Préhistoire de la numérisation livresque

60012_1« Il est peut-être utile de donner ici une description rapide de la manière dont la production du Dictionnaire Électronique de l’Ancien Français [paru en 1971] est automatisée.

La rédaction elle-même est tout à fait traditionnelle, facilitée simplement par une liste de mots compilée par l’ordinateur sur la base de glossaires et de textes.

Dans les articles dactylographiés, on codifie les différentes catégories de mots qui doivent figurer dans l’index (dérivés, variantes, étymons, mots appartenant aux différentes langues, scriptae et patois, etc.), et la maison de production s’occupe de tout le reste : le texte est perforé sur bande avec les codes requis pour déterminer le type de caractère à utiliser pour chaque mot (de même les majuscules et les minuscules, les accents, etc., que l’ordinateur ignore), les espaces, les mots à mettre en index, etc., etc.

Les codes susceptibles de s’accumuler devant un seul mot peuvent atteindre le nombre de huit ! Après chaque unité d’information (mot, majuscule, étymologie, etc.), il faut donner d’autres codes pour annuler les premiers. Grâce à ces codes, l’ordinateur « sait » comment faire les index, les dictionnaires abrégés, les dictionnaires onomasiologique et inverse.

Ces données sont contrôlées et mises sur un ruban magnétique qui commande l’appareil de photo-composition. Chaque lettre, qui se trouve emmagasinée sur un deuxième ruban magnétique, est appelée par le premier et projetée sous forme de rayon cathodique à travers une lentille sur un papier photographique (positif), et cela à la raison de trois mille caractères à la seconde. La justification des colonnes et des pages, la pagination et la division des mots en fin de ligne se font automatiquement.

En raison de la rapidité de la machine, il est inutile de garder en mémoire la composition, de sorte qu’après une correction, qu’on a joute une seule lettre ou 10 pages, le tout est recomposé.

La qualité de l’impression est exceptionnelle. Une correction faite sur l’épreuve ne cause jamais d’autres erreurs, comme c’est souvent le cas de la composition traditionnelle. Il est d’ailleurs possible de faire imprimer par ce procédé des travaux faits sur n’importe quel ordinateur (listes, index, etc.) sans que cela ait été prévu à l’avance. »

Frankwalt Möhren (Université du Québec), Le Dictionnaire Étymologique de l’Ancien Français.
in
Kurt Baldinger, Introduction aux dictionnaires les plus importants pour l’histoire du français, Paris, Klincksieck, 1974.

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