Puzzle Corot

Cet ouvrage se présente comme un puzzle.

Il est fait de morceaux divers : fragments écrits par Corot dans ses carnets,  extraits de sa correspondance, propos rapportés par ses contemporains, articles des critiques d’art de son époque ; précédé d’une pertinente introduction par Pierre Cailler, l’éditeur du livre, et d’une  longue étude sur La Vie de Corot par Gustave Geoffroy.

Et comme dans un puzzle, le sujet apparaît peu à peu.

  • « J’ai été au collège de Rouen jusqu’à dix-huit ans. De là j’ai passé huit ans dans le commerce. Ne pouvant plus y tenir, je me suis fait peintre de paysage, élève de Michallon d’abord. L’ayant perdu, je suis entré dans l’atelier de Victor Bertin. Après je me suis lancé, tout seul, sur la nature, et voilà ! »
  • Sa première vente (le succès ne lui viendra que bien tard) : « J’ai enfin vendu un tableau et je le regrette, car il manquera à la collection complète.»
  • Son objectif : « Saisir le mouvement des choses, la vie passante des êtres, le frémissement des branches, l’élan d’un geste, exprimer tout cela par une image qui fixe l’impression fugitive de la vie. »

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  • « Son œuvre, ce sont les toiles mouillées, frissonnantes, lumineuses, où il y a de l’eau, de l’herbe, des arbres, des nuages, de la clarté qui se lève ou se couche à l’horizon, un pressentiment ou un regret de soleil, une douceur de lune et d’étoiles, un reflet argenté qui persiste dans le silence et dans la nuit. » (Geoffroy)

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  • « Corot n’eut pas de « charrette à traîner ». Dès les premières années de sa peinture, son père en rechignant lui servit la pension qui le maintint à l’abri des soucis d’argent. Et d’autre part, exposant peu, faisant très peu parler de lui, il ne fut pas « livré aux bêtes ». Ses contemporains, il est vrai, l’accusaient de gaucherie. On disait même qu’il ne savait pas peindre. Et Baudelaire lui-même que l’art de Corot n’étonnait pas assez, Baudelaire écrivait, en 1845, qu’entre Théodore Rousseau et Corot, « la suprématie serait douteuse. » » (Introduction, par Pierre Cailler)
  • « Corot est un peintre qui se donne. Pas de superbe en lui. Sa peinture, il nous la tend d’une main toute allante, toute venante et très fraternelle. Corot ne peint pas pour être regardé, mais pour nous convier à ses noces. Son œuvre est le rayonnement de la bonté, la transmission d’un amour qui s’étend à la création tout entière, un espace clos baigné de merveilleux, un plaisir d’ombres et de lumières, un chant de valeurs distanciées. Son dessin sans pittoresque tourne autour du même motif de paysage ; et, dans les figures, c’est presque toujours la même femme vêtue à l’italienne, la fidèle poseuse accoudée ou assise dans l’atelier. » (idem)

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  • « Il fut le peintre poète. Il a rendu sensibles au cœur la distance et l’instant, le mystère de l’homme jeté dans la vie comme un passager promu à la terre de Dieu. C’est l’acte, le don de soi qui importait à ce contemplatif pour qui les verdures et les ciels avaient une tout autre signification que physique. […] Cet œil, posé sur l’âge d’or du sable et de la pierre, y a capté d’émouvants souvenirs et les signes d’un art que la bonté dépasse. » (idem)

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  •  Toujours la masse, l’ensemble, ce qui nous a frappés. Ne jamais perdre la première impression qui nous a émus. Le dessin est la première chose à chercher. Ensuite, les valeurs, les rapports des formes et des valeurs. Voilà les points d’appui. Après, la couleur ; enfin, l’exécution. Si votre toile est blanche, commencez par le ton le plus vigoureux. Suivez l’ordre jusqu’au ton le plus clair. Il est très peu logique de commencer par le ciel. » (Écrit sur un Album)
  • « Oui, je mets du blanc dans tous mes tons, mais je vous jure que je ne le fais pas par principe. C’est mon instinct qui m’y pousse et j’obéis à mon instinct. » (Conversation avec Alfred Robaut, 1874).
  • « Après mes excursions, j’invite la Nature à venir passer quelques jours chez moi ; c’est alors que commence la folie : le pinceau à la main, je cherche des noisettes dans les bois de mon atelier ; j’y entends chanter les oiseaux, les arbres frissonnent sous le vent, j’y vois couler ruisseaux et rivières chargés de mille reflets du ciel et de la terre ; le soleil se couche et se lève chez moi. » (rapporté par Théophile Silvestre)
  • « Il est impossible, même à Corot, de copier un Corot. Il pourrait reproduire un même effet, et non refaire un même tableau. Il peint d’inspiration ; il voit le but, il y va sans regarder le chemin. Il n’a pas, comme tant d’autres peintres, des procédés arrêtés. Il ne marche pas dans un sentier ; il s’avance librement, humant l’air et admirant le soleil. On voit bien que l’air inonde sa peinture, mais on ne saura jamais par quel secret il est parvenu à peindre l’air. Ses eaux sont d’une limpidité enivrante ; mais on n’apprendrait pas en dix ans comment il arrive à rendre la beauté de l’eau. Ses arbres sont dessinés sans contours et peints sans couleur : comment cela s’est-il fait ? Il l’ignore lui-même. » (Edmond About)

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13572_113572_2Corot raconté par lui-même et ses amis. 2/2.
Tome I : Pensées et écrits du peintre
Tome II : Ses contemporains, sa postérité.

Vésenaz-Genève, Pierre Cailler, 1946.
Deux volumes brochés 19 x 12,5 cms. 225 + 214 pages.
23 + 23 illustrations photographiques hors texte.
Bon état.

30 € + port

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