La Fontaine illustré par Grandville

On ne présente par La Fontaine.

Faut-il présenter le caricaturiste Grandville ?

Spécialiste des créatures mi-hommes mi-animales, qui pouvait mieux que lui illustrer le fabuliste ? 

La cigale et la fourmi

La cigale ayant chanté
Tout l’été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue :
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau.
Elle alla crier famine
Chez la fourmi sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu’à la saison nouvelle :
Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l’août, foi d’animal,
Intérêt et principal.
La fourmi n’est pas prêteuse ;
C’est là son moindre défaut :
Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
– Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous en déplaise.
– Vous chantiez, j’en suis fort aise.
Eh bien ! dansez maintenant.

le chêne et le roseau

Le Chêne un jour dit au roseau :
Vous avez bien sujet d’accuser la Nature ;
Un Roitelet  pour vous est un pesant fardeau.
            Le moindre vent qui d’aventure
            Fait rider la face de l’eau,
            Vous oblige à baisser la tête :
Cependant que mon front, au Caucase pareil,
Non content d’arrêter les rayons du soleil,
            Brave l’effort de la tempête.
Tout vous est aquilon ; tout me semble zéphir.
Encor si vous naissiez à l’abri du feuillage
            Dont je couvre le voisinage,
            Vous n’auriez pas tant à souffrir :
            Je vous défendrais de l’orage ;
            Mais vous naissez le plus souvent
Sur les humides bords des Royaumes du vent.
La Nature envers vous me semble bien injuste.
 – Votre compassion, lui répondit l’Arbuste ,
Part d’un bon naturel ; mais quittez ce souci.
     Les vents me sont moins qu’à vous redoutables.
Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu’ici
            Contre leurs coups épouvantables
            Résisté sans courber le dos ;
Mais attendons la fin. Comme il disait ces mots,
Du bout de l’horizon accourt avec furie
            Le plus terrible des enfants
Que le Nord eût porté jusque-là dans ses flancs.
            L’Arbre tient bon ; le Roseau plie.
            Le vent redouble ses efforts,
            Et fait si bien qu’il déracine
Celui de qui la tête au ciel était voisine,
Et dont les pieds touchaient à l’empire des morts.

le lièvre et la tortue

Rien ne sert de courir, il faut partir à point.

le singe et le léopard

Le singe avait raison. Ce n’est pas sur l’habit
Que la diversité me plaît ; c’est dans l’esprit ;
L’un fournit toujours des choses agréables ;
L’autre en moins d’un moment lasse les regardants ;
Oh ! que de grands seigneurs, au léopard semblables,
N’ont que l’habit pour tous talents !

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LA FONTAINE

Fables de La Fontaine, illustrations par Grandville

Paris, Garnier Frères, 1864.
Un volume in-4 de 27 x 19 cms. XXIII-598 pages.

Texte encadré. Demi reliure. Dos à 4 nerfs, caissons soulignés de filets dorés. Tranches dorées.
Dos un peu sali, avec taches en pied. Traces de mouillure claire au bas et à droite des 100 dernières pages sans aucune atteinte au texte. Bon état global.

75 €

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