C’est Madame de Staël qui a inventé le Big Data !

On nous rebat actuellement les oreilles avec le Big Data. En français cela s’appelle, parait-il, les Mégadonnées.

Il s’agit d’analyser la masse hétérogène des données numériques produites par les entreprises et les particuliers dont les caractéristiques (très grand volume, diversité de forme, vitesse de traitement) requièrent des outils d’analyse informatiques spécifiques.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il ne s’agit pas d’une invention récente : on peut la faire remonter à Madame de Staël qui, en 1800, écrivait dans son ouvrage De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales :

« Il faut que ces calculs aient pour base l’uniformité constante de la masse, et non pas la diversité de chaque exemple : un à un, tout diffère dans l’ordre moral ; mais si vous admettez cent mille chances, si vous calculez d’après cent mille hommes pris au hasard, vous saurez, par une approximation juste, quelle est dans ce ce nombre la proportion des hommes éclairés, des hommes faibles, des scélérats et des esprits distingués.
Vous le saurez encore plus exactement, si vous faites entrer dans vos combinaisons la force des intérêts de chaque classe, comme en physique, l’impulsion que donne telle pente au mouvement. »

Elle y voyait des applications pratiques. D’abord celle de logiciels de prévention du crime, tels que ceux utilisés par la police anglaise :

«  La table des morts et des naissances présente des résultats certains et invariables, aussi longtemps que subsiste l’ordre régulier des circonstances habituelles ; le nombre des divorces qui auront lieu chaque année le nombre de vols et de meurtres qui se commettront dans un pays de telle population, et de telle situation religieuse et politique, ce nombre peut se calculer de manière précise ; et ces événements qui dépendent cependant du concours journalier de toutes les passions humaines, ces événements arrivent aussi exactement que ceux qui sont uniquement soumis aux lois physiques de la nature. »

Par contre, l’utilisation possible des Big Data dans le champ politique reste à démontrer :

« En joignant à ce calcul la connaissance éprouvée des effets de telle ou telle institution, l’on pourrait fonder les pouvoirs politiques sur des bases à peu près certaines, mesurer la résistance qu’ils doivent rencontrer, et les balancer entre eux, d’après leur action réelle, et l’influence des obstacles sur cette action. »

germaine big data

Un commentaire sur “C’est Madame de Staël qui a inventé le Big Data !

  1. J-B Orsini dit :

    Bravo Germaine ! quelle femme ! Plus je vieillis et j’en suis déjà à 80, plus les femmes m’espantent ( m’étonnent en occitan)

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