La Galerie comique du dix-neuvième siècle

Le mot caricature vient du latin caricare, charger (au propre et au figuré)

Diderot le définissait ainsi dans l’Encyclopédie : « C’est la représentation dans laquelle la vérité et la ressemblance exacte ne sont altérées que par l’excès du ridicule. L’art consiste à démêler le vice réel ou d’opinion qui était déjà dans quelque partie, et à le porter par l’expression jusqu’à ce point d’éxagération où l’on reconnaît encore la chose, et au-delà duquel on ne la reconnaîtrait plus ; alors, la charge est la plus forte qu’il soit possible. »

Baudelaire, dans ses Curiosités esthétiques, précisait : « Dans la caricature, bien plus que dans les autres branches de l’art, il existe deux sortes d’œuvres précieuses et recommandables à des titres différents et presque contraires. Celles-ci ne valent que par le fait qu’elles représentent. Elles ont droit sans doute à l’attention de l’historien, de l’archéologue et même du philosophe ; elles doivent prendre leur rang dans les archives nationales, dans les registres biographiques de la pensée humaine. Comme les feuilles volantes du journalisme, elles disparaissent emportées par le souffle incessant qui en amène de nouvelles ; mais les autres, et ce sont celles dont je veux spécialement m’occuper, contiennent un élément mystérieux, durable, éternel, qui les recommande à l’attention des artistes. Chose curieuse et vraiment digne d’attention que l’introduction de cet élément insaisissable du beau jusque dans les œuvres destinées à représenter à l’homme sa propre laideur morale et physique! Et, chose non moins mystérieuse, ce spectacle lamentable excite en lui une hilarité immortelle et incorrigible. »

Même si Nodier trouvait la caricature haïssable, « parce qu’elle est presque toujours âpre, poignante, effrénée », le XIXe siècle fut un de ses grands moments : de 1830 à 1887, pas moins de 265 journaux en publièrent.

Certaines ont un peu vieilli, mais la plupart vérifient cette autre remarque de Baudelaire : « Souvent même les caricatures, comme les gravures de modes, deviennent plus caricaturales à mesure qu’elles sont plus démodées. »

La Galerie comique du XIXe siècle rassemble la quasi-totalité des grands auteurs de l’époque, même s’il en manque quelques-uns (Grandville, Doré, Bertall et Cham).

Caran d’Ache, qui voulait créer le « roman dessiné »

caran_dache

Ferdinand Bac, l’ami de toutes les célébrités intellectuelles de la fin du XIXe siècle (Hugo, Verlaine, Proust, Maupassant)

Ferdinand Bach - Sarah Bernhardt

Crafty, spécialisé dans les livres sur les chevaux et la chasse

Crafty

Fernand Fau, illustrateur de Lemonnier et Courteline

Fau

Jean-Louis Forain, également peintre de sujets liés à l’opéra, le complice de Caran d’Ache dans l’antidreyfusisme

Forain

Henry Gerbault, toujours un peu grivois, mais sans jamais aller trop loin

Gerbault

Godefroy, dont on ne sait pas grand chose

Godefroy

Henriot (connu aussi le pseudonyme de Pif), dircteur du Charivari, collaborateur de l’Almanach Vermot, poète et auteur dessins sur des thèmes musicaux

Henriot

Job, célèbre illustrateur de livres d’enfants

Job

Paul Léonnec (à ne pas confondre avec son fils Georges Léonnec), officier de marine

Leonnec

Mars, qui a abandonné la direction de la filature familiale pour suivre sa vocation, et qui se spécialise dans les croquis d’événements mondains, qu’il vendait même aux anglais

Mars

Robida, le fondateur du journal La Caricature, le grand illustrateur aux 60 000 dessins

Robida

Steinlen, le dessinateur des humbles et des chats

Steinlen

Stop, juriste, compositeur, voyageur

Stop

Draner, le caricaturiste des militaires, qui dessinait aussi des costumes de théâtre

Draner 2

Victor Adam, également grand lithographe

Victor Adam

Louis-Léopold Boilly, qui unifie toutes les classes sociales par la grimace

Boilly

Gavarni, qui fascinait les frères Goncourt par ses dessins de Carnaval

Gavarni

Et André Gill, le roi du portrait-charge

Andre Gill

_ _ _ _ _ _ _

21137_4La Galerie comique du dix-neuvième siècle. Complet en 10 livraisons.

Paris, Strauss, sans date [1896, date BNF].

10 livraisons de 16 pages sous chemises papier, format à l’italienne 27 x 35 cms, le tout sous couverture cartonnée. Complet de ses 10 livraisons.

Un petit trou à la couverture cartonnée ayant amené une toute petite déchirure aux premières feuilles de la première livraison, sinon très bon état.

N° 1 : Caran d’Ache, Ferdinand Bac – N° 2 : Crafty, Draner, F. Fau – N° 3 : J.L. Forain, H. Gerbault – N° 4 : Godefroy, A. Guillaume – N° 5 : Heidbrinck, Henriot, Job, P. Léonnec, Mars – N° 6 : Le Mouël, L. Morin, H. Pile, A. Robida, Steinlein, Stop, Willette, Vogel – N° 7 : Caran d’Ache, Draner – N° 8 : Charly, B. Gautier, Josias, P. Léonnec, Thélem – N° 9 : Victor Adam, L. Boilly, E. de Beaumont, H. Daumier – N° 10 : Gavarni, A. Gill, Grévin, Léonce Petit.

250 €

21137_1

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s