Galerie des États Généraux : portraits de 1789, ou de 2013 ?

Il y a deux façons de lire ce livre :

  • Avec un regard historique, curieux de parcourir de savoureux portraits de ceux qui, en 1789, composaient l’Assemblée Constituante
  • Ou bien les yeux ébahis de reconnaître les traits visiblement immuables de certains de nos hommes – et femmes – politiques actuels.

« Qu’aucun Ministre n’espère plus tenir ses opérations dans l’ombre, emprunter avec adresse, imposer sans que le peuple s’en aperçoive ! » est-il déclaré dans la Préface. Bigre ! Serait-il question de Cahuzac et de ses semblables ?

« N’est-ce pas un des plus grands inconvénients possibles, que de flotter sans cesse entre des incertitudes cruelles ? A-t-il un système caché sous le voile d’une mystérieuse prudence ? Ou cache-t-il sa nullité sous des dehors adroits ? Que veut-il faire ? Tout peut se conjecturer, rien ne peut se démontrer. » Necker, ou bien François Hollande ?

« Il ne vend ni sa plume ni son opinion. Mais il a précisément la maxime contraire : il l’outre, et c’est de là que dérive le plus grand reproche dont est peut-être susceptible son caractère moral. Selon lui, le secret d’en imposer aux hommes et de conquérir leurs suffrages, est d’avoir toujours raison. Et pour avoir toujours raison, il faut, quoi qu’il en coûte, dire la vérité. Cet axiome lumineux est terrible dans les conséquences. Non seulement il assemble les ennemis sur vos pas, mais il outrage à chaque instant la reconnaissance, et mène à l’ingratitude. » Mirabeau, ou Jean-Luc Mélenchon ?

« Assez de gens, prétend-il sont près à jeter le flambeau des discordes civiles au milieu de nous ; faut-il du moins que quelques amis de la raison préviennent l’incendie. Ainsi donc, si la mer est agitée, ou si les flots sont calmes, la barque arrive au port. Passant d’une situation à l’autre, il est l’orateur de tous les partis et n’est le soutien d’aucun. Un pareil portrait parait composé d’antithèses, donc il est ressemblant. » Target [député du Tiers-État et l’un des rédacteurs de la Constitution de 1791], ou François Bayrou ?

« Il prend le bruit pour la gloire, un événement pour un succès, une épée pour un monument, un compliment pour des titres à l’immortalité, des grâces pour des récompenses, et la valeur pour l’héroïsme. » La Fayette, ou Nicolas Sarkozy ?

« Quand il n’était rien, on a cru qu’il serait quelque chose au poste qu’on lui confiait ; quand il a été quelque chose, on a vu qu’il n’était rien. » Bailli [Président de la Constituante au moment du serment du Jeu de Paume], ou Harlem Désir ?

« Elle ne sait pas bien ce que c’est que le bon sens. De là jamais de mesure, jugeant au lieu d’écouter, épousant à chaque occasion des vengeances étrangères, se brouillant à tout propos, ne se raccommodant jamais, toujours prête à sacrifier tout ce qu’elle possède à ce qu’elle espère. » Madame de Staël, ou Ségolène Royal ?

« Trop fière pour être intrigante, digne dans son maintien, sévère dans ses propos, mesurée dans ses démarches, allant peu, se laissant voir rarement et tenant toujours à une grande distance même ceux qu’elle laissait approcher. » La Comtesse de Brionne, ou Martine Aubry ?

« Beaucoup d’esprit, beaucoup de causticité, de la raison à un degré très honnête, plus sensible qu’elle ne le paraît ; mais gâtant cette sensibilité par une disposition à la vengeance. » La Duchesse de Villetoy, ou Valérie Trierweiler ?

Avons-nous affaire à des personnes, ou à des types ?

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02714_3[RIVAROL, MIRABEAU, CHODERLOS DE LACLOS, LUCHET]

Galerie des États Généraux et des Dames Françoises. Première et troisième parties

Sans lieu, 1790. Un volume 19 x 12 cms. XII-132-XVI-120 pages. Reliure d’époque demi-cuir noir. Dos à 4 nerfs. Titre or. Une coiffe discrètement restaurée. Bon exemplaire. La deuxième partie des Etats généraux est manquante, mais de l’aveu même des auteurs, elle « a été jugée moins intéressante. ».  La troisième partie, Les Dames françoises est complète.
Note manuscrite ancienne insérée dans l’ouvrage : « Par le marquis J.P.L. de Luchet, le comte de Rivarol, le comte de Mirabeau et Choderlos de Laclos, cet ouvrage a été distingué de la foule de brochures qui ont paru en 1789-1790, les portraits qu’il contient sont en général tracés avec autant de talent que d’impartialité., …, Rivarol aurait eu la plus grande part en cette galerie, Mirabeau n’aurait tracé que le portrait de Necker, sous le nom de Narsès, et le sien sous celui d’Iramba, Rivarol se serait peint sous le nom de Creis. J’avais d’abord cru que Creis était le portrait de Laclos, fait par lui-même, des renseignements ultérieurs m’ont prouvé que j’étais dans l’erreur. Grimm dit qu’on a cru reconnaître dans cette galerie la manière de Sénac de Meilhan… » Barbier, Dictionnaire des ouvrages anonymes, II, 518.

100 €

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Un commentaire sur “Galerie des États Généraux : portraits de 1789, ou de 2013 ?

  1. Vous n’avez, me semble-t-il aucune pitié pour ces malheureux socialistes. Comme c’est dommage !!!!

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