Qu’elles étaient belles, nos colonies !

Nous vous proposions récemment de devenir Bourgeois Campagnard. (ici)

Si vous ne vous êtes pas (encore) laissé tenter, voici une autre option à considérer : devenir Colonial.

03587_3« Sauf exception très rares, les carrières coloniales n’ont pas encore la faveur des familles. Elles sont persuadées qu’on ne peut guère vivre aux colonies sans compromettre irrémédiablement sa santé, sans se condamner à une mort prématurée.

Elles se représentent aussi l’existence qu’on mène dans ces contrées lointaines comme une lutte de tous les instants, au milieu d’hommes farouchement hostiles, nécessairement rebelles à notre autorité, toujours prêts à la révolte et plus ou moins cannibales.

Or, la réalité est fort éloignée de cette grossière image.

L’hygiène coloniale est aujourd’hui en possession de règles certaines qui permettent de faire aux colonies toute une carrière en gardant une fort belle mine.

Quant aux soi-disant « sauvages » qui entourent le colonial, ils n’ont vraiment rien d’effrayant, loin de là. Ce sont en général des gens paisibles, voire craintifs, qui sont maintenant tout à fait rassurés sur nos intentions et qui se rendent compte des avantages de notre présence.

La vie coloniale n’est donc pas ce cruel exil, ni cet enfer dont on menaçait jadis les mauvais garçons.

Elle n’est pas non plus, on ne saurait trop le répéter, cet exutoire des sociétés modernes que d’aucuns continuent à se représenter.

Il est vrai que, dans le passé, le recrutement du personnel colonial était assez mêlé  : on y trouvait à la fois des hommes de tout premier plan, et des déchets sociaux que la Métropole rejetait ou qui, d’eux-mêmes, allaient chercher dans ces mondes en formation la satisfaction des bas instincts. Mais ces temps-là sont révolus.

Au vrai, la colonisation, dans tous les domaines, a cessé d’être une aventure pour devenir une technique. Mais même aujourd’hui, la vie coloniale n’est pas faite pour les petits tempéraments, pour les timorés et les amateurs d’habitudes régulières : elle exige des âmes fortement trempées que la difficulté séduit. »

Georges Hardy, Directeur de l’École Coloniale

Cette envolée lyrique mise à part, les quatre volumes du Domaine Colonial Français sont l’ouvrage de référence sur le sujet, publié au moment de l’apogée de l’Empire français, avant que Simenon ou Conrad, pour ne citer qu’eux, n’écornent le mythe.

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03587_1[Collectif]

Le Domaine colonial français, suivi d’un aperçu général sur les colonies étrangères. Histoire, Industrie, Agriculture, mœurs, vie, coutumes, beaux-arts. 4/4

Paris, Éditions du Cygne, 1929-1930.
4 volumes 31 x 23 cms. 462 + 474 + 474 + 474 pages.
487 + 487 + 481 + 505 illustrations.
15 + 15 + 12 + 14 hors textes en couleurs.

Demi reliure à coins, dos à 5 nerfs, titre doré. État comme neuf.

Contient :

TOME I : Vue générale sur l’histoire de la colonisation française ; Les étapes et les principes actuels de l’organisation administrative des colonies françaises ; Le régime économique ; La politique coloniale de la France ; Les vieilles colonies [Martinique, Guadeloupe, Réunion, Établissements français des Indes, Guyane]

TOME II : Afrique du Nord (Algérie, Tunisie, Maroc) ; Afrique Noire (Afrique Occidentale Française, Afrique Équatoriale Française)

TOME III : Madagascar, Côte Française des Somalis, Indochine, Océanie, Saint-Pierre-et-Miquelon, Les Territoires et États sous mandat (Cameroun et Togo, Syrie et Liban) ; Les colonies étrangères (empire colonial britannique, colonies hollandaises, colonies belges)

TOME IV : Les Produits d’origine animale ; Les produits végétaux ; Les produits animaux ; Les Arts indigènes ; La Médecine aux colonies ; Le Commerce colonial ; Les Carrières coloniales.

Poids total 12 kgs.

140 € + port

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Sur le même sujet :

03207_1[Collectif]03207_2

Le Domaine colonial de la France, guide du voyageur et du colon dans les colonies françaises

Paris, Comptoir des publications coloniales du journal La Politique Coloniale, sans date (1893).

Un volume broché 17 x 11 cms. 216 pages. Nombreuses photographies in et hors texte.

Couverture récente en papier marbré. Couverture originale conservée.

Petit manque en marge des trois premières pages.

50€

Tout Voltaire !

billet VoltaireVoltaire est comme les billets de banque qui le représentaient : démonétisé, du moins en France.

C’est un anglais, Théodore Besterman qui réalisa, avec des fonds suisses, la première édition scientifique de la Correspondance. C’est à Oxford que se publie une nouvelle édition majeure des Œuvres complètes. Laquelle se distingue par sa lenteur de réalisation (annoncée pour 200 volumes, commencée en 1968, elle en comporte pour l’instant 97, et devrait, paraît-il, être terminée en 2018). Et aussi par son prix (plus de 100 euros le volume).

Et pourtant,en France, de 1728 à 1877, on ne compte pas moins de soixante-dix éditions des Œuvres Complètes de Voltaire, formant un ensemble d’environ deux mille sept cents volumes. Sur ces soixante-dix éditions, une trentaine a été donnée du vivant même de l’auteur.

La plus célèbre des Œuvres complètes est l’édition de Kehl, dirigée par Beaumarchais et Condorcet, parue en 70 volumes de 1783 à 1790, condamnée par la Sorbonne avant même que le premier volume soit imprimé. Utilisant pour la première fois des caractères typographiques Baskerville, elle adopta une classification des œuvres qui dura presque un siècle.
Son mérite est de publier pour la première fois une partie de la Correspondance, son manque est de ne pas inclure les Lettres Philosophiques (par crainte que la tolérance implicite envers la diffusion en France ne se durcisse), son péché originel, à notre sens, est d’avoir mélangé, et pour longtemps hélas, les Questions sur l’Encyclopédie avec le Dictionnaire philosophique.

portrait VoltaireBengesco, dont la Bibliographie des œuvres de Voltaire en 4 volumes, parue de 1882 à 1890 comporte 2438 numéros, distingue quelques éditions des Œuvres complètes qui ont innové.

Parmi elles, notre édition, dite Dalibon-Delangle, parue de 1828 à 1834 en 95 volumes + 2 volumes de Tables par Miger : Œuvres complètes, avec des remarques et des notes historiques, scientifiques et littéraires, par MM. Auguis, Clogenson, Daunou, Louis Dubois, Étienne, Charles Nodier, etc. (Bengesco n° 2155)

Cette édition offre deux particularités :

  • pour la première fois depuis l’Édition de Kehl, la Correspondance est donnée dans l’ordre chronologique, et non plus rangée par destinataires. Elle comporte aussi de nombreuses lettres jusque-là restées inédites.
  • les volumes sont accompagnées de nombreuses notes. Et pas forcément de n’importe qui.

Voltaire par HoudonÀ commencer par Jean Clogenson [1785-1876], magistrat, homme politique et voltairien acharné (il participa également à l’édition Beuchot), qui fournit aussi à Flaubert, commençant la rédaction de Salammbô, des renseignements sur Carthage, qu’il venait de visiter. Clogenson rédige une Notice préliminaire sur Le Siècle de Louis XV, une Note préliminaire en tête des Fragments sur l’Inde, une Notice sur les Annales de l’Empire, une Note préliminaire sur l’Histoire du Parlement de Paris, une Notice sur le Dialogue philosophique en général, et en particulier sur ceux de Voltaire, un Avant-propos relatif à la gaieté de Voltaire considérée dans ses rapports avec le recueil de de ses Facéties, et de nombreuses notes pour la Correspondance.

Charles Nodier, romancier, Bibliothécaire de l’Arsenal, signe un Avant-propos aux Romans.

Pierre Daunou, ancien Conventionnel modéré, Garde des Archives de l’Empire, puis de la Monarchie de Juillet, contribue à cette édition par des Avertissements et des Notes sur La Henriade, l’Essai sur les mœurs, et les volumes de Politique et Législation.

Il y a d’autres noms sur le prospectus de souscription et sur la page de titre des premiers volumes. Mais comme souvent à cette époque, c’était pour appâter le chaland. Les noms de François de Neufchâteau (homme politique, écrivain, agronome) et d’Arago disparurent bientôt.

Brunet, dans son Manuel du libraire et de l’amateur de livres, s’il qualifie notre édition de « trop volumineuse », la considère comme étant « sans contredit une des plus belles et des plus complètes des œuvres du philosophe de Ferney, même s’il lui a manqué les soins d’un éditeur principal. Les notes de Clogenson se recommandent par leur exactitude, mais malheureusement elles ne portent que sur une partie des volumes. »

Notre édition n’est donc pas parfaite, mais y aura-t-il jamais une édition « parfaite », compte-tenu de la nature flottante et variable des textes de Voltaire ?

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01455VOLTAIRE

Œuvres complètes, avec des remarques et des notes historiques, scientifiques et littéraires, par MM. Auguis, Clogenson, Daunou, Louis Dubois, Étienne, Charles Nodier, etc. 97/97

Paris, Delangle Frères, Marius Amyot, libraire, 1828 à 1834. [Édition décrite par Bengesco sous le n° 2155].

97 volumes 22,5 x 14,5 cms. 500 pages environ par volume.
Demi reliure. Dos à faux nerfs et filets dorés. Titres, tomaison et sous-titres dorés. Reliure frottée avec manques, surtout en coiffes. Rousseurs.

Tome I : Notice sur les biographies de Voltaire ; Épitre à Voltaire, par Chénier ; Vie de Voltaire, par Condorcet ; Pièces justificatives ; Enterrement de Voltaire et pièces y relatives ; Notes sur sa naissance, sa famille, etc.
Tome II : Mémoires pour servir à la vie de Voltaire ; Commentaire historique sur ses Œuvres ; Hommages et éloges divers, par Frédéric II, La Harpe, d’Alembert, Ducis, Saurin, Buffon, Malesherbes, etc. ; Apothéose de Voltaire.
Tomes III à XII : Théâtre, Opéra.
Tome XIII à XVIII : Poésies.
Tome XIX à XXXIV : Histoire.
Tomes XXXV à XXXVII : Mélanges historiques.
Tomes XXXVIII à XL : Politique et Législation.
Tomes XLI à XLII : Physique.
Tomes XLIII à L : Philosophie.
Tomes LI à LVIII : Dictionnaire philosophique.
Tomes LIX à LX : Romans.
Tome LXI : Facéties.
Tomes LXII à LXIV : Mélanges littéraires.
Tomes LXV à LXVII : Commentaires dramatiques.
Tomes LXVIII à XCV : Correspondance générale (avec une Table alphabétique par M. Delangle).
Tomes XCVI et XCVII : Table analytique et raisonnée des matières contenues dans cette édition, par P.-A.-M. Miger.

1 300 € (port inclus pour la France métropolitaine – 80 kgs)

Les animaux de Brehm

carte maximum BrehmLe XIXe siècle est celui de la vulgarisation scientifique de masse.

Le français Louis Figuier a vulgarisé avec talent la science mécanique, l’allemand Alfred Brehm a vulgarisé avec talent la zoologie et l’ornithologie.

Il publie en 1864 son encyclopédie La Vie des animaux illustrée, qui devint un succès éditorial et fit l’objet de plusieurs éditions.

D’un accès facile et clair, son ouvrage permet à tous les curieux de découvrir le règne animal des cinq continents, l’auteur s’appuyant sur les observations faites pendant ses voyages. Brehm souhaitait offrir deux niveaux de lecture :  un outil pour les savants, précis et scientifiquement rigoureux ;  mais aussi attractif et amusant pour instruire les néophytes.

Le plan de chaque tome est fixe : d’abord une présentation des caractères communs (anatomie, physiologie, etc.), puis, pour chaque animal : caractères particuliers, mœurs, habitudes et régime, distribution géographique, chasse, captivité, domestication, préjugés, maladies, usages et produits, ennemis naturels, etc.

L’adaptation française a été rédigée par des scientifiques, qui sont allés au-delà de la simple traduction : Henri-Émile Sauvage, titulaire de la chaire de zoologie au Muséum national d’histoire naturelle ; Jules Künckel d’Herculais,  professeur assistant d’entomologie au Muséum ; Zéphirin Gerbe, ornithologue.

Voici quelques curiosités recueillies dans le volume consacré aux Poissons :

  • Si l’ablette est peu estimée pour la table, elle est fort recherchée pour la matière nacrée qui entoure ses écailles, qui fournit le produit connu sous le nom d’essence d’Orient, employé à la fabrication des fausses perles.
    Les écailles dont détachées à l’aide d’un couteau, puis lavées et triturées pour en détacher leur pigment d’aspect métallique, qui se précipite au fond du vase sous la forme de particules microscopiques. On traite ensuite cette matière pulvérulente par l’ammoniaque pour l’isoler de tout ce qui pourrait rester de substance organique. Alors, avec de la colle de poisson, on forme de cette poudre une sorte de pâte facile à étendre sur le verre.
    Sous Henri IV, on fabriquait des globules de plâtre que l’on recouvrait ensuite d’une couche de cette substance qui imite si bien les perles. D’abord, on s’émerveilla à la vue de ces joyaux, mais bientôt quelle fut la désillusion ! La chaleur, la moiteur de la peau des belles dames pendant les soirées déterminaient un changement d’adhérence de la matière nacrée ; elle abandonnait le plâtre et s’attachait au cou, aux blanches épaules, en formant les dessins les plus incohérents. Les fausses perles étaient condamnées.
    Mais tout était oublié lorsqu’en 1680, un industriel du nom de Jacquin, eut la bonne pensée d’enduire avec de l’essence d’Orient de petites boules de verre, c’est-à-dire de confectionner les fausses perles à peu près comme on les confectionne aujourd’hui. C’était une industrie véritablement créée. Des fabriques s’établirent sur les rives de la Seine, de la Loire, de la Saône et du Rhône.

ablette

  • Les Romains n’aimaient pas le brochet, alors qu’il valait en Angleterre plus cher que le saumon.
  • On pense que le thon poursuit les poissons volants, alors qu’en fait il chasse surtout le calmar.
  • Il y a 45 espèces d’anchois, dont certaines vénéneuses. Les anchois vivent en bandes pressées. Leur pêche remonte à la haute antiquité. On faisait avec l’anchois une sauce que les Grecs et les romains désignèrent sous le nom de garum. Il était obtenu en exposant au soleil le vaisseau qui contenait les anchois en saumure. On les mettait dans un vase avec du vinaigre et divers condiments, en exposant le tout sur de la braise bien allumée jusqu’à ce qu’ils fussent fondus. Ces sauces servaient d’assaisonnement aux autres poissons, parfois même à la viande ; elles passaient pour exciter l’appétit et aider à la digestion.

anchois

  • Les anguilles, à la recherche d’eau pure, parcourent sur terre, pendant la nuit, des espaces parfois considérables. Avec ses mouvements de reptation, l’anguille se glisse en effet partout, de sorte qu’on peut en trouver jusque dans les conduites d’eau des grandes villes. Dans les courses que font les anguilles sur terre, elles prennent dans les prés des vers et des insectes, et vont jusqu’à manger les petits pois nouvellement semés, qu’elles aiment beaucoup.
  • La lamproie marine remonte les cours d’eau en s’attachant au corps d’autres poissons, comme le saumon ou l’alose, pour se faire transporter.
  • Les crabes les plus vulgaires subissent des changements de formes aussi curieux que ceux des insectes.
  • Le crabe terrestre des Antilles habite de juin à février dans un creux garni de feuilles mortes, à une ou deux heures de distance des côtes, il met un mois à muer vers septembre, et ne fréquente les rivages que de mars à mai.

crabes

Et auriez-vous su définir l’arête : « ossification des faisceaux tendineux qui séparent les différents muscles. » ?

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05524_4BREHM A.-E.,SAUVAGE H.-E., KUNCKEL D’HERCULAIS

Merveilles de la Nature : Les Poissons et les crustacés

Paris, Baillière, sans date [1885, date BNF]. Un volume 29 x 20 cms. 836 pages. 789 figures in texte. 20 planches hors texte.
Demi reliure, dos à 5 nerfs, pièces de titre et fleurons dorés.
Reliure frottée avec petits manques, intérieur en très bon état. Un cahier ayant un léger ressaut.

50 € + port

05521_4BREHM A.-E., GERBE Z.

Merveilles de la Nature : Les Mammifères, caractères, mœurs, chasses, combats, captivité, domesticité, acclimatation, usages et produits. 2/2

Paris, Baillière, 1895. Deux volumes 29 x 20 cms. [XI]-766 pages. 346 + 382 figures in texte. 38 planches hors texte Demi reliure, dos à 5 nerfs, pièces de titre et fleurons dorés.
Reliure frottée avec manques, un caisson arraché au tome II, dernier plat de ce tome détaché, rousseurs éparses à ce même tome II.

70 € + port

05522_4BREHM A.-E., KUNCKEL D’HERCULAIS

Merveilles de la Nature : Les Insectes, les myriopodes, les arachnides et les crustacés. 2/2

Paris, Baillière, 1882. Deux volumes 29 x 20 cms. [II]-720 + 820 pages. 2050 figures in texte. 36 planches hors texte.
Demi reliure, dos à 5 nerfs, pièces de titre et fleurons dorés. Reliure frottée avec petits manques, Très bon état intérieur.

80 € + port

05525_4BREHM A.-E.,SAUVAGE H.-E.

Merveilles de la Nature : Les Reptiles et les batraciens

Paris, Baillière, sans date [1889, date BNF]. Un volume 29 x 20 cms.[II]-726 pages. 524 figures in texte. 20 planches hors texte.
Demi reliure, dos à 5 nerfs, pièces de titre et fleurons dorés. Reliure frottée avec petits manques, intérieur en très bon état.

50 € + port

Un homme des Lumières resté dans l’ombre

François-Vincent Toussaint - collection priveFrançois-Vincent Toussaint (1715-1772) est peu connu. Il fut pourtant la cause d’un des premiers scandales de librairie de l’époque des Lumières.

Et pourtant, il ne recherchait pas la notoriété : « Mon air modeste et sans prétention m’a toujours nui auprès des sots », avoua-t-il.

Fils d’un savetier qui l’éleva avec une grande sollicitude, il est formé chez les jansénistes, apprend l’anglais, l’allemand, et se fait recevoir avocat. Il ne pourra cependant pas plaider, à cause d’une faiblesse à la poitrine.

Travaillant pour des libraires, il s’associe avec le jeune Diderot pour traduire de l’anglais un Dictionnaire de médecine, puis rédige les articles de jurisprudence des premiers volumes de l’Encyclopédie.

Entré dans le journalisme en 1764, il prend la succession de Grimm au Journal des Étrangers, puis collabore ou dirige de nombreux périodiques.

Il s’installe à Bruxelles vers 1760, et occupe la chaire de rhétorique et logique à l’Académie de Berlin à partir de 1764. Mais il ne tarde pas, comme Voltaire douze ans plus tôt, à se brouiller avec Frédéric II, qui supportait mal son esprit de contradiction

Rentré en France, il meurt dans le dénuement, n’ayant jamais su négocier correctement ses œuvres ou ses articles.

Les Mœurs.

05603_1En 1748, Toussaint fait paraître à Amsterdam, sous le pseudonyme de Panage, Les Mœurs, un des premiers essais consacrés à la Raison et à la Religion naturelle. Il précède l’Encyclopédie (qui commence à paraître en 1751), l’Essai sur les mœurs de Voltaire (de 1756) et De l’esprit d’Helvetius (paru en 1758).

Le scandale est immédiat : l’ouvrage est interdit, ce qui le rend très populaire et amène de nombreuses rééditions clandestines. La Cour du Parlement de Paris le juge « contraire aux bonnes mœurs, scandaleux, impie et blasphématoire », car « le but qu’on s’y propose est d’établir la Religion naturelle sur les ruines de tout culte extérieur et d’affranchir l’homme des lois divines et humaines, pour les soumettre uniquement à ses propres lumières. »

Ce n’était pas trop mal résumé.

Dans un Discours préliminaire, Toussaint explique sa démarche, et pose quelques définitions :

  • « J’ai l’esprit un peu tourné à la Philosophie morale, et je me suis mis à moraliser par chapitres. […] Par amour propre, et par amour de la vertu. Enflammé pour elle d’un zèle apostolique, je voudrais rendre tous mes lecteurs vertueux. Je sais bien que je n’y réussirai pas. »
  • « Ce sont les Mœurs qui sont l’objet de ce livre : la Religion n’y entre qu’en tant qu’elle concourt à donner des mœurs ; or comme la religion naturelle suffit pour cet effet, je ne vais pas plus avant. Je veux qu’un Mahométan puisse me lire aussi bien qu’un Chrétien ; j’écris pour les quatre parties du monde. »
  • « La science des mœurs est une science de sentiment, et non d’esprit. Il vaut mieux toucher que convaincre. »
  • « Qu’est-ce que la vertu ? C’est la fidélité constante à remplir les obligations que la raison nous dicte. Et qu’est-ce que la raison elle-même ? C’est une portion de la Sagesse divine dont le Créateur a orné nos âmes pour nous éclairer sur nos devoirs.  Le vertu est immuable dans son essence. »
  • « La Loi naturelle est la Loi aînée, devant qui toutes les Religions doivent plier comme ses cadettes. […] On a trouvé en naissant, les faux dogmes, les lois d’État ; elles sont munies du sceau respectable de la Religion ou de l’autorité souveraine : le moyen de soupçonner que ce qu’elles ordonnent soit un crime, ou ce qu’elles défendent une vertu ? »

Il annonce aussi son plan : « Aimer Dieu, vous aimer vous-même, aimer vos semblables, voilà toutes vos obligations. Du premier de ces amours nait la piété ; du second, la sagesse ; le troisième engendre toutes les vertus sociales. « 

La Piété et le culte

05603bComme beaucoup de philosophes des Lumières, Toussaint n’est pas un athée. Il pose d’emblée l’idée de Dieu : « Qu’il existe un Dieu, c’est, je crois, une vérité que de longs raisonnements ne feraient qu’obscurcir. »

Même si ce point de départ n’obéit pas totalement à l’approche qu’il proposait à la page précédente : « Un Philosophe est un homme qui examine avant que de croire, et réfléchit avant que d’agir. »

Il n’« examine» pas réellement la question : a-t-il peur du résultat d’un tel examen ? ou est-ce là l’ultime tabou de l’époque ? (que partageait Voltaire, mais pas Helvétius)

Après avoir critiqué les excès de dévotion et le parasitisme du clergé régulier, il pose la distinction fondamentale entre culte intérieur, et culte extérieur : « Le culte intérieur est le seul qui honore Dieu. […] Le culte extérieur prit les symboles pour la religion même ; ce qui avait été imaginé pour exciter ou affermir la piété, servit à l’affaiblir et à l’éteindre. »

Pour lui, seul le culte intérieur exprime la Religion naturelle – que d’ailleurs il ne définit pas précisément. Culte intérieur qu’il considère comme universel : « On regarderait chez les Chrétiens comme un blasphème, de supposer qu’un Turc pût aimer Dieu. »

La Sagesse

05603cDans sa deuxième partie, Toussaint réhabilite une certaine forme d’amour-propre : « Si par amour-propre on entend cette forte affection que la pure nature nous inspire pour nous-même, je le soutiens innocent, légitime et même indispensable. »

Il en tire quelques conclusions : « Il n’est pas vrai qu’on aime Dieu quand on se hait. Soumettez la chair à l’esprit, mais ne l’anéantissez pas.»

Et une définition de la sagesse : « Le corps doit obéir à l’âme, l’âme doit obéir à Dieu. Le bonheur de ces deux substances dépend de cette subordination. C’est donc à la maintenir que consiste la sagesse : car la sagesse n’est autre chose qu’un juste choix des moyens propres à nous rendre heureux. »

Puis il passe en revue les quatre qualités pour être sage : prudence (« La prudence permet de ne donner aux dogmes qu’un degré d’adhésion proportionnel à leur degré de certitude. »), force, justice, tempérance. Et se livre à un examen commenté des passions, en distinguant celles « qui pêchent par leur objet, de celles qui ne sont vicieuses que par leur excès. »

Les vertus sociales

05603dAprès Dieu, après l’Homme, la Société. Fidèle à l’esprit de classification qui imprégna le XVIIIe siècle, Toussaint pose d’abord la distinction entre amour (conjugal, paternel, filial), amitié et humanité.

Pour lui, « la jouissance est la pierre de touche de l’amour : le véritable y puise de nouveaux feux, mais le frivole s’y éteint. »

L’amitié, elle, « est une affection désintéressée, fondée uniquement sur l’estime. »

Et l’humanité est « l’intérêt que les hommes prennent au sort de leurs semblables en général par la seule raison que ce sont des hommes comme eux, et sans leur être unis par les liens du sang, de l’amour ou de l’amitié. »

Il finit son ouvrage assez abruptement. Nous ferons comme lui.

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05603_2TOUSSAINT François-Vincent

Les Mœurs, nouvelle édition

Amsterdam, Aux dépens de la Compagnie, 1787.

Un volume 17 x 10 cms. XL-416 pages. Pleine reliure du temps. Dos à 5 nerfs, caissons ornés, pièce de titre. Reliure très frottée avec manques. Intérieur très frais.

80 € + port

Stéréotomie

Tailleur de pierre - Bibliotheque Municipale AmiensLa stéréotomie (du grec « solide » et « coupe« ) est l’art de tracer les formes à donner aux pierres en vue de leur assemblage.

C’est la science du tracé en taille de pierre.

Le premier traité sur ce sujet n’est publié par Philibert de l’Orme qu’en 1567. En effet, pendant des siècles, le corporatisme des tailleurs de pierre leur a permis de préserver leurs secrets de fabrication.

La théorie géométrique sous-jacente des dessins des bâtisseurs est donc restée informulée très longtemps.

C’est Gaspard Monge [1746-1818] qui la systématisa sous le nom de géométrie descriptive.
« Cet art a deux objets principaux : Le premier est de représenter avec exactitude, sur des dessins qui n’ont que deux dimensions, les objets qui en ont trois, et qui sont susceptibles de définition rigoureuse.
Le second est de déduire de la description exacte des corps tout ce qui suit nécessairement de leurs formes et de leurs positions respectives. Dans ce sens, c’est un moyen de rechercher la vérité. »

C’est aussi une technique, pouvant devenir extrêmement complexe, et aboutir à des merveilles de réalisation, où la virtuosité s’efface derrière l’esthétique.

À ce stade, ce n’est plus de la géométrie, mais de l’Art.

13515a

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TACHON E.

Traité pratique de la coupe des pierres, ou manière de tracer les épures, couper les panneaux et faire la taille des pierres destinées à la construction des bâtiments. 2/2

Paris, Librairie de la Construction Moderne, sans date (1914, date BNF).

Deux volumes 32 x 25,5 cms.
Le volume I contient 74 pages de texte (couverture détachée). Le volume II comprend 504 figures en 112 planches cartonnées dans une chemise à lacets.

Très légères petites salissures sans gravité sur quelques planches, sinon très bon état.

200 €

Le Comte-Pacha de Bonneval : un aimable mauvais sujet.

Bonneval - Bibliotheque Numerique du LimousinClaude-Alexandre de Bonneval [1675-174] est un homme curieux.

Né dans une grande famille du Limousin, il quitte la Marine à la suite d’un duel, s’achète un régiment, se couvre de gloire (et d’argent) pendant les guerres d’Italie, mais insulte Madame de Maintenon et le ministre Chamillart, ce qui le force à se réfugier en Autriche.
Il y commence une deuxième carrière militaire, contre la France cette fois-ci. Marié pendant 10 jours, il insulte (encore !) le prince Eugène et doit se réfugier en Turquie où, devenu musulman, il tente, sous le nom de Kumbaraci Ahmet, et avec le titre de Pacha, de vains efforts pour introduire dans l’artillerie ottomane la tactique et la discipline européennes

Il était fort célèbre à son époque. Il rencontra Montesquieu à Venise et reçut en Turquie la visite de Casanova.
Saint-Simon le décrivit dans sa jeunesse : « C’était un cadet de fort bonne maison, avec beaucoup de talents pour la guerre, et beaucoup d’esprit fort orné de lecture, bien disant, éloquent, avec du tour et de la grâce, fort gueux, fort dépensier, fort mécréant, extrêmement débauché et fort pillard. »
Et Voltaire y alla aussi de son commentaire : « Tout ce qui m’étonne, c’est qu’ayant été exilé dans l’Asie Mineure, il n’alla pas servir le Sophi de Perse ; il aurait pu avoir le plaisir d’aller à la Chine, en se brouillant successivement avec tous les ministres ; sa tête me paraît avoir eu plus besoin de cervelle que d’un turban. »

Un siècle plus tard, Sainte-Beuve résumera : « Toujours il débutera vivement, brillamment, mêlant l’esprit à l’audace, la répartie à la bravoure ; il se montrera capable, des plus prompts à l’occasion, plein de promesses qu’il ne tient qu’à lui de réaliser. Puis, tout à coup, à un certain moment, une affaire d’honneur, de vrai ou de faux point d’honneur, l’arrêtera court, le fera sortir de la route tracée et le lancera dans une sphère d’action différente : il a en lui comme une force excentrique secrète qui le déjoue, un prétendu honneur personnel dont il se fait juge, et qui n’est que la vanité exaltée. […] Il ne lui a manqué qu’un grain de moins dans la tête pour être un personnage historique et non romanesque. »

Bonneval aurait laissé des Mémoires.

Il démentit en être l’auteur, bien entendu : « Ce sont de pauvres gens, que ces prétendus historiens, qui sans doute payent leurs hôtes et s’habillent à mes dépens. Ces écrits faits à la hâte, et où je n’ai aucune part, même dans les aventures qu’ils m’attribuent, sont des ouvrages éphémères que je ne puis empêcher, mais que je désavoue formellement, comme vous pouvez en assurer tout le monde. »

Disait-il vrai, ou était-ce un écran de fumée, comme souvent à l’époque ?

En tout cas, les chasseurs d’ouvrages anonymes ou apocryphes, comme Barbier, ne lui en reconnaissent pas la paternité. La BNF, elle, hésite, puisque les notices consacrées à ces Mémoires les attribuent tantôt  à Bonneval, à Lambert de Saumery, ou à Jean-Baptiste de Boyer d’Argens…

C’est en tout cas aussi un plaidoyer pro domo, qui fait dire à un personnage secondaire : « Il y a plus de dix-sept ans que je connais le Comte de Bonneval, j’ai étudié son caractère et je crois pouvoir dire qu’aucun trait ne m’a échappé. Il aime par dessus tout l’honneur et la gloire, le mépris est pour lui quelque chose d’intolérable. Il n’est rien qu’il ne fasse et ne tente pour s’en venger et pour en faire repentir. Ce sont là les motifs qui lui ont fait abandonner sa patrie et porter les armes contre son Roi. »

Notre volume des Nouveaux Mémoires du comte de Bonneval, contenant ce qui lui est arrivé de plus remarquable durant son séjour en Turquie, doit en tout cas se lire plus comme un ouvrage (un roman ?) d’aventures que comme une relation historique, avec toutefois une pointe d’art militaire.

costumes turcs - image GallicaIl commence au moment où Bonneval part se réfugier en Turquie. Il embarque à Venise, met en déroute un pirate maltais, passe six semaines à Chio, qu’il apprécie : « Les femmes y sont belles et bien faites, presque toutes sont coiffées en cheveux, leur taille n’est point enfoncée dans un amas d’habits comme ailleurs, un simple corset, une jupe légère et assez courte est tout leur habillement, et un mouchoir de gaze d’une mousseline fort déliée couvre leur gorge sans presque la cacher. »

Arrivé à Constantinople ( « La ville n’a rien de remarquable que sa grandeur et sa situation, il n’y a que les jardins qui soient de bon goût, on ne voit de beaux édifices que ceux qui les Grecs y ont autrefois bâti »), il se prépare à sa conversion à l’Islam en compagnie de l’assistant du Grand Muphti, qu’il titille un peu sur l’alcool (dont la prohibition le dérange) et la polygamie (qui le gêne moins).

Nommé Pacha à trois queues, il recommande d’augmenter la discipline des troupes, mais se trouve en butte à la jalousie des autres Pachas, car il semble écouté par le Sultan. Éloigné de la Cour (« Il n’est point de Cour au monde où il y ait plus d’intrigues. ») , il est nommé Gouverneur aux confins de la Petite Tartarie : « En mon particulier je mangeais à la Française, en public je vivais à la manière turque. ». Il y reste deux ans, pendant que se déroule à Constantinople la révolte des janissaires.
Rappelé à Constantinople, il rédige des Mémoires sur l’armée : « Il est inconcevable combien cette nation qui a presque toujours les armes à la main, est peu aguerrie et combien elle ignore l’art de la guerre ». Ses propositions sont enterrées, les Pachas craignant, d’après lui, que Bonneval ne soit chargé de les mettre en pratique.
Il se fait alors donner un château près de Constantinople, à « passé soixante ans», et y monte son petit harem, pour tenir son rang : une turque, deux perses, et une marseillaise, une anglaise et une allemande, qu’il avait connues auparavant, et qui racontent, dans la deuxième partie du volume, leurs aventures.
Il prend aussi un derviche pour bien montrer qu’il est bon musulman, mais doit bientôt le chasser car il s’intéresse plus que de raison à une des esclaves du château.

Revenu finalement en grâce, Bonneval est nommé officier dans une guerre contre les Perses, qu’il obtient enfin de mener à sa façon, et gagne.

Le volume s’achève par des Mémoires adressés au Sultan pour préparer une guerre imminente contre l’Empire d’Allemagne.

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02794_1BONNEVAL Claude-Alexandre, comte de [Kumbaraci Ahmet Pasa]

Nouveaux Mémoires du comte de Bonneval, contenant ce qui lui est arrivé de plus remarquable durant son séjour en Turquie

Londres, Aux dépens de la Compagnie, 1737. Un volume 15 x 10 cms. 269 pages.
Pleine reliure du temps, dos à 5 nerfs muet. Tranches rouges.
Reliure frottée, dernière page déchirée sans atteinte au texte, papier parfois un peu fripé. Bon état global.

125 €

L’Empire Mongol

De 1206 à 1307, les Mongols conquirent le monde. Partis des steppes de Karakoroum (à 300 kilomètres à l’ouest de l’actuelle Oulan-Bator), les armées de Gengis-Khan et des ses successeurs créèrent un empire s’étendant de la Chine à la Hongrie.

Ils auraient pu aller encore plus loin, et la face du monde en aurait été changée, sans deux événements similaires et fortuits : en 1241, l’armée mongole allait marcher sur Vienne quand lui parvint la nouvelle de la mort du Khan Ögöday. Candidat à sa succession, le général Batu fit demi-tour. Même coïncidence en 1259 quand, après avoir mis à sac Bagdad, le général Hülagu décommanda l’attaque contre l’Égypte à la nouvelle de la mort du Khan Möngkä. Commença alors le règne de Kubilay Khan, et ce que l’on a appelé la « paix mongole ».

C’était le premier empire « mondialisé » de l’histoire. Pour la première fois, la Chine, l’Iran et l’Occident entraient en contact. « On trouvait des colonies de marchands italiens à Tabriz et Pékin, des jonques chinoises dans les ports du golfe Persique, des marchands de Novgorod à Alexandrie et à Chiraz, et des Arméniens dans toutes les villes caravanières du Danube au Pacifique. L’influence artistique chinoise se faisait sentir en Iran et en Anatolie, tandis que les produits byzantins et francs parvenaient jusqu’à la Chine. Marco Polo, jeune patricien de Venise, put devenir vice-gouverneur d’une province chinoise. » (Chantal Lemercier-Quelquejay).

L'empire mongol - extrait de l'Atlas Historique - Stock

La paix, mais à quel prix !  Gengis-Khan était animé d’une idée messianique simple : il ne peut y avoir au monde qu’un empereur, comme il n’y a qu’un seul soleil. La conquête du monde était ainsi une obligation pour lui, afin d’y établir une paix universelle. Tous les peuples étaient considérés comme des sujets du Grand Khan. Il répondit ainsi aux envoyés du Pape et du roi de France qu’il les attendait dans sa capitale pour qu’ils lui fassent allégeance.

Et tous ceux qui refusaient sa suprématie étaient impitoyablement traités comme des rebelles. D’où les massacres répétés qui accompagnèrent l’expansion mongole, partout où fut rencontrée de la résistance.

Entraînés, aguerris, maîtres autant en tactique qu’en stratégie, ainsi qu’en renseignement et en coordination (trois corps d’armée surgissant au même moment de trois directions différentes après avoir parcouru des centaines de kilomètres), les Mongols passèrent peu à peu d’une structure clanique nomade à une structure d’empire classique, appuyée sur une administration à la poigne de fer, mais que tous ont reconnue comme honnête.

Impitoyables pendant la conquête, les Mongols se montrent ensuite d’une totale neutralité religieuse, toutes les croyances étant respectées, aucune n’étant favorisée. C’était l’un des fondements de la Yasa, la loi écrite de Gengis-Khan, vaste code englobant le droit public, le droit pénal et le droit commercial.

Ce corpus juridique commun n’empêcha pas les gouverneurs des pays conquis d’assimiler les cultures locales. Kubilay Khan, par exemple, transféra sa capitale à Pékin, et fonda la dynastie chinoise des Yuan. Peu à peu l’empire se morcela en blocs plus ou moins hétérogènes, plus faibles que leurs ennemis. Ils finirent par s’écrouler un à un.

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Nous proposons de nombreux ouvrages en français, anglais et allemand sur l’empire mongol (liste sur demande), parmi lesquels :

02852_1SPULER B.

Les Mongols dans l’histoire

Paris, Payot, 1961. Un volume broché 22,5 x 14 cms. 198 pages. Couverture un peu salie au bord, sinon bon état.

10  € + port

GREKOV B., IAKOUBOVSKI A.

02846_1La Horde d’Or et la Russie, La domination tatare aux XIIIe et XIVe siècles de la Mer Jaune à la Mer Noire

Paris, Payot, 1961. Un volume broché 22,5 x 13,5 cms. 251 pages. Dos un peu insolé, sinon bon état.

20 € + port

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02839_1

SECEN Sagang

Geschichte der Mongolen und ihres Fürstenhauses

Zürich, Manesse Verlag, 1985. Hardcover. 17 x 10,5 cms. 701 pages. Wie neu.

15 € + port

02824_1KWANTEN Luc

Imperial Nomads, A History of Central Asia, 500-1500

Leicester University Press, 1979. Hardcover. 26 x 18 cms. XV-352 pages. Jacket a little bit rubbed. Book in excellent state.

25  € + port

02850_1RIASANOVSKY Valentin A.

Fundamental Principles of Mongol Law

Bloomington, Indiana University, 1965. Paperback. 22,5 x 15 cms. XIII-343 pages. Rubbed back, otherwise very good.

150 € + port

02797_1David M. FARQUHAR

The Government of China under Mongolian Rule, a reference guide

Münchener Ostasiatische Studien, Band 53. Stuttgart, Franz Steiner Verlag, 1990. Hardcover. 24 x 18 cms. XVIII-594 pages. As new.

60 € + port