Des différents types de livres

Livres apocryphes : ce sont ceux qui sont exclus du rang des canoniques, ou faussement attribués à certains auteurs.

Livres authentiques : l’on appelle ainsi ceux qui sont véritablement des auteurs auxquels on les attribue, ou qui sont décisifs et d’autorité ; tels sont parmi les livres de Droit, le Code, le Digeste.

Livres auxiliaires : sont ceux qui quoique moins essentiels en eux-mêmes, servent à en composer ou à en expliquer d’autres, comme dans l’étude des lois, les livres des instituts, les formules, les maximes, etc.

Livres élémentaires : on appelle ainsi ceux qui contiennent les premiers et les plus simples principes des sciences ; tels sont les rudiments, les méthodes, les grammaires, etc., par où on les distingue des livres d’un ordre supérieur, qui tendent à aider ou à éclairer ceux qui ont des sciences une teinture plus forte.

Livres de bibliothèque : on nomme ainsi des livres qu’on ne lit point de suite, mais qu’on consulte au besoin, comme les dictionnaires, les commentaires, etc.

Livres exotériques : nom que les savants donnent à quelques ouvrages destinés à l’usage des lecteurs ordinaires ou du peuple. Lire la suite

Petits coups d’oeil chez les voisins (2) : Sébastien, Tobias et Jean sont en colocation

Voici un livre :

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Sa reliure est muette.

Il n’a pas de page de titre.

La numérotation est faite par feuillets, mais quelqu’un a tenu à re-numéroter par page :

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Et à corriger les quelques erreurs de titre :

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En se trompant aussi parfois, surtout vers la fin :

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Les tranches sont rouges, le texte est visiblement de la poésie, et il y a des gravures :

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Chassons les sous-éditions !

Les bibliophiles et autres amateurs attachent beaucoup d’importance à la notion d’« édition ».

Tel recherche la Première, car…. c’est la première. Tel autre recherche la dernière, qu’il considère comme la plus aboutie.  Tel autre veut les rassembler toutes, soit en se limitant à celles parues du vivant de l’auteur, soit en recherchant une complète exhaustivité.

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Mais accorde-t-on suffisamment d’importance aux « sous-éditions » ?

Qu’est-ce donc ? Tout simplement d’infimes variations dans la même édition, dues le plus souvent à des tirages différents, à des recompositions faites en catastrophe, ou à des accords commerciaux entre éditeurs.

Quelques exemples :
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Petits coups d’oeil chez les voisins (1) : Nos voisins dans les rues

Située au coin des rues Wimpheling et Geiler, non loin de la place Sébastien Brant et de la rue Sleidan, la librairie Ivres de Livres s’enorgueillit de voisins prestigieux : des humanistes rhénans, actifs dans la première moitié du XVe siècle, qui ont marqué l’histoire des Lettres et les débats religieux précédant la Réforme.

Faisant partie du quartier de la Neustadt (la Nouvelle ville), édifié pendant l’occupation allemande de la ville, entre 1870 et 1914, cet ilot était achevé au tout début du XXe siècle, ainsi qu’en témoigne ce plan de 1906.

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Après la première guerre mondiale, les noms des rues ont été simplement francisés (Avenue de la Forêt-Noire à la place de Schwarzwald Strasse par exemple), à quelques exceptions près (la Ludwigshafener Strasse – rue de Ludwigshafen – devint ainsi la rue de Verdun).

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Bibliothèques imaginaires (14) – La « librairie » (presque) imaginaire de Montaigne

Chez moi, je me détourne un peu plus souvent à ma librairie, […] Là, je feuillette à cette heure un livre, à cette heure un autre, sans ordre et sans dessein, à pièces décousues ; tantôt je rêve, tantôt j’enregistre et dicte, en me promenant, mes songes que voici.
Elle est au troisième étage d’une tour. […] La figure en est ronde et n’a de plat que ce qu’il faut à ma table et à mon siège, et vient m’offrant en se courbant, d’une vue, tous mes livres, rangés à cinq degrés tout à l’environ. […]

Montaigne, La Librairie (Essais III, 2)

L’Université de Tours a tenté une reconstitution de la « Librairie » de Montaigne.

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Tout flatteur…

« … Tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l’écoute :
Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. » (Le Corbeau et le Renard)

Si La Fontaine mettait en scène un renard, Plutarque, quinze siècles plus tôt, préférait convoquer des animaux moins sympathiques :
« De même que ce sont les bois doux et tendres où les vers s’engendrent le plus vite, de même c’est dans les cœurs généreux et faciles que le flatteur pénètre, s’établit et trouve à se nourrir. »
« Pareil à ces insectes qui s’éloignent des cadavres aussitôt que la mort y a fait cesser la circulation du sang dont ils se nourrissent, le flatteur à qui la gloire et la puissance servent d’appâts et d’aliments, ne reste jamais auprès de ceux dont le crédit se perd ou se refroidit. » Lire la suite

Savants et Gens de Lettres, un peu d’hygiène, que diable !

Vous mettez tous les jours – toutes les nuits – votre vie en danger, et vous ne le savez pas :

« Les dangers de l’étude et des méditations habituelles et prolongées ne sont point douteux. Ce genre d’excès peut insensiblement nuire à la santé, l’altérer grièvement, et souvent même abréger la durée de la vie. »  

Êtes-vous concernés ?

« Il faut comparer ceux qui cultivent les sciences avec ceux qui ne les cultivent pas : il sera facile d’apercevoir ce qui les distingue essentiellement les uns des autres.

L’homme du monde paraît toujours avoir l’esprit à ce qu’il fait, jamais il ne se livre à ces abstractions, à cet état d’isolement de la pensée qui détache l’attention de tous les objets environnants ; jamais il n’éprouve ces élans impérieux de l’imagination qui transportent l’âme et enfantent le génie.

Le savant, au contraire, semble préoccupé pendant tous les instants de sa vie ; son esprit est sans cesse en exercice, qu’il se livre aux travaux de cabinet, ou qu’il les suspende : après s’être livré profondément à l’étude ou à la méditation, tous les muscles de la face sont tendus et paraissent être en convulsion ; ses yeux sont fixes, rouges, injectés ; il porte vaguement ses regards sur les objets qui l’entourent, et il ne les voit pas. Il est alors, pour ainsi dire, tellement concentré en lui-même qu’il offre l’image d’un homme stupide ou égaré ; souvent il ne répond point aux questions qu’on lui fait, ou n’y répond que d’une manière insignifiante ; il est pensif, rêveur, distrait, ne sachant ni ce qu’on dit ni ce qu’on fait autour de lui. Souvent il agit en quelque sorte d’une manière automatique, et sans pouvoir rendre compte ensuite du motif de ses actions. Sa marche est tantôt lente, tantôt vive et précipitée ; tout son extérieur enfin annonce cet état d’abstraction intellectuelle ou de contention extrême qui est souvent peu durable, mais qui peut être parfois porté jusqu’à un état voisin de la catalepsie. »

Vous vous êtres reconnus ? Voici ce que vous risquez :

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