Allons enfants de la Patrie…

« Debout, les députés ont chanté la Marseillaise. » (les journaux).

Tout écolier connaît, ou devrait connaître l’hymne national. Mais qui en a retenu les sept couplets ?

Tout le monde sait, ou devrait savoir, qu’il a été composé à Strasbourg en 1792 par Rouget de l’Isle.

C’est ensuite que les légendes et les controverses commencent, ainsi que les hommages, les tentatives de récupération et les imitations.

Le Roy de Sainte-Croix fait le point dans son ouvrage Le Chant de guerre de l’armée du Rhin, ou la Marseillaise, paru en 1880.

marseillaise_2D’abord sur les circonstances de sa naissance. Il a été dit que Rouget de l’Isle, au moment où il la composait, venait de vider la dernière bouteille de la cave de Dietrich, le maire de Strasbourg. Vérité ? ou tentative de faire passer cette pièce pour un chant d’ivrogne ? Michelet réfute cette version : selon lui, ce qui s’appela d’abord le Chant de guerre de l’armée du Rhin fut composé « au milieu d’une foule émue », celle des volontaires qui partaient au combat.

Le point sur son auteur, certains, plus ou moins farfelus, en revendiquant la paternité. Un journal allemand tenta même de démontrer que la musique est copiée du Credo de la Missa solemnis n°4, composé par Holtzmann.

Sur son nom : Pourquoi la Marseillaise, et non pas la Strasbourgeoise par exemple ? : « Le nouveau chant vola de ville en ville, sur tous les orchestres populaires. Marseille l’adopta pour être chanté au commencement et à la fin des séances de ses clubs. Les Marseillais le répandirent en France, en le chantant sur leur route. De là lui vint le nom de Marseillaise. »

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 Le Roy de Sainte-Croix cite aussi longuement ce qu’en ont écrit Lamartine, Quinet, Michelet, Louis Blanc, De Banville, et bien d’autres ; relate les circonstances des exécutions en public les plus célèbres, fournit des notices chronologiques et une imposante Bibliographie.

Et n’oublie pas les partitions, l’une pour chant et piano, l’autre pour chœur à quatre voix d’hommes.

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Il publie aussi des compléments, imitations et parodies, par exemple :

La Marseillaise des Polonais

    France du Nord, sœur de la France,
    Tressaille à nos cris triomphants :
    Voici ton jour de délivrance,
    Voici les bras de tes enfants !
    Pour venger ta chute profonde,
    Tu nous revois tous accourir ;
    S’il faut pour toi vaincre ou mourir
    Nous sommes prêts au bout du monde.

Enfants de la Pologne ! aux armes ! en avant !
Marchons ; et s’il le faut, mourons en la sauvant !
(etc.)

La Marseillaise des Femmes

Allons, il faut que ça finisse !
Messieurs, votre règne est passé !
Il faut que ma voix retentisse
Et sauve un sexe terrassé !
J’en appelle à vous, Mesdames,
Aujourd’hui secondez-moi !
Non, non, plus de faibles femmes !
Des hommes brisons la loi !
(etc.)

La Marseillaise des Travailleurs

Peuple qui souffre et qui travaille,
Le jour de vaincre est arrivé.
Dans la pacifique bataille
Que ton étendard soit levé !      bis
Ouvriers des champs et des villes,
Nous allons lutter pour nos droits,
Et de notre puissante voix
Couvrir nos discordes civiles.

Aux urnes, citoyens ! Votons sans varier,
Votons, votons pour Jules Amigues, l’ami de l’ouvrier.

 Et enfin, notre préféré, le couplet supplémentaire chanté lors de la plantation des arbres de la liberté en 1793 :
    Arbre chéri deviens le gage
    De notre espoir et de nos vœux.
    Puisses-tu fleurir d’âge en âge,
    Et couvrir nos derniers neveux.
    Que sous ton ombre hospitalière
    Le vieux guerrier y trouve un abri,
    Que le pauvre y trouve un ami,
    Que tout Français y trouve un frère.
    Aux armes, citoyens, etc.


marseillaise_1 LE ROY DE SAINTE-CROIX
Le Chant de guerre de l’Armée du Rhin, ou la Marseillaise. Paroles et musique de la Marseillaise ; son histoire ; contestations à propos de son auteur ; imitations et parodies de ce Chant national français.
Strasbourg, Hagemann, 1880. Un volume broché 28 x 19 cms, 211 pages, photographies hors texte, partitions, planche dépliante cartonnée reproduisant une partition d’époque, reproduction d’une lettre manuscrite de Rouget de l’Isle. Seules les premières pages sont coupées. Brochage fendu, petit manque au premier plat, quelques rousseurs au premier cahier, sinon très bon état du texte. A relier.
50 €

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