La Machine à vapeur

Au milieu de l’usine où flambe une rougeur,
S’arrondit le flanc noir du cylindre de fonte
Où suinte, humide et chaud, un brouillard de vapeur ;
Un barreau de métal roide et dentelé, monte
Lentement au plafond avec un grincement,
Puis s’arrête, très brusque, accrochant quelque chose,
Et redescend dans l’ombre automatiquement ;
Le grand piston que, goutte à goutte, l’huile arrose,
Comme un bras gigantesque, actif et pétrissant
Du fer, dans un effort se ramasse et se lance
Avec un mouvement régulier et puissant,
Et glisse, énorme et doux, se mouvant en silence ;
La chaudière à grand bruit respire en haletant ;
Un long tuyau de cuivre, épais et tordu, semble
Un muscle vigoureux qui se gonfle et se tend,
Et le plancher, sous un roulis, vacille et tremble.
Les engrenages font un entrecroisement
De crochets monstrueux, une informe lignée
D’insectes de métal grouillant confusément
On croit voir remuer une énorme araignée.
Embrouillant les contours de ses orbes obscurs,
Un volant qui décrit des courbes méthodiques,
Et projette son ombre, oscillant sur les murs
Qu’empourprent largement des lueurs fantastiques,
Découpe en silhouette un spectre lumineux
Une roue aux rayons de lumière, qui bouge
Comme un serpent de feu qui déroule ses nœuds,
Sur le fond ténébreux, immense et toute rouge.

Vous ne trouverez pas ce poème  d’Henry Fèvre [1864-1937] et Louis Desprez [1861-1885], digne de La Bête humaine, dans l’ouvrage que nous vous présentons aujourd’hui.

Mais des schémas, des diagrammes, et des gravures.

C’est un ouvrage  technique, et surtout pédagogique, une mise à jour, par Max de Nansouty, du travail rédigé par le célèbre et talentueux vulgarisateur Louis Figuier.

Tout, texte et illustration, est d’une précision incroyable. Le moindre schéma fait l’objet d’un commentaire détaillé, mais néanmoins compréhensible au commun des mortels.

Il est ainsi possible de retrouver un peu du charme de cette invention majeure aujourd’hui dépassée, mais qui illumina tout le XIXe siècle, ainsi qu’une bonne moitié du XXe.

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FIGUIER Louis, DE NANSOUTY Max

Chaudières et Machines à vapeur, nouvelle édition revue, corrigée et mise à jour par Max de Nansouty, Préface d’Alfred Picard

Paris, Ancienne Librairie Furne, Boivin et Cie, Éditeurs, sans date [1909-1910, date BNF].
Un volume 30 x 20 cms. 728 pages. Texte sur deux colonnes, 823 illustrations et schémas.
Percaline éditeur, plat aux armes de la Ville de Paris. Petit accroc à la coiffe. Très bon état intérieur.

55 € + port

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Sur le même sujet :

BRETON J.-L.

Encyclopédie illustrée des grandes inventions modernes. Tome III, Mécanique : Vapeur – Moteurs – Machines-outils – Électricité – Téléphonie.

Paris, Union Latine d’Éditions, sans date (circa 1930).
Un volume 29 x 21 cms. 753 pages. Ilustrations in et hors texte.
Cartonnage éditeur illustré. Reliure frottée, mors fendu mais néanmoins solide. Intérieur très frais malgré quelques rares rousseurs. Une déchirure sur une planche dépliante.

45 € + port

Cette entrée a été publiée dans Science.

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