Comment se fringuait-on jadis ?

Jules Quicherat [1814-1882] était enseignant à l’École des Chartes. Il fut parmi les premiers à baser son enseignement sur des gravures et des dessins, qu’il relevait souvent lui-même. Collaborateur de Michelet, républicain et libre penseur, auteur d’une théorie iconoclaste sur la définition de l’art roman, il fut aussi un spécialiste de l’archéologie gallo-romaine, grand pourfendeur de la localisation d’Alésia à Alise-Sainte-Reine, en Bourgogne.
Pionnier dans l’étude des artefacts, c’est-à-dire de toutes les productions de l’industrie humaine, il livre dans son Histoire du Costume depuis les temps les plus reculés jusqu’à la fin du XVIIIe siècle un parfait exemple de sa méthode.

Les Gaulois

Quicherat2« C’est surtout par la confection des étoffes que les Gaulois signalèrent leur dextérité. Par le croisement des fils et la diversité des couleurs, ils composaient des tissus de l’effet le plus varié, à raies, à carreaux, à fleurs. »

« Ils portaient un pantalon étroit, des souliers de cuir à semelle épaisse et médiocrement élevés de l’empeigne, un petit manteau carré sous lequel le buste et les bras restaient complètement nus. Le latin nous a conservé, en se les appropriant, les noms qu’ils donnaient à ces vêtements ; sagum pour le manteau, bracae pour le pantalon, gallicae pour les chaussures. Nos mots français saie, braie et galoches en dérivent. »

« Le Gaulois pur sang tirait vanité de sa chevelure, qu’il cultivait avec un soin extrême. Il la tirait du front sur la nuque et la teignait d’une pâte faite avec de la cendre de hêtre et de la graisse de chèvre. Les cheveux devenaient par là d’un rouge ardent. Tel fut le premier usage du savon ; car cette composition de graisse et de cendre (c’est-à-dire de la soude qu’on extrayait de la cendre) n’était pas autre chose que du savon, et les Gaulois, au dire de Pline, en furent les inventeurs. […] Pour contenir leur longue chevelure, ils se mettaient autour de la tête une bandelette d’étoffe ou un cercle de bronze. […]
Ils traitaient de même ce qu’ils gardaient de poil sur leur visage. Le gros de la nation portait la barbe taillée en pointe ; les nobles n’avaient que des moustaches, et quelquefois une touffe au menton. »

« Après les Gaulois, il serait juste que les Gauloises eussent leur tour ; mais, sur ce sujet, l’histoire et l’archéologie sont d’une pauvreté désespérante. Les témoignages de l’antiquité en ce qui les concerne se réduisent à l’éloge de leur héroïsme. Nous ne connaissons ni leur manière de vivre, ni leurs habitudes, ni leur goûts. »

Quicherat1

La Révolution

Quicherat3« L’élégant de 1790 différait d’une manière notable de celui des années précédentes. Il avait abandonné le chapeau à cornes, laissant cette laide coiffure aux vieillards et aux soldats. Sa tête, poudrée ou non, ne s’accommodait plus que du chapeau rond à forme élevée, entouré d’un cordon de soie, dit bourdaloue, décoré de la cocarde nationale. Il portait un frac de drap, effilé par derrière en queue de morue, garni sur le devant de deux courts revers qui faisaient l’effet d’une veste, à cause du dégagement excessif des basques, et qui laissaient à découvert la plus grande partie du gilet. Une cravate de couleur, garnie de dentelle à ses deux bouts, formait un gros nœud sur la gorge. La culotte de casimir ou de daim, serré à l’écuyère, descendait jusqu’aux mollets et s’attachait par des rosettes sur des bas rayés en long. Avec cela de fines bottes à revers ou des souliers sans talons, des gants en étoffe rayée de deux ou trois couleurs. »

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IMGP0377QUICHERAT Jules

Histoire du costume en France depuis les temps les plus reculés jusqu’à la fin du XVIIe siècle. Ouvrage contenant 481 gravures dessinées sur bois d’après les documents authentiques par Chevignard, Pauquet et P. Sellier.

Paris, Hachette, 1875. Un volume 28 x 19 cms. III-680 pages. Demi reliure à coins. Dos à cinq nerfs. Titre doré.
Dos très insolé. Coins et bords légèrement frottés. Quelques rousseurs en marge, n’affectant ni le texte ni les gravures

150 €

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