Mots curieux du livre

Amour : Attraction de l’encre et du papier.

Andouille : Bourrelet de pâte dans une feuille de papier à la forme.

Babillard : Tout texte, écrit, journal, … que l’on considère comme bavardage. Par extension, celui qui l’écrit.

Bâtarde : Lettre cursive gothique, fin XIVe et début XVe siècle, utilisée par les premiers imprimeurs et répandue dans toute l’Europe.

Beurre : Encre d’impression. Une page beurrée est trop encrée.

Biblioclaste : Destructeur de livres.

Bibliotaphe : Celui qui cache ses livres et ne veut ni les prêter ni les montrer.

Bouillon : Invendus. Selon certains, ce mot a été utilisé après les licences d’exportation instituées par Napoléon en 1812. Celles-ci stipulaient que les armateurs français pouvaient importer des épices anglaises mais à condition d’exporter un égal chargement de produits français. Les armateurs embarquèrent des livres invendables, jetés en mer, « au bouillon », avant d’arriver en Angleterre.

Bourdon : Mot ou partie de phrase oubliée dans un texte.

Cabochon : Petite vignette gravée.

Calotte : Couvre-chef porté au XIXe siècle par les libraires et les bibliothécaires.

Chameau : Grain de colle ou de poussière laissé par le relieur entre la peau et le carton.

Chien : Lettre qui se détache d’une forme, appelée chien si elle se couche.

Déchireurs : Personnes dont la fonction était de déchirer les livres saisis par la police, avant qu’ils ne soient vendus à des cartonniers.

Drouille : Livres sans intérêt. Ce mot s’emploie pour un lot de livres et non pour un livre isolé.

Expert en livres : Expression utilisée par les bouquinistes pour caractériser un fureteur qui regarde tout mais n’achète jamais rien.

Feinte : Partie d’une page mal imprimée, restée trop pâle.

Forcer un livre : Expression qui à la fin du XVIIIe siècle s’employait lorsque le libraire, pour vendre un livre, était contraint de faire un rabais plus un crédit.

Glairer : Apprêter, c’est-à-dire répartir sur le cuir ou la toile de couverture la substance qui permettra de fixer la dorure.

Larron : Morceau de papier qui s’est malencontreusement interposé entre la feuille et la forme et crée un blanc lors de l’impression.

Marchands de salade : Nom donné par Balzac aux libraires-éditeurs établis après la suppression du brevet par la Révolution et qui, selon lui, ne savaient ni lire ni signer de leur nom.

Mouton à cinq pattes : Livre d’une grande rareté recherché par un client.

Panat, ou Panar : Livre dont la vente est très problématique et qui risque de rester très longtemps en magasin.

Singe : Nom donné au typographe recherchant les caractères dans la casse. Cette appellation est due à sa perpétuelle agitation.

Tripoteur : Client qui ouvre tous les volumes qui lui tombent sous la main, puis les referme.

Extraits du Petit Dictionnaire situé à la fin du livre d’Henri Desmars, Histoire et commerce du livre, éditions Les Amoureux des Livres, G.I.P.P.E, 1998.

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Le mal français

L’excellent blog de la Bibliothèque universitaire de Glasgow nous apprend que celle-ci détient une collection de 250 ouvrages rares sur la syphilis, dont les plus anciens datent du XVe siècle.

Et que s’y tiendra le 27 janvier un Symposium autour de ce qui fut jadis appelé la maladie française.

Un libraire du pays en question, même sans aucune connaissance théorique ni pratique de la chose, se devait de contribuer à la bibliographie concernant ce sujet.

Mal français ? Vraiment ?

Demandons à Littré et Robin, auteurs du Dictionnaire de Médecine, de Chirurgie, de l’Art vétérinaire et des sciences qui s’y rapportent, publié en 1878, ce qu’ils en pensent :

« SYPHILIS. s.f. [lues venerea, pudendagra, morbus gallicus, all. Syphilis, Lustseuche, angl. syphilis, venereal disease, it. sifilide, esp. sifilismal français, napolitain, espagnol ; mal des Allemands, des Polonais, des Chrétiens, des Turcs, etc. ; en France : mal du saint homme Job, de Saint-Mévius, de Saint-Sement, gorre, grand’gorre, grosse vérole ; en Espagne,  mal curial, mal de piedra, mal de buas ; en Angleterre, pox]. On ne connaît pas l’étymologie exacte de ce mot. »

Notons que la maladie n’est pas seulement « française », mais que chacun a plutôt tendance à l’imputer à son voisin… La controverse est d’ailleurs identique à propos de l’endroit de sa première apparition. Nous vous en épargnerons les détails.

Qu’est-ce que c’est ?

Certains éludent la question, comme le Dictionnaire des sciences médicales, par une société de médecins et de chirurgiens. (Panckoucke, 1821) :

« Maladie contagieuse qui se présente de tant de manières, qui présente des formes si variées et si multipliées, qu’elle n’est pas susceptible de définition philosophique. […] Quelques praticiens étendent le terme syphilis à des lésions tout à fait étrangères à la maladie vénérienne : ceux-la ne peuvent voir une affection morbifique résister aux moyens ordinaires sans l’accuser d’être syphilitique. C’est ainsi que quelques-uns accusent le scrofule, le cancer, la phtisie, l’asthme, le rhumatisme, etc., rebelles, d’être syphilitiques. »

On n’avait pas encore inventé le Psy… Mais reprenons plutôt Littré et Robin :

« La syphilis est une maladie spécifique transmise par contact et par hérédité, caractérisée, à ses différentes périodes, par certains accidents dont l’évolution est subordonnée à l’action du virus syphilitique et dont la marche est ordinairement déterminée. Quelle que soit sa source, elle débute toujours par un chancre infectant. […] La contagion peut être immédiate, c’est-à-dire avoir lieu à la suite d’un contact direct entre le syphilitique et l’individu sain ; elle peut aussi être  médiate, c’est-à-dire se faire au moyen d’un intermédiaire. »


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La syphilis est-elle une des causes du cancer ?

Peut-être, pense le Comte Mattei, qui se distingue par une description apocalyptique des symptômes, et dont les idées sont exposées dans les Spécifiques électro-homéopatiques du comte Mattéi, avec les indication nécessaires pour la guérison de toutes les maladies et spécialement des maladies incurables [la dernière partie de ce titre a disparu lors des rééditions ultérieures]. :

« Deux maladies se succédant dans le même sujet, à plusieurs années de distance peuvent n’être que deux formes d’un même mal constitutionnel et être par conséquent entre elles dans un rapport de parenté ou de filiation. […] Ainsi le cancer, qui a tant de rapports avec le chancre [pourrait] être un produit plus ou moins direct de la syphilis. »

Comment la syphilis se transmet-elle ?

De Caubotte, ancien chirurgien de deux maisons de santé établies par le gouvernement décrit, dans ses Observations sur la contagion des maux vénériens  (1781),  différents cas étranges de transmission de la maladie, dont l’autosuggestion. Il rapporte également une histoire cocasse :

«  Cinquième observation : Un pauvre domestique sans condition a contracté une gale vérolique qui n’a cédé qu’aux grands remèdes, en mettant une vieille culotte que je lui avais donnée par charité, qui avait servi à un malade attaqué de la maladie vénérienne que j’avais traité chez moi, et qu’il avait laissée. Cette observation me paraît démontrer que le virus vénérien, quoique sec, conserve sa qualité comme celui de la petite vérole. »

Comment soigner ?

Le Dictionnaire des sciences médicales relate les premiers balbutiements de la médecine :

« À l’époque où la maladie vénérienne fixa l’attention des médecins, l’astrologie judiciaire et médicale était en grande vogue. […] Conradinus Gilinus (1597) attribue la maladie à la jonction de Mars avec Saturne ; Gaspard Torella (1599) à la rencontre de Saturne avec le signe du Bélier ; Wendelinus Hock (1502) à la réunion de Jupiter, de Mars, de Mercure et du soleil dans le signe de la Balance qui est la maison des maladies. »
Les remèdes de l’époque étaient tout aussi savoureux : « Wendelinus Hock, en 1502, conseille : 1° d’avoir recours à Dieu et à sainte vierge Marie ; 2° d’éviter les occasions de pécher. Alémar, en 1512, conseille d’éviter la luxure, parce que, d’après ce que disent les médecins spirituels, certaines maladies sont la suite de certains péchés. La fièvre quotidienne attaque les orgueilleux, la goutte les paresseux, la lèpre et la maladie vénérienne les luxurieux. […] Jérôme Montuus dit qu’il faut tuer un jeune pigeon, le fendre en deux et placer la verge dedans immédiatement après le coït, et lorsque l’animal est encore chaud. »

Mercure ? ou pas mercure ?

Le mercure est la substance qui s’est peu à peu imposée, non sans difficultés, ainsi que le relate le Dr Manquat :

«  On trouve trois périodes dans l’histoire thérapeutique du mercure :
1° Antiquité et Moyen-Âge : Le mercure est condamné comme un poison. Les Arabes qui l’emploient n’osent le donner qu’à l’extérieur.
2° Du XVe au XIXe siècle. Le mercure est prescrit dans la syphilis, dès 1495, par Marcus Cumanus, médecin de l’armée vénitienne. […] On tenait les malades pendant vingt à trente jours, quelquefois davantage, dans une étuve où l’on entretenait continuellement une très grande chaleur, après les avoir frottés d’onguent ou de différentes drogues sur les jointures des bras et des jambes, quelquefois sur tout le corps. Aussi les antimercurialistes ne manquèrent-ils pas. […]
3° Pratique contemporaine. Le traitement de la syphilis divise les médecins en trois camps :
– les antimercurialistes purs. […] Leur nombre est réduit à quelques personnalités. [dont Broussais]
– une autre opinion veut qu’on administre le mercure dans des cas et à des périodes de la syphilis déterminés.
– la troisième méthode est celle du mercure donné systématiquement, qui n’empêche pas les poussées de se produire, mais les atténue progressivement comme fréquence et comme gravité. » (Traité élémentaire de thérapeutique, de matière médicale et de pharmacologie.)

La controverse est parfois vive, certains défenseurs du mercure se montrant particulièrement vindicatifs. Ainsi P.J. Lioult, avec son pamphlet Des maladies vénériennes, ou réflexions sur les nombreux abus qui se sont introduits dans leur traitement.
Il s’agit d’un ouvrage polémique dirigé contre les « Charlatans (cette engeance) », principalement « les GÉNÉRALISATEURS et les UNIFORMISTES » [en majuscules dans le texte]. Ceux-ci préconisent un traitement à base de végétaux, sans le mercure dont Lioult est un défenseur acharné ; et appliquent leur traitement à tous les malades, sans distinction, quelle que soit la particularité de leur cas. Ils en deviennent « des meurtriers et des assassins. »

Mais peut-être a-t-il une idée derrière la tête :

« Une très longue expérience dans le traitement des maladies vénériennes m’a mis à portée de contempler et d’apprécier ses effets, et de former un rob anti-syphilitique dont la composition m’est personnelle. » Il le décline en quatre versions, selon les types de malades et l’ancienneté de leur maladie. Il en développe longuement la méthode d’administration, le régime qui y est associé, puis présente douze cas cliniques.

Jean ASTRUC est plus mesuré. Son Traité des Maladies vénériennes (1743) expose les tâtonnements initiaux à propos de l’origine de la maladie, de son mode de transmission, et des méthodes de traitement. Il se déclare en faveur du traitement par le mercure, et compare scientifiquement les effets de son usage extérieur ou intérieur, ainsi que ceux de la fumigation et de la friction.

On trouve aussi du mercure dans certaines recettes « grand public », d’où la morale n’est pas absente :

« Une pommade, dite pommade prophylactique, a été étudiée à l’Institut Pasteur de Paris. […] En voici la formule :
– Cyanure de mercure : 0 gr. 10
– Thymol : 1 gr. 75
– Calomel : 25 gr.
– Lanoline : 50 gr.
– Vaseline Q.S.P. 100 gr.
Employée dans l’armée et spécialement par les troupes noires, elle a donné des résultats parfaits.
Tout en recommandant l’usage de cette pommade, nous donnerons un conseil plus radical : c’est celui de la continence. »  (Ma Doctoresse)

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Parfois, il n’y a que des herbes :

« Herbe de véronique : 10 gr.
– Racine d’acore : 10 gr.
– Racine de salsepareille : 10 gr.
– Bois de genièvre : 10 gr.
– Bois de fenouil : 10 gr.
– Fleurs de souci : 10 gr.
– Herbe à pauvre homme : 10 gr.
Faire bouillir 15 min., laisser infuser 10 min. Boire 2 tasses dans la journée par gorgée. » (La Santé des Familles)

Quid de la prévention ?

Certains se montrent pessimistes, comme Platen dans Le Livre d’or de la santé, volume spécial :

«  Il n’existe pas de prophylaxie contre le virus syphilitique. Chacun peut contracter la contagion. […] Elle résulte le plus souvent du coït, mais on connait des cas nombreux de transmission par l’usage de verres à boire, de pipes, de latrines, etc. »
« Dans le traitement de la syphilis, on emploie comme principal agent curatif la chaleur humide sous forme de vapeur. Les malades les plus vigoureux prendront chaque semaine de 4 à 6 bains de vapeur en caisse ou sur chaise cannée ; les plus faibles en prendront 3 ou 4 ; ces bains dureront de 30 à 40 minutes. Aussitôt sorti de la vapeur, le malade sera placé dans un maillot complet de 25 à 28°, où il restera de trois quarts d’heure à une heure et quart. Après quoi il prendra un bain de torse de 28 à 30°. »

À propos, qu’est-ce donc que ce Volume spécial ? « Tandis que les deux premiers volumes […] ont un caractère essentiellement familial, le troisième volume s’adresse particulièrement aux hommes faits ou aux femmes dont le jugement est ouvert aux vérités scientifiques. D’ailleurs il possède une fermeture donnant toute sécurité au père de famille contre les indiscrétions de ses enfants ou de son entourage. »

Peut-on quand même se marier ?

Armand Rizat, dans son Manuel pratique des maladies vénériennes est catégorique :

« 1° Un homme a eu la syphilis dans sa jeunesse, et vient consulter pour savoir s’il peut se marier. […] Il faut lui faire passer un conseil de révision aussi méticuleux que possible. […] Si l’on ne trouve rien, répondez-lui qu’il peut se marier.  […] Il faut l’examiner à nouveau le matin même du mariage, car une plaque peut très bien s’être développée, sans que le sujet, tout entier à sa cour, s’en soit aperçu. […] Si par hasard il y avait un accident contagieux, il faut faire remettre le mariage à un autre jour, en invoquant comme cause l’absence d’une pièce dans les papiers civils ou tout autre moyen.
2° Un homme a la syphilis, il est guéri du chancre et il demande quant il pourra se marier. Il ne faut pas autoriser la mariage avant deux ou trois ans.
3° Un mariage est en train de se conclure. […] Mais par une triste fatalité, le mari revoit une ancienne maîtresse ou toute autre femme, et il contracte la syphilis. Le mariage peut-il avoir lieu ? Non, absolument non. Il faut que le mariage soit rompu, quelque désagréable que soit cette désillusion dans les projets du jeune homme. »
4° Le mari, quelques temps avant son mariage, s’aperçoit qu’il a la syphilis quelque jours après son union. […] Il faut empêcher les rapports sexuels – c’est la partie du traitement la plus délicate à faire observer – et let traiter sans que sa femme s’en doute. »

Et les Chinois dans tout cela ?

Parfaite incarnation de l’esprit des Lumières, Jean Astruc chargea un Jésuite résidant en Chine d’y mener l’enquête sur cette maladie, et surtout sur les remèdes qui y sont appliqués. Il rédigea pour cela un questionnaire extrêmement détaillé, et nous rapporte les réponses reçues, qu’il commente ensuite avec un remarquable esprit d’ouverture.

« Ils usent d’un Vin médicamenteux, efficace pour guérir la vérole récidivée & invétérée, dont voici la formule :
Prenez du meilleur vin, cinq livres.
Versez-le dans un plat, où vous mettrez un gros crapaud ; & l’ayant couvert d’un autre plat, lutez-en les jointures d’argile détrempée avec du sel marin, afin que rien ne puisse s’en exhaler.
Faites-bouillir le tout au bain-marie pendant deux heures & demie ou trois heures.
Laissez refroidir la décoction toute la nuit.
Le lendemain matin on donnera au malade couché dans son lit autant de ce vin médiocrement chaud qu’il en pourra boire s’en s’enivrer, afin qu’il sue, soit en hiver, soit en été.
Le surlendemain matin, le malade en boira une moindre dose, c’est-à-dire la moitié moins, & suera pareillement, à moins que la sueur de la veille n’ait été fort abondante. Et ainsi de suite, en diminuant toujours de moitié, jusqu’à ce que le virus soit épuisé, ayant bien soin d’avertir le malade de ne pas s’exposer à l’air pendant huit jours ; d’user de viandes légères pendant une quinzaine de jours ; et de s’abstenir du commerce des femmes pendant cent jours. »

La comparaison entre la médecine européenne et la médecine chinoise, qui se sont pourtant développées indépendamment l’une de l’autre, amène à des conclusions surprenantes :

« Il s’ensuit de ce que nous avons dit, que les Chinois se proposent comme nous, dans le traitement de la vérole, deux indications qui sont absolument les mêmes : l’une, de chasser par les sueurs le virus vérolique répandu dans le sang ; l’autre, de le faire sortir par la salivation. Ils tâchent de satisfaire à la première par le moyen de Diaphorétiques ; & à la seconde, par des Préparations ou Fumigations Mercurielles. »

fleuron


Ouvrages cités

05573_2ASTRUC Jean
Traité des Maladies vénériennes, où, après avoir expliqué l’Origine, la Propagation & la Communication de ces Maladies en général, on décrit la Nature, les Causes & la Curation de chacune en particulier. Seconde édition revue, corrigée et augmentée. Tomes II, III et IV
Paris, Guillaume Cavelier, 1743. Trois volumes 16,5 x 10 cms. IV-508 + IV-532 + VI-512 pages. Pleine reliure du temps. Dos à 5 nerfs, caissons ornés, pièces de titre et de tomaison. Tranches rouges. Petit manque à la dernière page de garde du tome II, trace d’ancien ex-libris au dos de la couverture des tomes III et IV, sinon bon état.
110€

05742_2BÉRARD S. [Comte MATTEI]
Spécifiques Électro-Homéopathiques du Comte Mattei, Avec les indications nécessaires pour la guérison de toutes les maladies et spécialement des maladies incurables. Science Nouvelle.
Genève, Charles Menz, 1878. Un volume 18 x 12 cms. 430 pages. Une gravure anatomique dépliante en fin de volume. Solide cartonnage, dos lisse, titre dore. Extrémité des bords de la planche anatomique très légèrement pliée. Tampons sur les trois premières feuilles, sinon très bon état. [nota : la dernière partie du titre a disparu lors des rééditions ultérieures]
75 €

05471_1DE CAUBOTTE
Observations sur la contagion des maux vénériens, par M. de Caubotte, ancien chirurgien…
in Journal de Médecine, Chirurgie, Pharmacie, &c, dédié à Monsieur, Frère du Roi. Tome LV. Janvier-Juin 1781.
Paris, Veuve Thiboust, 1781. Un volume 17 x 10 cms. 576 pages. Pleine reliure du temps. Dos lisse à faux nerfs et pièce de titre. Tranches rouges. Reliure très frottée avec manques. Intérieur en excellent état, aucune rousseur.
50 €

05103a[Collectif]
Dictionnaire des sciences médicales (Tome 54 : Symph-Tes)
Par une société de médecins et de chirurgiens. Paris, Panckoucke, 1821. Tome 54 SEUL.
Un volume 21 x 13 cms. 572 pages. Deux gravures en fin de volume et un tableau dépliant des proportions pour les teintures simples pharmaceutiques. Pleine reliure d’époque. Dos lisse à motif. Pièces de titres manquantes. Frottements aux coiffes, coins et bords. Texte très frais, rares rousseurs.
25 €

05528_1Doctoresse HOUDRÉ
Ma doctoresse, guide pratique d’hygiène et de médecine de la femme moderne. 2/2
Montpellier, Éditorial Argentor, 1939. Deux volumes 24,5 x 17 cms. [IV]-495 + 482 pages. Illustrations noir et couleur. Deux planches anatomiques dépliantes. Percaline éditeur. Bon état.
25 €

05551LIOULT P.-J.
Des maladies vénériennes, ou réflexions sur les nombreux abus qui se sont introduits dans leur traitement. Seconde édition augmentée de douze observations sur douze traitements de malades dont l’état était désespéré.
Paris, chez l’Auteur & chez Surosne, an X (1802). Un volume 19 x 12 cms broché sous couverture muette d’attente légèrement fendue au bas. XVI-159 pages. Trace de mouillure claire en marge inférieure à partir de la page 63, quelques rousseurs éparses, le tout sans impact sur la lecture.
100 €

LITTRÉ E. et ROBIN Ch.
Dictionnaire de Médecine, de Chirurgie, de l’Art vétérinaire et des sciences qui s’y rapportent.
Paris, Bailliere et fils, 1878. Un volume 24 x 16 cms. 1880 pages. Pleine reliure carton noire. Titre et référence de bibliothèque dorés. Reliure impeccable, intérieur comme neuf, malgré quelques rares rousseurs. Tampons de bibliothèque de garnison.
90 €

05711_2MANQUAT A.
Traité élémentaire de thérapeutique, de matière médicale et de pharmacologie. 2/2
Paris, Bailliere, quatrième édition, 1900. Deux volumes 20 x 13 cms. VIII-1060 + 1044-[VIII] pages. Demi reliure, dos lisse, pièces de titre. Bon état.
60 €

05505_1PLATEN
Livre d’or de la santé.  Méthode nouvelle, complète et pratique de la Médecine naturelle et de l’Hygiène privée permettant de traiter soi-même toutes les maladies et assurant la conservation de la Santé. Structure du Corps humain illustrée par des planches anatomiques superposées et coloriées d’après nature: 55 figures dans le texte – 19 planches coloriées et 2 tableaux d’anatomie hors texte et démontables. VOLUME SPÉCIAL, comportant l’étude de l’Aliénation mentale, des Inversions et maladies sexuelles, des Maladies des femmes. 3e édition.
Paris, Bong , sans date (circa 1902-1903). Un volume 22 x 16 cms. 842 pages. Un cahier de planches couleur en fin de volume (manque la planche IX). Deux modèles anatomiques démontables du corps de la femme (manque une jambe). Tableau dépliable des organes génitaux de l’homme. Percaline éditeur décorée (fendue). Fermoir en laiton (sans clé).
50 €

05805_1RIZAT Armand
Manuel pratique des maladies vénériennes, avec 24 planches chromo-lithographiques contenant 68 dessins d’après nature.
Paris, octave Douin, 1881.Un volume 19 x 12 cms. 24 planches couleur avec notices explicatives en fin de volume. Percaline éditeur, dos lisse, titres dorés. Couverture frottée et salie, texte frais, malgré des traces de mouillure au contreplat et au premier cahier.
50 €

05202aWAGNER, GROTTEN
La Santé des Familles, Traité Populaire complet de toutes les maladies par les plantes médicinales
Ouvrage de plus de 700 pages complété par 32 planches en couleurs hors texte avec 250 figures démontrant tous les organes sains du corps humain et leurs maladies, les analyses des urines, plus de 500 recettes végétales et les principaux symptômes de toutes les maladies.
Paris-Strasbourg-Berne, Éditions Sanitas, sans date (1930), vingtième édition. Un volume 25 x 17 cms. 712 pages. Pleine reliure percaline éditeur. Dos lisse, titre et décoration dorés. Plat illustré. Mors fragile, sinon bon état.
30 €

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How about this for a truism: a book is a book, and something that is not a book is not a book. This post will knock your socks off if you are inclined to affirm this statement, because in medieval times a book could be so much more than that. As it turns out, tools were sometimes attached to manuscripts, such as a disk, dial or knob, or even a complete scientific instrument. Such ‘add-ons’ were usually mounted onto the page, extending the book’s primary function as an object that one reads, turning it into a piece of hardware.

Adding such tools was an invasive procedure that involved hacking into the wooden binding or cutting holes in pages. In spite of this, they were quite popular in the later Middle Ages, especially during the 15th century. This shows that they served a real purpose, adding value to the book’s contents: some clarified the text’s meaning, while others functioned as a…

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Qu’est-ce que la gnomonique ?

La gnomonique est l’« art de construire des gnomons »

Nous voilà bien avancés…

Le gnomon, (du grec gnomon, indicateur, de gignoskein, connaître),  est un instrument qui indique les heures par la direction de l’ombre portée par une tige sur un plan. (Dictionnaire de l’Académie Française).

Il y a eu dans l’histoire différents types de gnomons : Le gnomon d’Anaximandre, une pyramide dont l’ombre, par sa direction, indiquait le milieu du jour ; l’hémicycle, que l’on croit être un demi-cylindre creux, ayant des marques parallèles à la ligne des pôles et portant un stylet perpendiculaire à cette ligne ; Le scaphé, une demi-sphère creuse, portant un stylet dont la pointe marquait le centre ; le disque, dont on croit que le tableau suivant les lignes d’ombre était plan ; l’arachné, le plinthe, le pelecinon, le carquois, qui sont attestés par les textes anciens, mais dont nous ne connaissons pas les principes de construction.

Le principal type de gnomon, celui qui a survécu aux aléas de l’histoire et de la technique, est le cadran solaire. Le terme gnomonique est donc à présent utilisé dans un sens un peu réducteur :

« La Gnomonique, que plusieurs auteurs appellent aussi Horlogographie, est l’Art de faire des Cadrans Solaires & Lunaires sur toute sorte de surfaces, & principalement sur les surfaces planes. » (Dominique-François Rivard. La Gnomonique, ou l’art de faire des cadrans.)

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De nombreux ouvrages traitent de cette technique, qu’ils soient chinois, arabes, grecs ou latins. En voici deux : celui de Rivard, et celui de Bedos de Celles.

Dominique-François Rivard (1697-1778), mathématicien et philosophe, est l’auteur de manuels pédagogiques en mathématiques et en langues anciennes ; de Mémoires sur les moyens de perfectionner les études publiques et particulières ; d’un Traité de la Sphère ; et de La Gnomonique, ou l’art de faire des cadrans, qui connut trois éditions, en 1742, 1746 et 1767.

Dom Bedos de Celles (1709-1779), moine de l’ordre des Bénédictions de Saint-Maur, correspondant de différentes Académies, eut deux carrières : après s’être occupé de cadrans solaires, il devint un des facteurs d’orgues les plus célèbres de son temps.

Il publia en 1760 sa Gnomonique pratique, ou l’art de tracer les cadrans solaires avec la plus grande précision par les méthodes qui y sont les plus propres, & le plus soigneusement choisies en faveur principalement de ceux qui sont peu ou point versés dans les Mathématiques. L’ouvrage connut trois éditions de son vivant, et deux rééditions ensuite, la dernière datant de 1978. Ce qui est peu étonnant, Pierre Larousse, par exemple, l’ayant qualifié d’ « un des meilleurs traités de gnomonique qui existent. »

bedos de celles_5Les deux ouvrages sont différents. Voici ce que dit Bedos de Celles de celui de son prédécesseur : « Son ouvrage est excellent ; il démontre dans la Préface l’utilité et même l’absolue nécessité de la Gnomonique. Mais il suppose toujours qu’on est Géomètre, qu’on est au fait de la Trigonométrie, et qu’on connaît bien la Sphère. Il donne un nombre de méthodes pour chaque objet, et il ne manque pas d’en donner les démonstrations. Il ne traite pas de toutes sortes de cadrans, mais seulement de ceux qui sont les plus utiles et qui sont le plus susceptibles de justesse. Ceux qui seront curieux de la théorie et des démonstrations ne sauraient mieux choisir. »

Bedos de Celles se veut plus vulgarisateur : « Je n’ai rien négligé pour aplanir toutes les difficultés qui arrêtent ordinairement les Commençants, qui n’ont aucune teinture des Mathématiques. J’ai préféré au style sec et concis de cette Science, le style familier, et celui de la conversation. »

C’est parfaitement résumer la différences entre ces deux Traités.

Conception et construction de cadrans solaires sont des activités techniques – très techniques. Leur contemplation par contre,  peut être poétique autant qu’utilitaire.

Claude Naud (Quebec) cadran solaire horizontal

Claude Naud (Quebec) cadran solaire horizontal

Courte est la journée,
Courts sont tous les jours.
Courte encore est l’heure.
Mais l’instant s’allonge
Qui a profondeur.

Eugène Guillevic (1907-1977). Extrait du recueil Sphère (1963).

[D’autres poésies gnomoniques de Guillevic se trouvent ici]

Les cadrans solaires comportent en général une devise, le plus souvent en latin. Bedos de Celles en cite un grand nombre, parmi lesquelles :

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Solis & artis opus 
L’ouvrage du soleil et de l’art

Sol me, vos umbra
Le soleil me gouverne ; vous, c’est l’ombre

Comes luminis umbra
L’ombre, complice de la lumière

Flos brevis umbra fugax, bulla caduca sumus
Fleur éphémère, ombre fugace, bulle caduque : voilà ce que nous sommes

Vulnerant omnes, ultima necat
Toutes [les heures] blessent ; la dernière tue

Sua quemque latet
Nul ne connaît son heure

Afflictis lentae, celeres gaudentibus horae
Quand on s’afflige, les heures sont lentes ; quand on se réjouit, elles sont rapides

Il y a des cadrans solaires un peu partout, pour peu que l’on sache les voir. Et même sur la lune, où l’un deux a été déposé par la NASA.

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Il existe deux Commissions francophones de cadrans solaires : celle de Paris, émanation de la Société Astronomique de France (ici), dont les publications sont réservées aux membres ; et la Commission des Cadrans solaires du Québec (ici), qui semble plus ouverte et détendue. Elle a mis en ligne l’ensemble de ses Bulletins depuis 1995 (ici)


bedos de celles_2BEDOS DE CELLES Dom François
La Gnomonique pratique, ou l’art de tracer les cadrans solaires avec la plus grande précision par les méthodes qui y sont les plus propres, & le plus soigneusement choisies en faveur principalement de ceux qui sont peu ou point versés dans les Mathématiques.
Paris, Delalain, 1774, seconde édition. Un volume 20 x 13 cms. XL-510 pages. Une gravure en frontispice. 11 tables. 38 planches dépliantes. La carte de France annoncée n’est pas présente. Pleine reliure du temps. Dos à cinq nerfs et caissons à motifs et pièce de titre. Tranches rouge passé. Reliure frottée avec manques, principalement en queue, aux coins et aux bords. Mors un peu fragile. Intérieur très frais, rarissimes petites rousseurs. Noms de deux anciens propriétaires à l’encre en page de garde.
400 €


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RIVARD Dominique-François
La Gnomonique, ou l’art de faire des cadrans.
Paris, Charles Saillant, 1767, troisième édition revue par l’auteur. Un volume 20 x 13 cms. XV-324-51-16 pages. 12 planches dépliantes. Pleine reliure du temps. Dos à 5 nerfs à caissons fleuris et pièce de titre. Tranches rouges. Reliure très frottée avec petits manques. Coins et bords émoussés. Mors fragile. Une inscription ancienne à l’encre et une inscription récente au stylo-bille sur la page de titre. Annotations chiffrées anciennes sur certaines planches. Le coin supérieur de la planche 7 est déchiré, sans atteinte aux croquis. Le texte est très frais.
225 €

Allons enfants de la Patrie…

« Debout, les députés ont chanté la Marseillaise. » (les journaux).

Tout écolier connaît, ou devrait connaître l’hymne national. Mais qui en a retenu les sept couplets ?

Tout le monde sait, ou devrait savoir, qu’il a été composé à Strasbourg en 1792 par Rouget de l’Isle.

C’est ensuite que les légendes et les controverses commencent, ainsi que les hommages, les tentatives de récupération et les imitations.

Le Roy de Sainte-Croix fait le point dans son ouvrage Le Chant de guerre de l’armée du Rhin, ou la Marseillaise, paru en 1880.

marseillaise_2D’abord sur les circonstances de sa naissance. Il a été dit que Rouget de l’Isle, au moment où il la composait, venait de vider la dernière bouteille de la cave de Dietrich, le maire de Strasbourg. Vérité ? ou tentative de faire passer cette pièce pour un chant d’ivrogne ? Michelet réfute cette version : selon lui, ce qui s’appela d’abord le Chant de guerre de l’armée du Rhin fut composé « au milieu d’une foule émue », celle des volontaires qui partaient au combat.

Le point sur son auteur, certains, plus ou moins farfelus, en revendiquant la paternité. Un journal allemand tenta même de démontrer que la musique est copiée du Credo de la Missa solemnis n°4, composé par Holtzmann.

Sur son nom : Pourquoi la Marseillaise, et non pas la Strasbourgeoise par exemple ? : « Le nouveau chant vola de ville en ville, sur tous les orchestres populaires. Marseille l’adopta pour être chanté au commencement et à la fin des séances de ses clubs. Les Marseillais le répandirent en France, en le chantant sur leur route. De là lui vint le nom de Marseillaise. »

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 Le Roy de Sainte-Croix cite aussi longuement ce qu’en ont écrit Lamartine, Quinet, Michelet, Louis Blanc, De Banville, et bien d’autres ; relate les circonstances des exécutions en public les plus célèbres, fournit des notices chronologiques et une imposante Bibliographie.

Et n’oublie pas les partitions, l’une pour chant et piano, l’autre pour chœur à quatre voix d’hommes.

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Il publie aussi des compléments, imitations et parodies, par exemple :

La Marseillaise des Polonais

    France du Nord, sœur de la France,
    Tressaille à nos cris triomphants :
    Voici ton jour de délivrance,
    Voici les bras de tes enfants !
    Pour venger ta chute profonde,
    Tu nous revois tous accourir ;
    S’il faut pour toi vaincre ou mourir
    Nous sommes prêts au bout du monde.

Enfants de la Pologne ! aux armes ! en avant !
Marchons ; et s’il le faut, mourons en la sauvant !
(etc.)

La Marseillaise des Femmes

Allons, il faut que ça finisse !
Messieurs, votre règne est passé !
Il faut que ma voix retentisse
Et sauve un sexe terrassé !
J’en appelle à vous, Mesdames,
Aujourd’hui secondez-moi !
Non, non, plus de faibles femmes !
Des hommes brisons la loi !
(etc.)

La Marseillaise des Travailleurs

Peuple qui souffre et qui travaille,
Le jour de vaincre est arrivé.
Dans la pacifique bataille
Que ton étendard soit levé !      bis
Ouvriers des champs et des villes,
Nous allons lutter pour nos droits,
Et de notre puissante voix
Couvrir nos discordes civiles.

Aux urnes, citoyens ! Votons sans varier,
Votons, votons pour Jules Amigues, l’ami de l’ouvrier.

 Et enfin, notre préféré, le couplet supplémentaire chanté lors de la plantation des arbres de la liberté en 1793 :
    Arbre chéri deviens le gage
    De notre espoir et de nos vœux.
    Puisses-tu fleurir d’âge en âge,
    Et couvrir nos derniers neveux.
    Que sous ton ombre hospitalière
    Le vieux guerrier y trouve un abri,
    Que le pauvre y trouve un ami,
    Que tout Français y trouve un frère.
    Aux armes, citoyens, etc.


marseillaise_1 LE ROY DE SAINTE-CROIX
Le Chant de guerre de l’Armée du Rhin, ou la Marseillaise. Paroles et musique de la Marseillaise ; son histoire ; contestations à propos de son auteur ; imitations et parodies de ce Chant national français.
Strasbourg, Hagemann, 1880. Un volume broché 28 x 19 cms, 211 pages, photographies hors texte, partitions, planche dépliante cartonnée reproduisant une partition d’époque, reproduction d’une lettre manuscrite de Rouget de l’Isle. Seules les premières pages sont coupées. Brochage fendu, petit manque au premier plat, quelques rousseurs au premier cahier, sinon très bon état du texte. A relier.
50 €

14 000 pages d’un Lamartine méconnu

Après le coup d’état du 2 décembre 1851, Lamartine est oublié, discrédité, ruiné.

lamartine luppéIl n’est plus l’amant d’Elvire et de Graziella, le poète du Lac et des Méditations  (30 éditions), le fastueux voyageur en Orient, le député, « chef d’un parti se composant de lui seul », l’abolitionniste de la peine de mort, celui qui réclama la suppression de l’Empire Ottoman, un progressiste en matière sociale, qui voulait en même temps « législater [sic] le christianisme ». Ni le pourfendeur d’une « France qui s’ennuie », l’historien des Girondins, le tribun qui proclama la République de Février, celui par qui la France déclarait « Alliance et amitié avec tous les peuples », mais qui, voulant concilier tout le monde, ne satisfaisait personne, et fut ainsi battu aux élections par le futur Napoléon III, avec 5 millions de voix de moins que ce dernier.

Mais il restait prophète : «  Je sais qu’il y a des moments d’aberration pour les multitudes, qu’il y a des noms qui entraînent les foules comme le mirage entraîne les troupeaux, comme les lambeaux de pourpre attirent les animaux privés de raison. »

Pressé d’énormes besoins d’argent, il en est réduit à organiser des loteries, des souscriptions, qui finissent par épuiser son crédit, dans tous les sens du terme. Il sera bientôt réduit à vendre son château de Milly, et à accepter une pension du gouvernement qu’il avait tant combattu.

Comment en était-il arrivé là ? Tout simplement parce qu’il menait grand train et ne comptait pas ses dépenses. Il s’appliquait à lui-même le système que plus tard Madoff mit au service de ses escroqueries : la pyramide. Jusqu’à ce que la réalité le rattrape. De Luppé, dans sa biographie de Lamartine, nous détaille le mécanisme :

« Quand tout va bien, les revenus de ses terres représentent tout juste les intérêts qu’il doit payer à ses sœurs et nièces. Si les vendanges sont mauvaises, l’équilibre est rompu. Ce que lui rapporte son travail sert surtout à payer les annuités des autres dettes. De plus, ses spéculations sur le vin sont généralement désastreuses. Alors il emprunte de nouveau, et quand arrivent les échéances, ou qu’il doit rembourser les capitaux eux-mêmes, il se livre à d’étranges acrobaties financières, demande 10.000 francs à Lacroix fils pour verser 10.000 francs à Lacroix père, court financiers, notaires, Banque de France, Crédit Foncier, et s’étonne que les prêteurs se fassent de plus en plus en plus rares et de plus en plus circonspects. »

Changeant, selon un critique de l’époque, sa lyre en tirelire, il entasse, à partir de 1849, volume sur volume. qui ont peu de succès, à l’exception d’une édition de luxe de ses Œuvres Complètes et, justement, de son Cours familier de littérature, livré sous forme de périodique pendant 13 ans, qui comptera jusqu’à vingt mille abonnés et plus de 10 000 pages.

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C’est une nouvelle démonstration, s’il en fallait, de sa capacité de travail, et de sa prolixité naturelle.

« Je mène une rude vie. Je viens de faire en dix jours : 1° Tout un volume de 500 pages grand in-8° ; 2° La moitié d’un Entretien sur Rousseau ; 3° Une correction d’épreuves de 200 pages ; 4° Enfin deux cents lettres de ma main (correspondance), le tout sur mon genou, de ma main, sans secrétaire. Ayant des affaires de banque et comptes quatre heures par jour. » (À Dubois, 13 août 1861)

Il travaille à la chaîne, mais sans trop d’efforts. Rien que pour le Cours familier…, il rédige 1000 pages par an, certes imprimées en gros caractères, avec de belles marges et de copieux interlignes, bourrées de longues citations, y compris de lui-même, qu’il reconnaît parfois comme « trop longuement citées ». Mais le rédacteur est largement en avance sur l’imprimeur. En 1867, il a deux ans d’Entretiens d’avance.

Malgré son titre, le Cours familier… n’est pas une œuvre didactique. Lamartine ne professe pas, il anime une conversation. Et n’hésite pas à employer la première personne ou, parfois, à s’interrompre pour des Digressions et des Préambules.

S’y côtoient des réflexions philosophiques, des considérations sur la Littérature, une autobiographie éclatée, dans laquelle il ne se met pas en scène, mais relit sa vie. Ou une [auto]Critique de l’Histoire des Girondins. Il se fait aussi passeur de Lettres,  en délivrant un exposé critique de la littérature de l’Inde, ou encore en « lançant » des écrivains encore inconnus tels que Frédéric Mistral. Il en profite aussi pour publier de nouvelles œuvres. Le tout se mélangeant parfois.

Son objectif est annoncé dès le premier Entretien : « Afin qu’en voyant comment j’ai conçu moi-même, en moi, l’impression de ce qu’on appelle littérature, […] vous contractiez vous-même le sentiment littéraire. […] Permettez-moi donc un retour intime avec vous sur mes premières et mes dernières années. »

Quant à la forme, elle est simple : «  Ce Cours familier de littérature n’est qu’un entretien à vol d’idées et à cœur ouvert. »

C’est écrit vite, mais c’est du Lamartine. C’est écrit gros, mais c’est d’une profondeur insoupçonnée. Il y a de grandes marges, mais elles appellent des notes…

PHILOSOPHIE

  • « La physionomie est un phénomène visible, mais toujours mystère : l’âme dans les traits et les traits dans l’âme. L’homme peut voir là, plus que partout ailleurs, l’union de la matière et de l’esprit ; mais définir dans la physionomie ce qui est de la matière et ce qui est de l’esprit, la nature nous en défie ; c’est la limite où les deux natures se confondent : on adore ou on s’anéantit. »
  • « L’âme de l’homme, selon moi, est incontestablement un principe immatériel ; je ne saurais pas le prouver, mais je le sens et je le crois : c’est la meilleure des preuves. L’homme n’est sûr que de ce qu’il croit. »

POLITIQUE

  • « La Convention ne sauva rien par ses meurtres, et perdit pour longtemps la république en associant son nom à la Terreur. »
  • « Les journées de septembre, cette Saint-Barthélemy de la panique. »
  • « Le fouriérisme est né, dans un comptoir, de l’isolement et de la stagnation d’une idée exclusivement commerciale, dans son auteur Fourrier. La société, à ses yeux, n’a plus été qu’un livre en partie double, se balançant par profits et pertes à la fin d’une éternelle association de fabrique liquidée par l’éternité. »

CRITIQUE LITTÉRAIRE

  • « Qu’est-ce qu’un poème épique ? Deux mondes, c’est-à-dire le monde matériel et le monde surnaturel, le fini et l’infini. »
  • « Pascal […] se place à l’extrême bord des mystères chrétiens, il regarde au fond d’un œil effaré, il y prend le vertige, et il se parle à lui-même presque par monosyllabes. Sa langue n’est qu’une logique désespérée, un radicalisme d’anéantissement de l’homme devant sa destinée ; il ne raisonne même plus, il s’abdique. Algébriste, il abrège sa pensée et sa langue pour la convertir en formules : les  mots lui sont importuns ; il voudrait écrire avec des chiffres. De là son désordre, sa vigueur et sa rigueur de termes, sa foudroyante brièveté. »
  • « La Fontaine, selon nous, est un préjugé de la nation. Le caractère tout à fait gaulois de ce poète lui a fait trouver grâce et faveur dans sa postérité gauloise comme lui, malgré ses négligences, ses immoralités, ses imperfections et ses pauvretés d’intention. »
  • « Saint-Simon [est] historien par hasard, moraliste par explosion, philosophe par colère, satirique par humeur, vertueux par dégoût. Tacite et Juvénal dans la même page, il crée une langue à la vigueur de sses aversions et de ses amours. Son style de coups et de contre-coups brise en mille pièces la période ou l’épanche en un flot intarissable et écumant de phrases qui entraînent l’âme de ses lecteurs dans le débordement de ses impressions. »
  • «  Sans la langue de Voltaire, le journalisme n’aurait pas pu naître. »

AUTOBIOGRAPHIE ÉCLATÉE

  • « Ce que je vais faire ici est très hardi : c’est pour ainsi dire la confession générale, non de ma vie, mais de mon âme. »
  • « Ah, qu’il est heureux celui qui, dans la peine comme dans le bonheur, peut compter sur une tendresse éprouvée, dont le cœur repose avec confiance sur le cœur d’un autre dans toutes les fortunes, et qui, au déclin même de son âge, comme à la fleur de sa vie, jouit des douceurs d’une consolante union ! »
  • « [En 1848] Je n’étais pas un républicain radical, un républicain subversif, un républicain chimérique, […] j’étais un républicain improvisé, un républicain politique, un républicain conservateur, […], à tort ou à raison. »
  •  « J’ai éprouvé mille fois, par moi-même que, si je ne changeais pas de place, de résidence, d’horizon, je ne changeais pas d’idées. »

PASSEUR DE LETTRES

  • « Dans les drames indiens, le dialogue est en prose lorsqu’il exprime des pensées tempérées, mais cette prose est si harmonieuse, si riche, si élégante qu’elle pourrait servir de modèle à une belle expression poétique. […] La vertu, et non la passion, est le but moral des drames poétiques de l’Inde ; leur poésie, plus philosophique que la nôtre, tend à calmer l’âme du spectateur, et non à la troubler. […] Une diversité de rythmes, tantôt simples, tantôt compliqués, brefs ou majestueux, lents ou rapides, harmonieux ou véhéments, rend souvent le théâtre indien tout aussi difficile à étudier que celui d’Eschyle ou de Sophocle, également riche, également fécond en jouissances et en difficultés que les langues modernes ne connaissent pas. »

QUERELLES LITTÉRAIRES ET POLÉMIQUE

  • « L’esprit humain n’a point une marche éternellement progressive et ascensionnelle, comme le soutient contre moi, hélas !, et contre l’évidence, un ami littéraire dans ses belles Lettres à un homme tombé (il aurait mieux fait peut-être de dire à un homme sorti). »
  •  « Une partie de la presse retenti, depuis quelques semaines, d’un concert de malveillance et d’un redoublement d’invectives contre cette modeste publication, et surtout contre son auteur. […] Et de quoi nous accusent ces écrivains ? De ce qu’il y a de plus ignominieuse dans le métier des lettres : de chercher, selon leurs viles expressions, « DU BRUIT POUR DE L’ARGENT. » Du bruit ? Hélais qu’ils savent mal lire au fond des âmes. […] L’argent ? Oh ! c’est différent. […]. La plume de l’homme de lettres [est] mille fois plus respectable quand elle cherche le salaire par honneur que quand elle cherche la gloire par vanité. »

ŒUVRES NOUVELLES

Le Désert, ou l’immatérialité de Dieu

II.

Sur l’Océan de sable où navigue la lune,
Mon œil partout ailleurs flotte de dune en dune ;
Le sol, mal aplani sous ces vastes niveaux,
Imite les grands flux et les reflux des eaux.
À peine la poussière, en vague amoncelée,
Y trace-t-elle en creux le lit d’une vallée,
Où le soir, comme un sel que le bouc vient lécher,
La caravane boit la sueur du rocher.
L’œil, trompé par l’aspect au faux jour des étoiles,
Croit que, si le navire, ouvrant ici ses voiles,
Cinglait sur l’élément où la gazelle a fui,
Ces flots pétrifiés s’amolliraient sous lui,
Et donneraient aux mâts courbés sur leurs sillages
Des lames du désert les sublimes tangages !
…………………………………………

Mais le chameau pensif, au roulis de son dos,
Navire intelligent, berce seul sur ces flots ;
Dieu le fit, ô désert ! pour arpenter ta face,
Lent comme un jour qui vient après un jour qui passe,
Patient comme un but qui ne s’approche pas,
Long comme un infini traversé pas à pas,
Prudent comme la soif quarante jours trompée,
Qui mesure la goutte à sa langue trempée ;
Nu comme l’indigent, sobre comme la faim,
Ensanglantant sa bouche aux ronces du chemin ;
Sûr comme un serviteur, humble comme un esclave,
Déposant son fardeau pour chausser son entrave,
Trouvant le poids léger, l’homme bon, le frein doux,
Et pour grandir l’enfant pliant ses deux genoux !
…………………………………………

VII.

Le désert donne à l’homme un affranchissement
Tout pareil à celui de ce fier élément ;
À chaque pas qu’il fait sur sa route plus large,
D’un de ses poids d’esprit l’espace le décharge ;
Il soulève en marchant, à chaque station,
Les serviles anneaux de l’imitation ;
Il sème, en s’échappant de cette Égypte humaine,
Avec chaque habitude, un débris de sa chaîne…
…………………………………………

La Vigne et la Maison, psalmodies de l’âme.

Pourtant le soir qui tombe a des langueurs sereines
Que la fin donne à tout, aux bonheurs comme aux peines ;
Le linceul même est tiède au cœur enseveli :
On a vidé ses yeux de ses dernières larmes,
L’âme à son désespoir trouve de tristes charmes,
Et des bonheurs perdus se sauve dans l’oubli.
…………………………………………

Aux premières lueurs de l’aurore frileuse,
On voit flotter ces fils dont la vierge fileuse
D’arbre en arbre au verger a tissé le réseau :
Blanche toison de l’air que la brume encor mouille,
Qui traîne sur nos pas, comme de la quenouille
Un fil traîne après le fuseau.

Aux précaires tiédeurs de la trompeuse automne,
Dans l’oblique rayon le moucheron foisonne,
Prêt à mourir d’un souffle à son premier frisson;
Et sur le seuil désert de la ruche engourdie,
Quelque abeille en retard, qui sort et qui mendie,
Rentre lourde de miel dans sa chaude prison.

…………………………………………

NOTAS

– Le texte complet du Cours familier de Littérature est disponible sur Gallica, ici. (Bizarrement, les tomes 23 et 24 sont présentés ensemble, sans rupture dans la numérotation)

– Christian Croisille a publié une tentative d’inventaire des œuvres de Lamartine, disponible sur le site Persée, ici.


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Cours familier de littérature. Complet des 28 volumes en très bon état.
Paris, chez l’auteur, 1856-1869. Vingt huit volumes 23 x 16 cms, environ 500 pages par volume, soit près de 14000 pages, divisées en 168 Entretiens. Demi reliure uniforme, dos à 5 nerfs, fleurons dorés, pièces de titre et de tomaison. Un portrait de l’auteur en frontispice du premier volume. Quelques rousseurs très éparses sur certains volumes, aucune n’empêchant la lecture. Très bel ensemble. Rare complet.
Prix catalogue : 700 €
En janvier 2015, la Librairie fête ses cinq ans et offre du 1er au 31, 10 % de remise sur tout son catalogue. Prix remisé : 630 €


Table des Matières

Tome Premier (1856). Entretiens I à VI

 Définition de la littérature ­— Comment les lettres sont mêlées aux vicissitudes de la vie de l’auteur — Aperçu du cours : l’inventaire de l’esprit humain — Digression contemporaine : Madame de Girardin — Philosophie et littérature de l’Inde primitive — Poésie d’Italie — Distinction entre la prose et la poésie — La prose doit remplacer le vers —Le Ramayana — Le Mahabarata — Épisode de Nala et Damayante — Épisode du Mahabarata, le Brahmane infortuné — Le drame de Sacountala — Le drame de Bavhabouti — Digression : vers à Madame Victor Hugo.

 Tome Deuxième (1856). Entretiens VII à XII.

 De la prétendue décadence de la littérature en Europe — Digression historique : M. de Lamartine et l’Italie en 1848 — Pages de voyage : Alfieri et la comtesse d’Albani — Quelle est l’épopée de l’Europe moderne ? — Aperçu sur l’histoire littéraire de la France depuis trois siècles — La littérature sacrée : Bossuet — Le dix-huitième siècle — L’Assemblée constituante et la Convention — Une Nuit de souvenirs : Revue d’histoire littéraire contemporaine — Job lu dans le désert — Le désert, ou l’immatérialité de Dieu, méditation poétique — Le poème de Job — Philosophie personnelle de l’auteur.

 Tome Troisième (1857). Entretiens XIII à XVIII.

 Racine. Sa vie. Esther — Talma et l’auteur — Une représentation solennelle d’Athalie — La Vigne et la Maison — Le Père Dutemps —Boileau — Littérature italienne : Dante.

Tome Quatrième (1857). Entretiens XIX à XXIV.

 Littérature légère : A. de Musset — Suite sur la littérature italienne — Œuvres et caractères de Béranger — Une page de Mémoires — Comment je suis devenu poète. — Homère — L’Odyssée.

 Tome Cinquième (1858). Entretiens XXV à XXX.

 À mes lecteurs — Lettre en vers à Alphonse Karr, jardinier — Homère — L’Illiade — Poésie lyrique — Poésie sacrée : David, berger et roi — La musique de Mozart.

 Tome Sixième (1858). Entretiens XXXI à XXXVI.

 Vie et œuvres de Pétrarque — Poésie Lyrique : David — Littérature, philosophie et politique de la Chine — Avis à mes lecteurs — Littérature morale et politique de la Chine — Littérature des sens — La peinture : Léopold Robert, 1ère partie.

 Tome Septième (1859). Entretiens XXXVII à XLII.

 Léopold Robert, 2ème partie — Littérature dramatique de l’Allemagne — Le drame de Faust, par Goethe — Littérature villageoise — Apparition d’un poème épique en Provence — Littérature dramatique de l’Allemagne : Schiller — Vie et œuvres du comte de Maistre, 1ère partie.

 Tome Huitième (1859). Entretiens XLIII à XLVIII.

 Vie et œuvres du comte de Maistre, 2ème partie. — Examen critique de l’Histoire de l’Empire, par M. Thiers — Littérature latine : Horace.

 Tome Neuvième (1860). Entretiens XLIX à LIV.

 Les salons littéraires, Souvenirs de madame Récamier, Correspondance de Chateaubriand — Littérature politique : Machiavel.

 Tome Dixième (1860). Entretiens LV à LX.

 L’Arioste — Rectification à la 3ème partie de Machiavel – Trois heureuses journées littéraires — Littérature diplomatique : Le prince de Talleyrand — État actuel de l’Europe.

 Tome Onzième (1861). Entretiens LXI à LXVI.

 Littérature diplomatique, suite — Cicéron — J.J. Rousseau, première et deuxièmes parties.

 Tome Douzième (1861). Entretiens LXVII à LXXII.

 J.J. Rousseau, 3e partie — Tacite, 1e et 2e parties — Critique de l’Histoire des Girondins, 1e, 2e et 3e parties.

 Tome Treizième (1862). Entretiens LXXIII à LXXVIII.

 Critique de l’Histoire des Girondins, 4e, 5e et 6e parties — La passion désintéressée du Beau dans la littérature et dans l’art : Phidias, par Louis de Ronchaud, 1e et 2e partie — Revue littéraire de l’année 1861 en France : M. de Marcellus, 1e partie.

 Tome Quatorzième (1862). Entretiens LXXIX à LXXXIV

 Œuvres diverses de M. Marcellus, 2e et 3e parties — Adolphe Dumas — Philosophie grecque : Socrate et Platon, 1e et 2e partie — Considérations sur un chef d’œuvre, ou le danger du génie : Les Misérables, par M. Victor Hugo, 1e et 2e parties.

 Tome Quinzième (1863). Entretiens LXXXV à XC.

 Considérations sur Les Misérables, de M. Victor Hugo, 3e, 4e et 5e parties — Littérature de l’âme — Journal intime d’une jeune personne : Mademoiselle de Guérin, 1e, 2e et 3e parties.

 Tome Seizième (1863). Entretiens XCI à XCVI.

Vie du Tasse, 1e, 2e et 3e parties — Benvenuto Cellini, 1e et 2e parties — Alfred de Vigny, 1e et 2e parties — Alfieri, sa vie et ses œuvres, 1e partie.

 Tome Dix-Septième (1864). Entretiens XCVII à CII.

 Alfieri, sa vie et ses œuvres, 2e et 3e parties — Benvenuto Cellini, 1e et 2e parties — Lettre à M. Sainte-Beuve, 1e et 2e parties.

 Tome Dix-Huitième (1864). Entretiens CIII à CVIII.

 Arioste — Traduction complète par M. Barthélémy Saint-Hilaire, 1e, 2e et 3e parties — Balzac et ses œuvres, 1e, 2e et 3e parties.

 Tome Dix-Neuvième (1865). Entretiens CIX à CXV.

 Mémoires du cardinal Consalvi, ministre du pape Pie VII, par M. Crétineau-Joly, 1e, 2e et 3e parties — La Science ou le Cosmos, par Alex. De Humboldt, 1e, 2e, 3e et 4e parties.

 Tome Vingtième (1865). Entretiens CXVI à CXX.

 Le Lépreux de la cité d’Aoste, par Xavier de Maistre — Littérature américaine : Une page unique d’histoire naturelle, par Audubon, 1e et 2e parties — Conversations de Goethe, par Eckermann, 1e et 2e parties.

 Tome Vingt-Unième (1866). Entretiens CXXI à CXXVI.

 Conversations de Goethe, par Eckermann, 3e partie — L’Imitation de Jésus-Christ — Fior d’Aliza.

 Tome Vingt-Deuxième (1866). Entretiens CXXVII à CXXXII.

 Fior d’Aliza (suite) — Littérature russe : Jean Tourgueneff

 Tome Vingt-Troisième (1867). Entretiens CXXXIII à CXXXVIII

 Littérature russe : Ivan Tourgueneff — Réminiscence littéraire : œuvres de Clotilde de Surville — Histoire d’un conscrit de 1813, par Erckmann-Chatrian — L’ami Fritz — Un intérieur, ou les pèlerines de Genève — Les Nebelungen, poème épique primitif.

 Tome Vingt-Quatrième (1867). Entretiens CXXXIX à CXLIV.

 Les Nebelungen, poème épique primitif (suite) — Bernardin de Saint-Pierre — Voyages en Perse et en Orient, par le chevalier Chardin — M. de Genoude et ses fils.

 Tome Vingt-Cinquième (1868). Entretiens CXLV à CL.

 Ossian, fils de Fingal — De la monarchie littéraire et artistique, ou les Médicis — Molière

 Tome Vingt-Sixième (1869). Entretiens CLI à CLVI.

 Molière et Shakespeare (suite et fin) — Madame de Staël — Michel-Ange — Marie Stuart.

 Tome Vingt-Septième (1869). Entretiens CLVII à CLXII.

 Marie Stuart (suite) — Montesquieu — L’Histoire, ou Hérodote — La marquise de Raigecourt — Chateaubriand.

 Tome Vingt-Huitième (1869). Entretiens CLXIII à CLXVIII.

 Chateaubriand (suite et fin) — Voltaire — Sur la poésie – Fénelon. Tables.