François Bonvin, humble peintre

« Je suis né le 22 novembre 1817, de François-Joseph-Eustache Bonvin et de Marie-Louise Simon, à Vaugirard (Seine), au coin de la rue de l’École et d’une ruelle-égout transformées depuis en rue Mademoiselle, tout proche de la rue de Sèvres. Mon père sortait des gendarmes de la Seine et ma mère était couturière. J’avais près de quatre ans quand elle mourut à l’hôpital de la Charité de Paris, de phtisie pulmonaire. »

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Entrer dans la vie quotidienne, les affres d’art et d’argent d’un garçon du peuple devenu peintre, mais qui ne perça jamais vraiment, voici ce que nous permet la biographie de François Bonvin [1817-1887].

Son père, devenu garde-champêtre, se remarie avec une marâtre. Entre celle-ci et le premier fils, c’est la guerre permanente.

Un voisin lui apprend à écrire, ce qui lui permet de rédiger les procès-verbaux que son père devait remplir.

Celui-ci devient régisseur de l’ancienne ferme du château de Montrouge. Le fils échappe à l’apprentissage et entre à l’école de dessin, aux frais d’un adjoint au maire, frappé par ses dispositions.

Mais son père le retire de l’école de dessin, et en fait un typographe, métier qu’il exercera pendant 7 ans, jusqu’à 1839 avant de devenir fonctionnaire à l’Assistance Publique

Il vend ses premiers dessins dans les galeries de l’Institut. Remarqué par Champfleury, le théoricien du Réalisme, il entre en relation avec Nerval, Gautier et Octave Feuillet, et expose au Salon à partir de 1847.

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« François Bonvin, peintre de la famille, mérite un Diderot enthousiaste. Pour lui, un pot, une cruche, un vase, une tasse sont des sujets aussi compliqués et aussi aimables et aussi mystérieux qu’un homme ; aussi aimables, aussi étranges qu’une femme. Aussi, dans ses tableaux, verrez-vous le soin, le respect avec lequel sont traités ces objets, et le rôle important qu’ils jouent dans les mains des acteurs qui les tiennent. » (Champfleury)

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Il fréquente Courbet, avec qui il se fâchera plus tard ; bénéficie d’une commande de l’État, et quitte sa place de fonctionnaire pour l’honorer. Il recevra ensuite une commande officielle par an (ses œuvres seront ainsi réparties dans de nombreux musées de province). Mais cela ne lui suffit pas pour vivre, et il doit réintégrer l’Administration.

Après un divorce et le suicide de son frère, il réfugie à Londres pendant la guerre de 1870 et ne revient en France qu’en Novembre 1871 [ce qui semble peu compatible avec une participation à la Fédération des Artistes sous la Commune que lui attribue sa notice Wikipedia].

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Il continue à peindre après son retour en France, mais devient aveugle et meurt dans le dénuement.

Étienne Moreau-Nélaton [1859-1927] , qui rédige cette biographie, est peintre et collectionneur. C’est lui qui a légué à la France, entre autres, le Déjeuner sur l’herbe de Manet.

Comme il l’a fait pour Corot ou Manet, à qui il a consacré des ouvrages similaires, il publie, commente et – heureusement – souvent résume les écrits autobiographiques de Bonvin, en rapprochant astucieusement les épisodes de sa vie avec les tableaux qui en forment parfois écho.

C’est une pure biographie. Il ne faut attendre en aucun cas un quelconque commentaire sur les œuvres et l’art de Bonvin, ce qui est assez curieux pour un livre écrit par un autre peintre.

Il faudrait cependant s’interroger – entre autres – sur la persistance de Bonvin, durant toute sa carrière, à peindre des religieuses.

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ps : Quelle est la valeur d’un livre ? Celui que nous proposons aujourd’hui à 100 euros, se trouve chez un libraire américain à 60 US $, tandis qu’un autre libraire américain dispose de deux exemplaires, qu’il propose l’un à 2800 US $, l’autre à 1750 $…

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13534_1MOREAU-NÉLATON Étienne

Bonvin raconté par lui-même

Paris, Henri Laurens, 1927, tirage limité à 500 exemplaires. Un volume broché 28 x 23 cms. 144 pages. 102 reproductions hors texte noir et blanc sous serpente.
Trace de pliure à la couverture, sinon très bon état.

100 €

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