La culture romaine est-elle soluble dans le christianisme ?

Constantin - Fitzwilliam MuseumEn 312, l’empereur Constantin Ier se convertit au christianisme
En 410, Alaric met Rome à sac
En 476, Romulus Augustule, le dernier empereur, abdique.

 « À la fin de l’empire romain, le paganisme est mort ou va mourir.
Le grand événement du IVe siècle est la victoire définitive du christianisme. Elle posait un problème redoutable : qu’allait-il arriver de cette vieille civilisation sur laquelle l’ancien culte avait mis son empreinte ? »

C’est la question qu’essaie de résoudre Gaston Boissier [1823-1908], spécialiste du monde romain dans tous ses aspects (histoire, littérature, religion, épigraphie, philologie) dans son ouvrage La Fin du paganisme, étude sur les dernières luttes religieuses en Orient au quatrième siècle.

Il ne s’agit pas d’un livre de plus sur les causes de la chute de l’empire romain. Il s’agit d’une étude pour comprendre dans quelle mesure et par quelles influences, le christianisme, devenu dominant, s’est enrichi de la culture gréco-romaine, et ainsi, après la chute de l’empire, a pu la transmettre jusqu’à nous.

Il ne s’agit pas d’un livre d’histoire, mais de critique littéraire : « J’ai surtout cherché à monter de quelle manière le christianisme s’accommoda de l’art et des idées antiques, et comment s’est opérée chez lui, au IVe siècle, la fusion des éléments anciens et nouveaux.
Pour résoudre cette question délicate, j’ai dû beaucoup me servir des œuvres des orateurs et des poètes du temps. La littérature se trouve ainsi nous donner des leçons d’histoire. Voilà comment une étude, historique à son origine est devenue souvent une œuvre de critique littéraire. »

Mosaïque à TabghaAbordant l’attitude des empereurs romains face à la nouvelle religion, les relations entre christianisme et éducation romaine, les conséquences de l’éducation païenne pour les auteurs chrétiens, la poésie latine chrétienne, la société et la littérature païennes, il démontre la profonde imprégnation de la nouvelle religion par la culture qu’elle venait, semble-t-il, de mettre bas :

« La culture gréco-romaine avait trop profondément pénétré les nations occidentales pour être déracinée sans peine même par une religion triomphante. L’Église, même toute-puissante, n’a fait aucune tentative pour créer une éducation nouvelle qui fût entièrement conforme à ses doctrines. Elle eut sans doute le sentiment qu’elle n’y réussirait pas ; mais en se résignant à conserver l’ancienne éducation, elle consentait à partager avec l’esprit ancien l’empire des âmes.
L’invasion a surpris la littérature du IVe siècle quand elle était dans tout son éclat. Au moment où les barbares se sont jetés sur l’empire, saint Jérôme et saint Augustin, Claudien et Symnaque, Prudence et Paulin de Nole vivaient encore.
Quand nous cherchons à savoir de quels éléments essentiels notre civilisation se compose, nous trouvons comme base et fondement, deux legs du passé, sans lesquels le présent serait pour nous inexplicable, les lettres anciennes et le christianisme. »

_ _ _ _ _ _ _

06292BOISSIER Gaston

La Fin du paganisme, étude sur les dernières luttes religieuses en Orient au quatrième siècle. 2/2. Édition originale

Paris, Hachette, 1891.
Deux volumes 22 x 14 cms. 462 + 516 pages.
Demi reliure. Dos à 4 petits nerfs soulignés en doré, pièces de titre et de tomaison.
Quelques rousseurs très claires et très éparses, le plus souvent en marge, sans aucun impact sur la lecture. Tampon d’un propriétaire précédent en pages de garde et de titre. Très bon état global.

150 €

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s