Petits coups d’oeil chez les voisins (1) : Nos voisins dans les rues

Située au coin des rues Wimpheling et Geiler, non loin de la place Sébastien Brant et de la rue Sleidan, la librairie Ivres de Livres s’enorgueillit de voisins prestigieux : des humanistes rhénans, actifs dans la première moitié du XVe siècle, qui ont marqué l’histoire des Lettres et les débats religieux précédant la Réforme.

Faisant partie du quartier de la Neustadt (la Nouvelle ville), édifié pendant l’occupation allemande de la ville, entre 1870 et 1914, cet ilot était achevé au tout début du XXe siècle, ainsi qu’en témoigne ce plan de 1906.

plan quartier avec légende

Après la première guerre mondiale, les noms des rues ont été simplement francisés (Avenue de la Forêt-Noire à la place de Schwarzwald Strasse par exemple), à quelques exceptions près (la Ludwigshafener Strasse – rue de Ludwigshafen – devint ainsi la rue de Verdun).

Aux XIVe et XVe siècles, Strasbourg était une Ville Libre associée au Saint-Empire romain germanique. Enrichie par le commerce fluvial et la banque, s’honorant d’un séjour de Gutenberg entre 1444 et 1448, elle devint l’un des principaux centres de l’imprimerie, et attira ainsi de nombreux lettrés.

Par exemple Sébastien Brant (1458-1521), auteur de La Nef des fous ; Jean Geiler de Kaysersberg (1445-1510), prolixe prédicateur de la Cathédrale de Strasbourg qui s’inspira de l’œuvre de Brant ; Jacques Wimpheling (1450-1528), pédagogue et historien, célèbre pour sa polémique avec Thomas Murner sur la question de savoir si Charlemagne était français ou allemand. Ainsi que Jean Sleidan (Johannes Sleidanus, 1506-1556), qui vécut un peu plus tard, et fut le premier historien de la Réforme.

A l’exception de Sleidan, tous se trouvèrent en même temps au même endroit, et fondèrent en 1510 la Sodalitas Literaria Argentinensis – Société Littéraire de Strasbourg qui reçut en 1514 la visite d’Érasme, le philosophe auteur de L’Éloge de la Folie, paru trois ans auparavant.

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Dans les prochains billets, nous étudierons en détail un exemplaire de La Nef des fous datant de 1574, puis examinerons un ouvrage de Sleidan, imprimé à Strasbourg en 1605.

Brant+Geiler


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