer leurs chapeaux, aux hommes de faire face aux parterres. […] »

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Les Petits français peints par les grands.

Paris, Librairie Pittoresque de la Jeunesse, 1842.

Un volume 17,5 x 11 cms. 273 pages. Illustrations in et hors texte.

Reliure carton très frottée. Des rousseurs sur quelques cahiers et gravures. Étiquette de bibliothèque au dos du premier plat. État moyen.

Contient : La petite Fille comme il faut, par Eugénie Foa, type par Géniole – Le Groom, par L. Couailhac, type par Géniole – Le petit Clerc, par Eugénie Foa, type par Géniole – L’Enfant de chœur, par Deriége, type par Géniole – La Vieilleuse, par Michelant, type par C. Nanteuil – Le Gamin de Paris, par J. Caboche Demerville, type par Gavarni – Le Mousse, par A. Achard, type par C. Nanteuil – Le Ramoneur, par Demiége, type par Géniole – Le Diable d’imprimerie, par A. Achard, type par Géniole – Le Rapin, par J. Caboche Demerville, type par C. Nanteuil – Le petit Pâtissier, par A. Achard, type par Géniole – La petite Mendiante, par Ch. Rouget, type par Géniole – Le petit Saltimbanque, par Michelant, type par Géniole – Le Bohémien, par Franz de Lienhart, type par Gavarni – Le petit Tambour des Invalides, par Franz de Lienhart, type par Géniole – La petite Portière, par T. Midy, type par Wattier – Les petites Apprenties, par Eugénie Foa, type par Wattier – Le Pensionnaire, par Anna de ***, type par Génile – L’Écolier par J. Delahaye, type par Gavarni – Le Marchand de balais, par L. Couailhac, type par Géniole – Le Collégien, par J. Caboche Demerville, type par Géniole.

35 € + port

Une photographie haute résolution de la France en 1835

En 1835, la France est sous le régime de la Monarchie de Juillet.Pièce de monnaie à l'effigie de Louis-Philippe
Le Gouvernement est présidé par le duc de Broglie, Guizot est ministre de l’Instruction Publique

En juin, Abd-El-Kader défait les troupes françaises.

En juillet, l’attentat mené par Fieschi contre Louis Philippe fait 18 morts, et sera suivi de lois d’exception

Cette année-là paraissent Le Père Goriot, De la démocratie en Amérique, Servitude et Grandeur militaires, Mademoiselle de Maupin.

Flaubert et Baudelaire n’ont que 14 ans. Zola ne naîtra que 5 ans plus tard.

Abel Hugo, La France Pittoresque

En 1835, la France est peuplée de 32 569 223 habitants, dont 5 729 052 font partie de la Garde Nationale. Il y a 2 062 963 élèves, du Primaire au Supérieur, et « 3 millions d’enfants de 5 à 12 ans privés de toute instruction ».
Le nombre d’indigents est de 1 852 984, celui des mendiants de 75 119.

Plus de 8 millions de personnes paient de 1 à 20 francs d’impôts, et seulement 999 s’acquittent de plus de 4000 francs, pour un rapport total des contributions directes de plus de 367 millions de francs. Les droits indirects rapportent 163 millions, les Postes, 33 millions.
627 830 individus sont « salariés par l’État ».

La division administrative comporte 86 départements : il n’y a que deux départements alpins, la Savoie et le Territoire de Belfort ne font pas encore partie de la France. S’y ajoutent les colonies : État d’Alger, Sénégal et Gorée, Ile Bourbon, Inde Française, Antilles Françaises et Guyane, Saint Pierre et Miquelon, Terre Neuve, Madagascar.

En hectolitres, la production agricole est de 155 millions pour les céréales, 48 millions pour les pommes de terre, et 1,3 millions pour les chataignes. Il y a environ 8 millions de bovins, 35 millions de bêtes à laine, 2,5 millions d’ânes, 4,5 millions de porcs, plus de 2,5 millions de chèvres, et 2,3 millions de chevaux et mulets.
Mais seulement 947 machines à vapeur.

Le pays ne compte encore que quelques dizaines de kilomètres de voies ferrées, principalement entre Saint Étienne et Lyon. Mais il y a déjà 74 canaux, plus 16 « en exécution »

Tableau comparatif des principales montagnes de France

En 1835, Abel Hugo (1798-1855), militaire et littérateur, frère de Victor, fait paraître sous forme de livraisons, La France Pittoresque, ou Description pittoresque, topographique et statistique des départements et colonies de la France.

Les 120 premières pages sont consacrées à des statistiques générales (politique et administrative ; militaire ; maritime ; judiciaire ; de l’instruction publique ; morale ; financière ; agricole ; industrielle ; médicale ; scientifique), bourrées de renseignements extrêmement précis, parmi lesquels se trouvent quelques curiosités :
– une gravure offrant un tableau comparatif des principales montagnes de France

– une autre gravure représentant le comparatif des fleuves et rivières formant les 22 grands bassins de la France
– la description détaillée des différents pavillons que doivent arborer les navires marchands en fonction de leur port d’origine
– des études statistiques fouillées sur la « perversité relative des sexes », à partir des types de crimes commis, ou sur le coût pour la collectivité des enfants trouvés (de 164 francs dans l’Yonne à 57 francs dans le Tarn). De même qu’un « indice de charité » distribué selon que l’on est homme, femme, mariée(e), veuf ou veuve).

Chaque département est décrit en huit pages de texte, accompagnées de 4 gravures dont une carte.

Le plan est immuable : Histoire – Antiquités – Caractères, moeurs, coutumes – Costumes, langage – Notes biographiques – Topographie – Météorologie – Histoire Naturelle – Curiosités naturelles – Villes, bourgs, châteaux – Division politique et administrative – Impôts, recettes, dépenses – Industrie agricole – Industrie commerciale – Bibliographie.

Costumes de la CorrèzePrenons comme exemple la Corrèze. Il n’y est pas (encore) relevé que ce département est un berceau de Présidents de la République.
Mais nous y apprenons que « ses habitants sont intelligents, actifs, laborieux, naturellement gais, faciles, communicatifs, charitables, généralement nourris dans les sentiments d’une sévère probité, quoique la conscience de leurs droits et peut-être aussi un peu le goût des émotions les rendent assez processifs. Ils ont de la loyauté et de la franchise, une brusquerie qui cache un bon naturel, et une apparence de bonhomie qui couvre aussi parfois de la finesse, de la malice et de la causticité. »

« La ville de Tulle (pop. 8689 h.) est petite, les maisons en sont vieilles et laides, mais elle possède une jolie promenade au bord de la rivière, de beaux quais, des ponts nombreux, une église semi-gothique, semi-carlovingienne, dont la flèche élancée a la hardiesse de l’élégance, un palais de justice bien distribué, de vastes bâtiments consacrés à la manufacture d’armes, un bel hôpital bien tenu, une caserne de gendarmerie, une prison départementale, un collège, un séminaire, une salle de spectacle et une bibliothèque riche de 2000 volumes. On trouve d’ailleurs chez les habitants un grand penchant aux embellissements. Aussi peut-on espérer d’y voir dans quelques années des rues garnies de beaux édifices et des places régulières. »

Tulle« Les Courses de Tulle ont été supprimées il y a quelques années – Le département de la Corrèze a le bonheur de ne renfermer aucun bureau de loterie. – Il y a à Tulle une Société savante d’Agriculture. »

« Le département paie annuellement à l’État 1,5 millions de francs de plus qu’il ne reçoit. Cette extraction énorme de numéraire suffit pour expliquer comment l’industrie manufacturière ne prend aucun développement, et comment l’industrie agricole reste dans un état de langueur et de déperrissement. Il n’y a pas de capitaux dans le pays, et il ne peut y en avoir. La misère sera son lot tant qu’une plus équitable distribution des impôts n’aura pas été adoptée. Il n’y a pas lieu de s’étonner que la Corrèze n’ait rien envoyé à la dernière Exposition générale des produits de l’industrie. »

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Pionnier du genre, cet ouvrage ouvrira la voie aux travaux de Victor Malte-Brun, auteur d’une Géographie universelle : La France Illustrée, 1853 – d’Adolphe Joanne pour Hachette : Itinéraire général de la France, 1861-1869 – de Jules Verne pour Hetzel : Géographie illustrée de la France et de ses colonies, 1868 – et d’Onésime Reclus, Géographie de la France et de ses colonies, 1873.

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Abel Hugo, La France pittoresque

La France pittoresque ou description pittoresque, topographique et statistique des départements et colonies de la France.
Paris, Delloye, 1835. 3 volumes 28 x 19 cms. 320 pages chacun.
Illustré de 98 cartes, 8 plans dont un grand dépliant de Paris, et de 362 planches hors-texte gravées sur acier.
Reliure demi-basane, dos lisses ornés de frises, titre et tomaison dorés.
Coins émoussés, plats frottés, rousseurs éparses.
Bon état général. 300 € + port