Comme Rousseau, Diderot ou Casanova, jouez au trictrac et aux échecs

05575aLe trictrac est un jeu de société dont l’origine est obscure.

Il se joue à deux avec un cornet, deux dés, quinze dames par joueur, sur un tablier divisé en deux parties, portant deux fois six flèches chacune.

Il fut très pratiqué aux XVIIe et XVIIe siècles, en particulier dans la haute société :
« L’excellence, la beauté et la sincérité qui se rencontrent dans ce Jeu, font que le beau monde, qui a de la politesse, s’y applique avec beaucoup de soin et en fait son jeu favori », affirme l’auteur anonyme de l’Académie universelle des jeux.

Le trictrac repose principalement sur la stratégie du joueur, beaucoup plus que sur le hasard. La partie peut se prolonger : sous le règne de Louis XVI, l’une d’elle opposa le comte de Genlis au baron de Vioménil : au bout de trois jours et trois nuits, elle s’acheva par la défaite du premier, allégé de 100 000 écus.

Tout est dans la concentration et l’anticipation : « L’on voudrait avoir pu donner les Règles certaines pour ne jamais perdre ; mais il n’y en a aucune, sinon la conduite et la prudence, surtout au Trictrac, au Revertier et au Toute-Table, où l’on perd souvent par sa faute. »

Car il y a des variantes, d’une difficulté décroissante :

  • Le Revertier : « L’on trouve dans ce jeu des agréments qui ne se rencontrent point au Trictrac, car quand on a pu une fois avancer son jeu, et avoir l’avantage sur son homme, l’on est assuré de gagner la partie, à moins qu’il n’arrivât des coups tout à fait extraordinaire, au lieu qu’au Trictrac l’on est toujours dans l’incertitude. »
  • Le Toute-Table : « Ce jeu n’a pas tant de beauté que le Revertier, cependant plusieurs le préfèrent au Trictrac, parce qu’il est moins embarrassant et qu’il ne faut pas continuellement avoir l’esprit bandé à marquer des Points ou des Trous. »
  • Le Tourne-Case : « Ce jeu consiste dans le seul hasard du Dé, la conduite et le bien joué n’y ont aucune part. »
  • Les Dames Rabattues : « Ce jeu est de tous les jeux de tables un des plus faciles à apprendre, et l’on peut dire que le hasard seul y décide. »
  • Le Plain : « Ce jeu demande quelque conduite, mais le hasard y a plus de part que le bien joué, puisque celui qui fait les plus grands nombres gagne infailliblement la partie. »

05575_2Notre volume détaille les règles de chacun de ces jeux, et se continue par un Traité d’Échecs et un Traité de Whisk.

Alors, faites comme Rousseau, qui étudie les échecs et joue contre le prince de Conti dans une partie restée célèbre.

Ou comme Diderot, qui lui aussi affectionne les échecs qu’il pratique au Café de la Régence. Il s’adonne fréquemment au trictrac, où il risque de faibles mises.

Casanova, quant à lui, joue également beaucoup à ces deux jeux.

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05575_3Académie universelle des jeux, contenant les règles de tous les jeux, avec des instructions faciles pour apprendre à les bien jouer, augmentée du jeu de Whisk. Première Partie : Le Jeu du Trictrac, enrichi de figures, avec les jeux du Revertier, du Toute-Table, du Tournecase, des Dames Rabatues, du Plain et du Toc – Le Jeu des Echecs, avec toutes les différentes manières de le jouer – Traité du jeu du Whisk

Paris, Veuve Savoye (Trictrac) Théodore Le Gras (Échecs), 1765.

Un volume 17 x 10 cms. 370-96 pages. Pleine reliure du temps. Dos à 5 nerfs, caissons ornés, pièces de titre et de tomaison. Tranches rouges. Traces d’ex-libris en page de garde. Bon état.

120 €

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