Bibliothèques imaginaires (12) – La Bibliothèque dans Ruy Blas

Don César

Il se rassied sur le fauteuil, baille, puis se relève presque aussitôt.

Ah ça, mais – je m’ennuie horriblement ici !

Avisant une petite armoire, dans le mur, à gauche, qui fait le coin en plan coupe

Voyons, ceci m’a l’air d’une bibliothèque.

Il y va et l’ouvre. C’est un garde manger bien rempli.

Justement – Un pâté, du vin, une pastèque.
C’est un en-cas complet. Six flacons bien rangés !
Diable ! sur ce logis j’avais des préjugés.

Examinant les flacons l’un après l’autre

C’est d’un bon choix. – Allons, l’armoire est honorable.

Il va chercher dans un coin la petite table ronde, l’apporte sur le devant et la charge joyeusement de tout ce que contient le garde manger, bouteille, plats, etc ; il ajoute un verre, une assiette, une fourchette, etc. – Puis il prend une des bouteilles

Lisons d’abord ceci.

Il emplit le verre, et boit d’un trait             

C’est une œuvre admirable
De ce fameux poète appelé le soleil !
Xerès-des-Chevaliers n’a rien de plus vermeil.

Il s’assied, se verse un second verre et boit

Quel livre vaut cela ? Trouvez moi quelque chose
De plus spiritueux !

Il boit

Ah Dieu, cela repose !

Victor Hugo. Ruy Blas. Acte IV, scène II.

Cosinus

Christophe. L’idée fixe du Savant Cosinus.

2 commentaires sur “Bibliothèques imaginaires (12) – La Bibliothèque dans Ruy Blas

  1. Anonyme dit :

    J’adore,quel épicurien de talent!

  2. Georgette Chevallier dit :

    Merci pour tout ce que j’ai reçu ces temps-ci. Quant à Christophe, l’auteur de L’Idée fixe du savant Cosinus, c’était un ami de mon grand-père maternel ; il s’appelait Collomb (d’où son pseudonyme) et sa conversation était, paraît-il, toujours très amusante. C’était aussi un grand scientifique. il s’était également intéressé à l’identification du véritable lieu de la bataille d’Alésia. Mme de Romilly, la grande helléniste dont je suis très fière d’avoir été l’étudiante, raconte dans l’un de ses ouvrages qu’elle raffolait des Facéties du sapeur Camember du même Christophe. Il passe avec Töppfer pour être l’ancêtre de la bande dessinée. Toujours intéressée par vos envois, je vous adresse mes sincères salutations. Georgette Chevallier

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s