Petits coups d’oeil chez les voisins (6) : Jean Sleidan

portrait Sleidan goodJohann Philippson von Schleidan (1506-1556), plus connu sous son nom latinisé, Johannes Sleidanus, et sous son nom francisé, Jean Sleidan, était à la fois diplomate et historien.

Comme diplomate, il fut, sous François Ier, le secrétaire du Cardinal-Chancellier Jean Du Bellay et joua à ce titre un rôle pivot dans les relations entre la couronne de France et les protestants allemands en lutte contre les Habsbourg. Il eut ainsi accès à de nombreux documents et informations qui lui serviront plus tard. Il traduisit également en latin de nombreux ouvrages d’historiens français

Sa position ayant été affaiblie lors d’une période de réchauffement temporaire dans les relations entre la France et les Habsbourg, il quitta Paris et s’installa à Strasbourg, sans doute en 1547. C’est là qu’il traduisit en latin les Mémoires de Philippe de Commynes, qui connurent en 1545 pas moins de quatre éditions. C’est la même année qu’il entama la rédaction de ses Commentaires, dont le premier jet fut achevé en 1554. C’est alors que les rivalités entre Luthériens et Calvinistes (dont Sleidan était proche) faillirent en empêcher la publication, malgré l’avancement de l’impression – 20 Livres sur 25 étaient déjà prêts. Finalement, seule la version latine fut autorisée, mais non la version en allemand, dont l’audience aurait été plus large.

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Quand un doreur n’est pas réveillé…

… cela donne ceci :

verres_vers


 

05919_1BREHM Alfred-Edmund, DE ROCHEBRUNE A.T.

Merveilles de la Nature : Les Vers, les Mollusques

Paris, Baillière, 1884. Un volume 29 x 20 cms. VI-780 pages. 1296 figures in texte. 20 planches hors texte. Demi reliure, dos à 5 nerfs, titre (« verres ») et tomaison en doré (volume marqué « 9 »). Quelques petits frottements, sinon très bon état. 50 €

La Poste se fait du beurre sur le dos des amateurs de livres

La Poste a toujours détesté être obligée de respecter une Convention Internationale initiée par l’UNESCO dans les années 1950, qui l’oblige à transporter des livres à un prix modique, quand ils sont envoyés à l’étranger .

Elle a inclus les obligations découlant de cette convention dans ses tarifs – bien obligé – mais elle fait tout pour en camoufler l’existence :

  • le tarif « Livres et Brochures » est planqué au fin fond de son site destiné aux Entreprises (ici), alors qu’il s’applique également aux Particuliers (c’est même écrit en toutes lettres).
  • ce tarif n’est pas disponible sur les automates des bureaux de poste
  • ce tarif est fort peu connu des guichetiers.
  • dans le système informatique dont disposent les guichetiers, ce tarif s’arrête à 5 kgs, alors qu’il va jusqu’à 25 kgs. Mais de 6 à 25 kgs, il s’appelle, dans l’informatique de La Poste, « sacs de livres ». Un nombre encore plus réduit de guichetiers est au courant. Les formations internes de La Poste sont muettes sur le sujet.

Or ne voilà-t-il pas que viennent d’apparaître dans les bureaux de poste des totems publicitaires d’à peu près 2,50 mètres de haut qui font la promotion de Colissimo emballage (pour « envoyer un ours en peluche ») et de la Lettre Suivie Internationale (pour « envoyer un livre à l’international »)

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Escroquerie ? Publicité mensongère ? En tout cas gros mensonges par omission, au nombre de trois :

  • premier mensonge par omission : faire croire qu’il n’y a QUE la lettre suivie pour expédier un livre à l’étranger
  • deuxième mensonge par omission : évoquer la limite (désormais fameuse) des 3 cms d’épaisseur, mais omettre celle de la limite de poids de 2kgs qui s’applique à la Lettre Suivie (et de 3 kgs pour nos anciennes colonies d’Afrique).
  • troisième mensonge par omission : ne pas préciser que la date de distribution ne peut être connue que pour certains pays.

lettre suivie internationale

Entre le tarif Livres et Brochures et celui de la Lettre Suivie, la différence n’est pas que de quelques sous.

Mais pourquoi se gêner ?

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Sur le même sujet : Petit guide d’utilisation des tarifs postaux 2015 à l’usage des vendeurs (et acheteurs) de livres

La lecture comme pratique désespérée

4.12 – Strictement j’envisage, écartés vos folios d’études, rubriques, parchemin, la lecture comme une pratique désespérée. Ainsi toute industrie a-t-elle failli à la fabrication du bonheur, que l’agencement ne s’en trouve à portée : je connais des instants où quoi que ce soit, au nom d’une disposition secrète, ne doit satisfaire.
Autre chose… ce semble que l’épars frémissement d’une page ne veuille sinon surseoir ou palpite d’impatience, à la possibilité d’autre chose.

4.15 – Le livre, expansion totale de la lettre, doit d’elle tirer, directement, une mobilité et spacieux, par correspondances, instituer un jeu, on ne sait, qui confirme la fiction. […]

4.16 – Le pliage est, vis-à-vis de la feuille imprimée grande, un indice, quasi religieux ; qui ne frappe pas autant que son tassement, en épaisseur, offrant le minuscule tombeau, certes, de l’âme. […] Cette extraordinaire, comme un vol recueilli mais prêt à s’élargir, intervention du pliage ou le rythme, initiale cause qu’une feuille fermée, contienne un secret, le silence y demeure, précieux et des signes évocatoires se succèdent, pour l’esprit, à tout littérairement aboli.

4.17 – Le Livre, où vit l’esprit satisfait, en cas de malentendu, un obligé par quelque pureté d’ébat à secouer le gros du moment. Impersonnifié, le volume, autant qu’on s’en sépare comme auteur, ne réclame approche de lecteur. Tel, sache, entre les accessoires humains, il a lieu tout seul : fait, étant. Le sens enseveli se meut et dispose, en chœur, des feuillets.

4.21 – Le volume, je désigne celui de récits ou le genre, contradictoirement évite la lassitude donnée par une fréquentation directe d’autrui et multiplie le soin qu’on ne se trouve vis-à-vis ou près de soi-même : attentif au danger double.

Stéphane Mallarmé. Écrits sur le livre.
Éditions de l’Éclat, 1985.

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Quel plaisir d’être libraire…

… et de recevoir des messages comme celui-ci :

« Cher Monsieur,

Ce matin j’ai retiré à la poste de [XXX]  l’ouvrage de Grégoire de Nysse que vous m’avez envoyé. J’en suis ravi car je travaille sur l’évolution de l’homme et l’apparition de la transcendance et le De  hominis opificio de Grégoire de Nysse est une source inépuisable de réflexion parmi les textes anciens. La traduction latine du texte original en grec de l’ouvrage que je viens d’acquérir est la meilleure. Réalisée en 1573 et maintes fois reproduite pendant les XVII° et XVIII° siècles, elle n’est pas rare mais je désirai en avoir un exemplaire personnel. Je pense que celui-ci est l’une des 4 éditions parisiennes de 1605 qui sont toutes identiques excepté la page de garde qui manque ici. Un grand merci. »

Des différents types de livres

Livres apocryphes : ce sont ceux qui sont exclus du rang des canoniques, ou faussement attribués à certains auteurs.

Livres authentiques : l’on appelle ainsi ceux qui sont véritablement des auteurs auxquels on les attribue, ou qui sont décisifs et d’autorité ; tels sont parmi les livres de Droit, le Code, le Digeste.

Livres auxiliaires : sont ceux qui quoique moins essentiels en eux-mêmes, servent à en composer ou à en expliquer d’autres, comme dans l’étude des lois, les livres des instituts, les formules, les maximes, etc.

Livres élémentaires : on appelle ainsi ceux qui contiennent les premiers et les plus simples principes des sciences ; tels sont les rudiments, les méthodes, les grammaires, etc., par où on les distingue des livres d’un ordre supérieur, qui tendent à aider ou à éclairer ceux qui ont des sciences une teinture plus forte.

Livres de bibliothèque : on nomme ainsi des livres qu’on ne lit point de suite, mais qu’on consulte au besoin, comme les dictionnaires, les commentaires, etc.

Livres exotériques : nom que les savants donnent à quelques ouvrages destinés à l’usage des lecteurs ordinaires ou du peuple. Lire la suite

Le Salon des rêves – et du cauchemar

Une fois n’est pas coutume, c’est du livre écrit par l’un des clients de notre librairie que nous allons parler aujourd’hui.

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Joseph Steib n’a l’air de rien, et il était resté jusqu’à présent un quasi-inconnu. Né en 1898, mort en 1966, humble employé du Service des Eaux de Mulhouse, souffrant d’importants problèmes de santé qui le firent classer invalide, il fut l’un des plus féroces opposants à Hitler et à l’hitlérisme.

 

Résistance picturale

Quand ? de 1939 à 1945, mais surtout à partir de 1942.

Ou ? Dans sa cuisine, à Brunstatt, faubourg populaire de Mulhouse occupée.

Comment ? par sa peinture.

Ne haussons pas les épaules ! Il n’y risquait que sa peau.

derniere-scene Lire la suite