Quand Jules Verne continuait Le Robinson suisse

Décidément, personne n’était satisfait du Robinson suisse : rédigé par le pasteur bernois Johann David Wyss, le manuscrit fut édité en allemand par son fils en 1812, complété en français par Isabelle de Montolieu en 1814, et encore augmenté par elle en 1824. C’est cette dernière version qui servit de base à la majorité des traductions encore en circulation.

seconde_patrie_1Mais ce n’était pas suffisant, semble-t-il, puisqu’en 1896-1897, à la fin de sa longue carrière littéraire (Cinq semaines en ballon date de 1863, Vingt mille lieux sous les mers de 1870), Jules Verne décide d’y donner une suite, Seconde Patrie, qui ne paraîtra dans Le Magasin d’Éducation et de Récréation qu’en 1900.

Pourquoi a-t-il voulu continuer ce roman bien pensant et pontifiant ? (dont la plus belle descente en flammes se trouve ici)

Peut-être pour en éviter la lecture, puisqu’il le résume au premier tome – mais pas tout de suite, il faut laisser s’installer le suspense – en supprimant tous les sermons et digressions à la Homais qui figurent dans l’original.

Dans l’ouvrage de Wiss,  la famille Zermatt fait naufrage sur une île déserte de l’Océan Indien. À la différence de Robinson, ils peuvent récupérer providentiellement dans leur navire toutes sortes d’outils, de matériaux et d’animaux qui leur permettront de fonder une petite colonie, appelée bien sûr Nouvelle Suisse.

Isabelle de Montolieu ajoutera quelques épisodes, en particulier le sauvetage d’une autre naufragée, échouée sur un îlot volcanique à quelques milles de là. Au bout de onze ans, un navire anglais, La Licorne, arrive en vue de l’île. Les parents Zermatt décident de rester sur leur île, pendant que leurs enfants regagneront l’Angleterre pour recruter des volontaires devant peupler la colonie.

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C’est à partir du départ de La Licorne que Jules Verne imagine la suite. Victime d’une avarie, le navire doit rester trois mois au Cap pour être remis en état. Les enfants Zermatt, ne voulant pas attendre, embarquent sur le Flag, dont l’équipage va se révolter. Abandonnés en mer, ils se retrouvent sur un ilôt rocheux peuplé uniquement de tortues, heureusement bonnes pour la soupe, et couvert de varech, heureusement bon pour la cuisson de ladite soupe.

seconde_patrie_3Ils y affronteront l’hiver, les tempêtes, des attaques de sauvages, avant que l’aide d’un albatros ne conduise à… un dénouement inattendu et (trop ?) miraculeux.

Ce n’est pas du meilleur Jules Verne, mais c’est du bon Jules Verne : aventures, péripéties, tous les ingrédients du roman d’aventures qui tient éveillé, même si l’on reconnaît parfois quelques trucs déjà utilisés dans L’Île mystérieuse.

Bizarrement, cette suite au Robinson suisse n’est pas devenue aussi célèbre que l’original.

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01605_1VERNE Jules

Seconde patrie. 2/2. Illustrations par Georges Roux

Paris, Hetzel, sans date (circa 1900 – mention de quatrième édition au tome II).

Deux volumes 18 x 12 cms. 343-[4] + 297 pages. Demi reliure rouge. Dos à 5 nerfs soulignés de filets dorés. Titres et tomaisons dorés. Signets. Petit manque à la coiffe du tome I et au dernier plat du tome II. Tout petite déchirure sans gravité en marge de la page 61 du tome I, sinon très bon état. Aucune rousseur.

120 €

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