Minuscule Macbeth

Presque aussi anciens que l’imprimerie, les livres minuscules ont toujours  attiré les artisans désireux de relever un défi technique. Une exposition en a rassemblé près de 400 à Lyon il y a quelques années.

Le premier minuscule imprimé date de 1486 et mesure 7,5 x 5 cms. Il s’agit d’un Officium Beatae Virginis Maria, publié à Naples.

Au XVIe siècle, les livres minuscules ne sont plus seulement des ouvrages religieux, et une course à la miniaturisation s’engage. Amsterdam décroche le record (11 x 9 mm) en 1674, et le garde plus de deux siècles.

Aujourd’hui, ce sont les japonais qui ont fait encore plus fort, avec un Zodiaque chinois mesurant 0,95 x 0,95 mm. Mais un objet qu’on ne peut lire est-il encore un livre ?

Ce Macbeth, lui, est parfaitement lisible…

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Macbeth, format minuscule[Minuscule] SHAKESPEARE

Macbeth, carefully edited and compared with the best texts by J. Talfourd Blair

Glasgow, David Bryce and Son, 1904.

Un volume 5 x 3,5 cms. 314 pages. Une gravure en frontispice. Tranches dorées. Pleine reliure cuir. Titre doré. Motif à froid sur le premier plat. Bon état.

40 €

Vérifier les dates est un Art

abbayeLa congrégation des Bénédictins de Saint Maur fut fondée en 1621 et, à son apogée, compta jusqu’à 190 monastères affiliés. Elle fut dissoute, comme tous les ordres réguliers, sous la Révolution. La papauté s’opposa au rétablissement de l’ordre au début du XIXe siècle

Entre temps, elle s’était acquis une très grande réputation pour la qualité des ses productions historiographiques, tant religieuses que civiles, soutenues par une immense érudition.

Parfois nommés « académiciens de cloître », plus de 200 auteurs rédigèrent environ 700 volumes, en latin et en français, dont une partie est restée à l’état de manuscrit et dort à la Bibliothèque Nationale.

L’entreprise des Mauristes est soutenue par le pouvoir royal, qui octroie des privilèges plus longs et des conditions plus favorables que de coutume aux libraires publiant leurs ouvrages. En outre, les moines interviennent dans le choix du papier, des caractères typographiques, et font inscrire dans leurs contrats la durée d’impression, toutes choses nouvelles à l’époque.

Parmi leurs œuvres majeures :

  • le De re Diplomatica, de Mabillon (« l’homme le plus savant du royaume »), qui pose les fondements scientifiques de la « diplomatique », c’est-à-dire l’étude critique des sources documentaires
  • la Palaeographia graeca, qui érige l’étude des écritures anciennes en discipline scientifique
  • le début d’une Histoire littéraire de la France dont la publication, reprise en 1814, est toujours en cours (on en est au quatorzième siècle…)
  • et enfin L’Art de vérifier les dates…, qui fait de la chronologie une des bases de l’étude critique des documents historiques.

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Cet ouvrage fut commencé en 1743 par Dom Maur Dantine [1688-1746] sous la forme d’une table chronologique personnelle destinée à faciliter ses recherches historiques.

Complété par Dom Charles Clémencet [1703-1778] et Dom Ursin Durand [1682-1771], il parut pour la première fois en 1750 chez Desprez, imprimeur ordinaire du Roi, et obtint un grand succès, malgré quelques attaques lancées par les Jésuites sur des points de détail (l’excommunication des Asiatiques par le pape Victor fut-elle ou non blâmée par Saint Irénée ?)

Une deuxième édition corrigée et augmentée fut publiée en 1770 par Dom François Clément [1713-1793], qui refondit ensuite complètement l’ouvrage pour une édition en trois volumes qui parut de 1783 à 1787.

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L’objet est clair : « Appliqués, entre autres objets, à l’étude de l’Histoire, nous sentions depuis longtemps le besoin d’un flambeau qui nous éclairât dans les ténèbres de l’antiquité, d’un fil qui nous conduisît dans ce dédale obscur de faits compliqués et d’époques incertaines. Combien d’erreurs très graves ne s’étaient-elles pas introduites dans les Annales Ecclésiastiques et Profanes, par l’embarras de fixer l’ordre et la date des événements ! Il fallait donc s’instruire avec certitude des années où les faits étaient arrivés, et concilier entre eux, non seulement les Auteurs qui ne s’accordent pas les uns avec les autres, mais ceux qui souvent se contredisent eux-mêmes. »

15002dCe programme a été respecté, puisque aucun aspect de la chronologie n’a été omis :

  • Calendriers astronomiques : Cycles solaire et lunaire, Éclipses
  • Calendriers généraux : Olympiades, Années de Jésus-Christ, Ères d’Alexandrie, de Constantinople, des Séleucides, Ère césaréenne d’Antioche, d’Espagne, des Martyrs, calendrier de l’Hégire
  • Calendriers particuliers : Indictions [périodes fiscales romaines de 15 ans], Épactes  [différence entre l’année solaire et lunaire]
  • Calendriers liturgiques : Cycle et terme Pascals
  • Chronologies historiques : des Conciles, des Papes, des quatre Patriarches d’Orient, des Empereurs Romains, Grecs ; des Califes, des Rois des Parthes, des Perses, des Huns, des Vandales, des Goths, des Lombards, des Bulgares, de Jérusalem, de Chypre, des Princes d’Antioche, des Comtes de Tripoli, des Sultans d’Iconium, d’Alep, de Damas ; des Empereurs Ottomans, des Schahs de Perse, des Grands-Maîtres de Malte, du Temple, de l’Ordre Teutonique; des Empereurs François, Allemands ; des six électeurs laïques de l’Empire; des Rois de Hongrie, de Pologne, de Danemark, de Suède ; des Czars de Russie ; des Rois de France, des grands Vassaux de cette Couronne ; des Rois d’Angleterre, d’Écosse, de Portugal, des Souverains d’Italie, etc.

15002ePrésenté de manière claire et pédagogique (souvent sous forme de tableau à double entrée, longtemps avant Excel), cet Art de vérifier les dates a pu vieillir sur quelques aspects, au fur et à mesure de l’apparition de nouveaux documents historiques et de nouvelles recherches, telles que celles de Volney, mais reste un instrument de travail irremplaçable et, ce qui ne gâte rien, bénéficie d’une magnifique typographie sur beau papier.

Il ne fait cependant pas mention du cycle du calendrier Maya s’achevant cette semaine…

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15002L’Art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monumens, depuis la naissance de Notre-Seigneur, par le moyen d’une table chronologique […] avec deux calendriers perpétuels, la chronologies historique des Conciles, des Papes, etc. Nouvelle édition, revue, corrigée et augmentée par un Religieux Bénédictin de la Congrégation de S. Maur.

Paris, Desprez, 1770. Un volume 37,5 x 25 cms. [IV]-XX-XXXVII-934 pages.

Pleine reliure du temps. Dos à six nerfs avec motifs dorés et pièce de titre. Tranches marbrées.
Dos et plat usés, mors un peu fragiles. Intérieur en très bon état

2 000 €

La culture romaine est-elle soluble dans le christianisme ?

Constantin - Fitzwilliam MuseumEn 312, l’empereur Constantin Ier se convertit au christianisme
En 410, Alaric met Rome à sac
En 476, Romulus Augustule, le dernier empereur, abdique.

 « À la fin de l’empire romain, le paganisme est mort ou va mourir.
Le grand événement du IVe siècle est la victoire définitive du christianisme. Elle posait un problème redoutable : qu’allait-il arriver de cette vieille civilisation sur laquelle l’ancien culte avait mis son empreinte ? »

C’est la question qu’essaie de résoudre Gaston Boissier [1823-1908], spécialiste du monde romain dans tous ses aspects (histoire, littérature, religion, épigraphie, philologie) dans son ouvrage La Fin du paganisme, étude sur les dernières luttes religieuses en Orient au quatrième siècle.

Il ne s’agit pas d’un livre de plus sur les causes de la chute de l’empire romain. Il s’agit d’une étude pour comprendre dans quelle mesure et par quelles influences, le christianisme, devenu dominant, s’est enrichi de la culture gréco-romaine, et ainsi, après la chute de l’empire, a pu la transmettre jusqu’à nous.

Il ne s’agit pas d’un livre d’histoire, mais de critique littéraire : « J’ai surtout cherché à monter de quelle manière le christianisme s’accommoda de l’art et des idées antiques, et comment s’est opérée chez lui, au IVe siècle, la fusion des éléments anciens et nouveaux.
Pour résoudre cette question délicate, j’ai dû beaucoup me servir des œuvres des orateurs et des poètes du temps. La littérature se trouve ainsi nous donner des leçons d’histoire. Voilà comment une étude, historique à son origine est devenue souvent une œuvre de critique littéraire. »

Mosaïque à TabghaAbordant l’attitude des empereurs romains face à la nouvelle religion, les relations entre christianisme et éducation romaine, les conséquences de l’éducation païenne pour les auteurs chrétiens, la poésie latine chrétienne, la société et la littérature païennes, il démontre la profonde imprégnation de la nouvelle religion par la culture qu’elle venait, semble-t-il, de mettre bas :

« La culture gréco-romaine avait trop profondément pénétré les nations occidentales pour être déracinée sans peine même par une religion triomphante. L’Église, même toute-puissante, n’a fait aucune tentative pour créer une éducation nouvelle qui fût entièrement conforme à ses doctrines. Elle eut sans doute le sentiment qu’elle n’y réussirait pas ; mais en se résignant à conserver l’ancienne éducation, elle consentait à partager avec l’esprit ancien l’empire des âmes.
L’invasion a surpris la littérature du IVe siècle quand elle était dans tout son éclat. Au moment où les barbares se sont jetés sur l’empire, saint Jérôme et saint Augustin, Claudien et Symnaque, Prudence et Paulin de Nole vivaient encore.
Quand nous cherchons à savoir de quels éléments essentiels notre civilisation se compose, nous trouvons comme base et fondement, deux legs du passé, sans lesquels le présent serait pour nous inexplicable, les lettres anciennes et le christianisme. »

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06292BOISSIER Gaston

La Fin du paganisme, étude sur les dernières luttes religieuses en Orient au quatrième siècle. 2/2. Édition originale

Paris, Hachette, 1891.
Deux volumes 22 x 14 cms. 462 + 516 pages.
Demi reliure. Dos à 4 petits nerfs soulignés en doré, pièces de titre et de tomaison.
Quelques rousseurs très claires et très éparses, le plus souvent en marge, sans aucun impact sur la lecture. Tampon d’un propriétaire précédent en pages de garde et de titre. Très bon état global.

150 €

La Fontaine illustré par Grandville

On ne présente par La Fontaine.

Faut-il présenter le caricaturiste Grandville ?

Spécialiste des créatures mi-hommes mi-animales, qui pouvait mieux que lui illustrer le fabuliste ? 

La cigale et la fourmi

La cigale ayant chanté
Tout l’été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue :
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau.
Elle alla crier famine
Chez la fourmi sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu’à la saison nouvelle :
Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l’août, foi d’animal,
Intérêt et principal.
La fourmi n’est pas prêteuse ;
C’est là son moindre défaut :
Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
– Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous en déplaise.
– Vous chantiez, j’en suis fort aise.
Eh bien ! dansez maintenant.

le chêne et le roseau

Le Chêne un jour dit au roseau :
Vous avez bien sujet d’accuser la Nature ;
Un Roitelet  pour vous est un pesant fardeau.
            Le moindre vent qui d’aventure
            Fait rider la face de l’eau,
            Vous oblige à baisser la tête :
Cependant que mon front, au Caucase pareil,
Non content d’arrêter les rayons du soleil,
            Brave l’effort de la tempête.
Tout vous est aquilon ; tout me semble zéphir.
Encor si vous naissiez à l’abri du feuillage
            Dont je couvre le voisinage,
            Vous n’auriez pas tant à souffrir :
            Je vous défendrais de l’orage ;
            Mais vous naissez le plus souvent
Sur les humides bords des Royaumes du vent.
La Nature envers vous me semble bien injuste.
 – Votre compassion, lui répondit l’Arbuste ,
Part d’un bon naturel ; mais quittez ce souci.
     Les vents me sont moins qu’à vous redoutables.
Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu’ici
            Contre leurs coups épouvantables
            Résisté sans courber le dos ;
Mais attendons la fin. Comme il disait ces mots,
Du bout de l’horizon accourt avec furie
            Le plus terrible des enfants
Que le Nord eût porté jusque-là dans ses flancs.
            L’Arbre tient bon ; le Roseau plie.
            Le vent redouble ses efforts,
            Et fait si bien qu’il déracine
Celui de qui la tête au ciel était voisine,
Et dont les pieds touchaient à l’empire des morts.

le lièvre et la tortue

Rien ne sert de courir, il faut partir à point.

le singe et le léopard

Le singe avait raison. Ce n’est pas sur l’habit
Que la diversité me plaît ; c’est dans l’esprit ;
L’un fournit toujours des choses agréables ;
L’autre en moins d’un moment lasse les regardants ;
Oh ! que de grands seigneurs, au léopard semblables,
N’ont que l’habit pour tous talents !

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LA FONTAINE

Fables de La Fontaine, illustrations par Grandville

Paris, Garnier Frères, 1864.
Un volume in-4 de 27 x 19 cms. XXIII-598 pages.

Texte encadré. Demi reliure. Dos à 4 nerfs, caissons soulignés de filets dorés. Tranches dorées.
Dos un peu sali, avec taches en pied. Traces de mouillure claire au bas et à droite des 100 dernières pages sans aucune atteinte au texte. Bon état global.

75 €

L’état de la médecine avant la Révolution française

Journal de Médecine

Comment appréhender l’état de la médecine à la fin des années 1700 ? C’est si loin…

Il suffit pourtant de se plonger dans le Journal de Médecine, Chirurgie, Pharmacie, etc.

Paru de 1754 à 1793, il fut dirigé par plusieurs directeurs successifs et disparut pendant la Révolution. C’est une revue de partage d’expériences, d’exposés de cas cliniques, d’information sur les dernières avancées scientifiques, mais aussi de discussion ouverte.

Une place régulière est donnée à ce qui n’était pas encore appelé veille sanitaire, avec la liste des maladies les plus répandues durant le mois précédent (prima mensis) et des observations météorologiques pouvant les expliquer.

Voici à titre d’exemple le sommaire du deuxième semestre 1781 :

Juillet 1781 :

  • Extrait des Recherches sur les végétaux nourissants qui, dans le temps de disette, peuvent remplacer les aliments ordinaires, par M Parmentier.
  • Observation qui confirme les bons effets des absorbants dans les empoisonnements causés par les poisons acides.
  • Lettre sur l’origine de la section du pubis.
  • Observation sur une hydropisie.
  • Observation sur un tendon d’Achille coupé par une faucille.
  • Description d’une tumeur osseuse survenue à la suite d’une tumeur de jarret.
  • Extraits des prima mensis de mai 1781
  • Observations météorologiques.
  • Nouvelles littéraires.

Août 1781 :

  • Recherches sur l’étain.
  • Observationes super asae foetidae virtutibus [avec résumé en français].
  • Réflexions théoriques et pratiques sur le diabètes [sic].
  • Observation sur l’opération de Ramd’hor, pratiquée à la suite d’une hernie avec étranglement.
  • Observations et réflexions sur la saignée.
  • Extraits des prima mensis de juin 1781
  • Observations météorologiques.
  • Nouvelles littéraires.

Septembre 1781 :

  • Collection d’observations sur les maladies et constitutions épidémiques, avec une histoire naturelle et médicale de la Normandie.
  • Essai sur les moyens de perfectionner l’étude de la théorie et de la pratique de la médecine.
  • Observation sur une douleur de tête extraordinaire.
  • Lettre à M. Maret, par l’apothicaire du comte d’Artois. [Il s’agit d’une querelle de pharmaciens-chimistes]
  • Extraits des prima mensis de juillet 1781
  • Observations météorologiques.
  • Nouvelles littéraires.

Octobre 1781 :

  • Collection d’observations sur les maladies et constitution épidémiques, avec une histoire naturelle et médicale de la Normandie. (suite)
  • Essai sur les moyens de perfectionner l’étude de la théorie et de la pratique de la médecine. (suite)
  • Observation sur un ténia sorti par l’aine d’une femme.
  • Observation sur une tumeur au fémur très volumineuse et très douloureuse.
  • Réflexions sur l’abus de la saignée pendant la grossesse.
  • Lettre aux auteurs du Journal de la Médecine relative au Mémoire sur le diabète.
  • Observations sur les vertus d’une plante du genre du rhododendron contre les douleurs du rhumatisme.
  • Extraits des prima mensis d’août-septembre 1781
  • Observations météorologiques.
  • Nouvelles littéraires.

Novembre 1781 :

  • Observations sur la nature, les causes et le traitement de la fièvre lente ou hectique.
  • Lettre sur le ténia.
  • Remarques sur l’observation faite concernant une douleur de tête extraordinaire.
  • Observation qui confirme les bons effets des pilules d’extrait de jusquiame avec le musc et le camphre dans l’épilepsie utérine.
  • Observation sur une fluxion phlegmoneuse de l’œil gauche.
  • Extraits des prima mensis d’octobre 1781
  • Observations météorologiques.
  • Nouvelles littéraires.

Décembre 1781 :

  • Extraits de différents ouvrages de M. Leroy, docteur-régent et professeur en la Faculté de Médecine de Paris.
  • Observation sur une tympanite compliquée d’ascite.
  • Observation sur des vents et des matières fécales rendues par l’urêtre.
  • Observation sur une hémorragie du nez.
  • Réflexions sur l’opération de deux cataractes de naissance.
  • Gruau, salep, sagou de pommes de terre.
  • Extraits des prima mensis de novembre 1781
  • Observations météorologiques.
  • Nouvelles littéraires.

Une étude détaillée (et passionnante) sur l’histoire de ce périodique se trouve ici :
http://dictionnaire-journaux.gazettes18e.fr/journal/1178-recueil-periodique-dobservations-de-medecine

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Journal de MédecineNous disposons des numéros suivants :

  • Tome V. Juillet-Décembre 1756. 480 pages
  • Tome XIII. Juillet-Décembre 1750. 576 pages
  • Tome LII. Juillet-Décembre 1779. 576 pages
  • Tome LIII. Janvier-Juin 1780. 624 pages
  • Tome LV. Janvier-Juin 1781. 576 pages
  • Tome LVI. Juillet-Décembre 1781. 576 pages
  • Tome LX. Juillet-Décembre 1783. 576 pages.
  • Tome LXIV. Mai-Août 1785. 696 pages
  • Tome LXV. Septembre-Décembre 1785. 720 pages
  • Tome LXVI. Janvier-Mars 1786. 600 pages
  • Tome LXIX. Octobre-Décembre 1786. 552 pages

Les volumes sont tous au format 17 x 10 cms, en plein reliure de l’époque, et aux tranches rouges. Toutes les reliures sont extrêmement frottées, avec des manques, principalement au dos. Mais l’intérieur est en excellent état, sans rousseurs.

Chaque volume : 50 €

Les 11 volumes : 450 €

La Turquie et la Russie à l’époque de la guerre de Crimée

En mars 1854, la France et la Grande-Bretagne déclarent la guerre à la Russie.

Le conflit couvait depuis quelques années déjà. Profitant de l’affaiblissement de l’empire Ottoman, la Russie poussait ses pions vers les mers chaudes en occupant la Moldavie et la Valachie, et souhaitait prendre le contrôle du détroit des Dardanelles. Ce que les puissances occidentales ne pouvaient tolérer.

La même année, Félix Mornand, chroniqueur à L’Illustration et rédacteur en chef du Courrier de Paris, fait paraitre un volume intitulé Tableau historique, politique et pittoresque de la Turquie et de la Russie.

C’est un ouvrage en trois parties.

La première offre un historique détaillé des relations entre Russie et Turquie. Avec un point de vue favorable à notre allié turc. Il est vrai que le souvenir de la retraite de Russie était encore présent dans les mémoires…

Les deuxième et troisième partie sont une remarquable description de l’organisation politico-administrative, des mœurs, des coutumes, des provinces, des principales villes, d’abord de l’empire Ottoman (qui inclut encore la Palestine, l’Égypte, les actuelles Roumanie, Bulgarie, Albanie ainsi que l’ex-Yougoslavie), puis de l’Empire russe (qui englobe à cette époque la Finlande, laquelle sera un théâtre secondaire de la guerre).

Le tout est abondamment illustré de très fines gravures, dans la veine des plus grandes années de L’Illustration.

Le volume s’arrête à la déclaration de guerre :
« Nous touchons probablement à l’une de ces crises qu’il faut traverser avant de s’asseoir pour quelques temps dans une tranquillité féconde. La France eût préféré sans doute que l’orage n’éclatât pas ; mais la génération actuelle ne reculera pas devant la part d’épreuves, de dangers, de souffrances que la Providence lui impose dans l’intérêt de l’avenir. Nous défendons la civilisation et la liberté menacées par l’absolutisme et la barbarie ; le triomphe nous est assuré. »

La guerre durera cependant trois ans.

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Tableau de la Turquie et de la RussieJOUBERT, MORNAND

Tableau historique, politique et pittoresque de la Turquie et de la Russie

Paris, Paulin et Le Chevalier, 1854.

Un volume 37 x 27 cms. 176 pages. Texte sur 3 colonnes. 162 illustrations in-texte. Planches hors-texte. Une carte en couleurs.
Demi reliure. Dos à 5 nerfs. Dos et haut du premier plat insolés. Petits manques aux bords. Intérieur en très bon état. Tampon de colportage.

200 €

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Sur le même sujet :

ROY J.-J.-E.

Histoire du siège de Sébastopol, précédée d’une notice historique sur la Crimée et sur les causes et les principaux événements de la guerre d’Orient

Tours, Mame, 1856. Un volume 22 x 14 cms. 235 pages. Une gravure sous serpente en frontispice représentant la prise d’assaut de la tour Malakoff.
Reliure romantique bleu et or. Tranches dorées. Très bon état.

50 €