La Géographie militaire pendant la Grande Guerre

carte cassiniUn Partenariat Public-Privé avant la lettre
La cartographie officielle française remonte à Cassini : « En 1750, Louis XV, ayant pris connaissance du projet de Cassini, lui fit allouer une subvention annuelle de quarante mille livres. Il proposait même d’augmenter cette somme afin de hâter l’achèvement de la carte. Mais en 1756, les dépenses de la guerre de Sept ans ne permirent plus au trésor royal de continuer la subvention. Alors le roi donna à Cassini la liste des personnages qu’il avait pressentis pour former une association de cinquante membres. Ceux-ci verseraient chacun treize cents livres par an, jusqu’à complète terminaison de la carte. En tête de cette liste s’inscrivit Mme de Pompadour. »

Napoléon couché sur ses cartes
Créé en 1744, le corps des Ingénieurs-Géographes monta en puissance sous la Révolution, connut son apogée sous l’empire – Napoléon était un fanatique de cartes, qu’il étudiait en se couchant sur elles à plat-ventre –, déclina sous la Restauration, avant d’être recréé, petitement, en 1852.

Napoleon carte

Panique en 1870
« La guerre de 1870 fut, à l’instar de toutes nos organisations militaires, une terrible leçon pour la Section du Service géographique. À l’exception des cartes d’Allemagne, nulles autres n’existaient en approvisionnement. On n’avait jamais pensé que l’ennemi pût franchir la frontière. Et, à l’heure critique, par une conjoncture invraisemblable, on se trouva dans l’impossibilité de tirer aucune carte de la France.
Dans la panique qui suivit nos premiers revers, ordre fut donné d’envoyer les planches de cuivre de la carte de France à Brest. Sage précaution… à condition toutefois de ne pas être tenue secrète au point de rester ignorée jusqu’à la fin des hostilités, par tout le monde, y compris les ministres de la défense nationale. »

La Grande Guerre
La leçon porta, et un Service Géographique des Armées digne de ce nom fut constitué en 1874. En 1914, il était dirigé par le général Robert Bourgeois qui, rompant avec les traditions et les procédures, fit considérer l’approvisionnement du front en cartes comme celui en munitions : plutôt trop que pas assez ; et acheminées jusqu’à la moindre tranchée.  Environ 16 millions de cartes furent ainsi « consommées » pendant la Grande Guerre, même si leur échelle, au 80.000e, était insuffisante (la levée d’une carte au 25.000e avait été ajournée pour raisons budgétaires…)

Le Service Géographique fournit aussi des « canevas de tir », guides topographiques pour guider l’artillerie, spécialement en tir indirect, c’est-à-dire sur des objets à contre-pente ou dissimulés.

La guerre s’enlisant dans les tranchées, il fut décidé de confectionner, pour ces zones, des cartes plus précises, combinaison des anciens plans du cadastre, datant de 1850,  et de la toute nouvelle technique de reconnaissance aérienne. Ce fut le Plan directeur de guerre au 20.000e, qu’il fallut mettre à jour à chaque combat.

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D’autres créations virent le jour : des systèmes de détection des batteries d’artillerie ennemies, basées sur une triangulation sur le son, reportée sur les cartes ; et  des jumelles de guerre (mille pièces par mois en février 1915, vingt-cinq mille par mois en 1916).

Tout ceci figure dans un ouvrage d’Arthur Lévy, Les coulisses de la guerre : le Service géographique de l’armée, 1914-1918.

03218_2Mais curieusement, l’auteur, fort prolixe sur l’organisation et les réalisations du Service Géographique de l’Armée pendant la Grande Guerre, ne dit pas un mot d’une autre de ses productions, dont nous avons pourtant la preuve de l’existence : les Notices descriptives et statistiques des pays voisins et/ou ennemis de la France.

Il s’agit d’une série de guides extrêmement précis, destinés aux armées en campagne, ou en reconnaissance. Trois parties : Description géographique ; Administration ; Statistique. Cette dernière rubrique est en fait une liste exhaustive de toutes les communes, des hameaux qui y sont rattachés, de la population, des gares de chemins de fer et des stations télégraphiques. Y figurent des plans des grandes villes, qui indiquent les principaux hôtels, sans doute pour les officiers…

Mais on peut s’interroger sur l’utilisation qui devait en être faite : la qualité du brochage, et la finesse du papier de couverture, rendent ces ouvrages très fragiles : ils n’auraient sans doute pas résisté longtemps en campagne. Peut-être y a-t-il eu des tirages offrant une meilleure reliure.

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02613ARTHUR-LEVY

Le Service Géographique de l’Armée, 1914-1918. Avec un portrait et deux cartes hors texte.

Paris, Berger-Levrault, 1926. Un volume 21,5 x 14,5 cms. 74 pages. Deux cartes dépliantes, dont une en couleurs. Demi reliure, dos à 4 nerfs, titre doré. Étiquettes de bibliothèque sur dos et plat. Tampons de bibliothèque. Très bon état intérieur.

20 € + port

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03218_1Ministère de la Guerre

Notice descriptive et statistique sur les Alpes centrales, Italie du Nord, Suisse, Autriche et Bavière alpestres. Premier volume : Description géographique, administration et statistique.

Paris, Commission de géographie du service géographique de l’armée, Imprimerie Nationale, 1917.

Un volume broché 17 x 11 cms. 402 pages. Une carte dépliable en couleurs « Structure physique ». Plans dépliables en couleurs de Turin, Milan, Vérone, Innsbruck et Salzbourg.
Couverture jaunie et détachée. Brochage fragile.

50 € + port

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Ministère de la Guerre

Notice descriptive et statistique sur le Wurtemberg et la Bavière septentrionale. Premier volume : Description géographique, administration, cours d’eau.

Paris, Commission de géographie du service géographique de l’armée, Imprimerie Nationale, 1918. Un volume broché 17 x 11 cms. 386 pages. Une carte dépliable en couleurs « Régions naturelles ». Plans dépliables en noir et blanc de Stuttgart et Würtzbourg.

Couverture jaunie. Brochage fragile.

50 € + port

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Ministère de la Guerre Notice descriptive et statistique sur la Westphalie et le Hanovre méridional. Premier volume : Description géographique, administration, cours d’eau.

Paris, Commission de géographie du service géographique de l’armée, Imprimerie Nationale, 1916.

Un volume broché 17 x 11 cms. 290 pages. Une carte dépliable en noir et blanc « Divisions politiques ». Une carte dépliable en couleurs « Régions naturelles ». Une carte dépliable en noir et blanc « Répartition de la population ». Plans noir et blanc de Bochum, Braunschweig, Dortmund, Gelsenkirchen, Hanovre et Münster.

Couverture jaunie. Brochage fragile.

50 € + port

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