Missives de la minoterie

Il faut relire les Lettres de mon moulin pour retrouver l’émotion de notre enfance et la poésie de ces contes merveilleux imaginés par Daudet dans la « Bibliothèque des Cigales » :

  • « C’est une bibliothèque merveilleuse, admirablement montée, ouverte aux poètes jour et nuit, et desservie par de petits bibliothécaires à cymbales qui font de la musique tout le temps. J’ai passé là quelques journées délicieuses, une semaine de recherches – sur le dos. » (La Mule du Pape)

Mais il ne faut pas se contenter de La Chèvre de Monsieur Seguin ou du Sous-Préfet aux champs. Tous sont à déguster, avec un bémol pour À Milianah, empreint d’un sentiment de supériorité colonialiste.

Par exemple Le Phare des Sanguinaires :

  • « Quand le mistral ou la tramontane ne soufflaient pas trop fort, je venais me mettre entre deux roches au ras de l’eau, au milieu des goélands, des merles, des hirondelles, et j’y restais presque tout le jour dans cette espèce de stupeur et d’accablement délicieux que donne la contemplation de la mer. Vous connaissez, n’est-ce pas, cette jolie griserie de l’âme ? On ne pense pas, on ne rêve pas non plus. Tout votre être vous échappe, s’envole, s’éparpille. On est la mouette qui plonge, la poussière d’écume qui flotte au soleil entre deux vagues, la fumée blanche de ce paquebot qui s’éloigne, ce petit corailleur à voile rouge, cette perle d’eau, ce flocon de brume, tout excepté soi-même. »

Ou Les Vieux  :

  • « Il n’y avait d’éveillé dans toute la chambre qu’une grande bande de lumière qui tombait droite et blanche entre les volets clots, pleine d’étincelles vivantes et de valses microscopiques. »

Ou bien encore Les Douaniers, avec cette remarque qui nous semblerait à présent monstrueuse :

  • « Pendant ce temps-là les enfants, que la présence de l’inspecteur semblait terrifier, finissaient vite leur dîner de châtaignes et de brucio (fromage blanc). Et toujours de l’eau, rien que de l’eau sur la table ! Pourtant, c’eût été bien bon, un coup de vin, pour ces petits ! »

Les illustrations d‘André-Édouard Marty (1882-1974), toutes en élégance et rigueur, au mieux sur double page, soulignent de leur ligne claire le style de Daudet.

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DAUDET Alphonse

Lettres de mon moulin, illustrations en couleurs de André-Édouard Marty

Paris, Piazza, 1938.
Un volume 20 x 14 cms. 240 pages.

Demi reliure à coins, dos à 4 petits nerfs, illustré de fleurons et d’un moulin.

Petits frottements aux plats, bon état intérieur malgré quelques toutes petites rousseurs en marge de quelques pages. Exemplaire n° 3164.

100 €

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