Un précurseur de Freud

Ami de Flaubert, qu’il renseigna pour Salammbô, Alfred Maury (1817-1892) est aussi l’un des précurseurs de Freud.

Il est parmi les premiers à considérer le rêve comme la manifestation d’une activité psychique.

S’étant découvert grand rêveur et bon mémorisateur de ses rêves, il pratique l’auto-observation.

Après une tentative de définition du sommeil (« l’intelligence s’engourdit comme les membres »), il explore les états entre veille et sommeil. Puis compare rêve et aliénation mentale, rêve et perception du sourd-muet, pour rechercher similitudes et différences.

Pour lui, l’inégalité d’engourdissement des différents organes cérébraux caractérise la production du rêve et son caractère plus ou moins fugace.

Il approchera trois notions qui deviendront fondamentales chez Freud :

1) l’inconscient

  • Les images du rêve « se produisent d’elles-mêmes, suivant une certaine loi due au mouvement inconscient du cerveau et qu’il s’agit de découvrir. »
  • Dans le rêve, « ce sont nos penchants qui parlent et qui nous font agir, sans que la conscience nous retienne. »
  • « En rêve, on subit l’impression sans la raisonner. »

2) le refoulement

  • « Dans le rêve, bien des idées se présentent à nous, qui ne sont que des choses que nous avions déjà apprises, mais dont la trace s’était assez affaiblie pour qu’elles parussent oubliées. »
  • « Les visions qui se déroulent devant ma pensée et qui constituent le rêve me sont suggérées par les incitations que je ressens et que ma volonté absente ne cherche pas à refouler. […] En rêve, l’homme se révèle tout entier à soi-même dans sa nudité et sa misère natives. Il devient le jouet de toutes les passions contre lesquelles, à l’état de veille, la conscience, le sentiment d’honneur, la crainte nous défendent. »

3) les souvenirs d’enfance

  • « Nous devons à nos premières années une foule de notions, d’idées, de croyances, mais nous en méconnaissons l’origine. »
  • « Dans mes songes je me suis trouvé des scrupules religieux, des terreurs puériles que j’ignore complètement à l’état de veille, et qui remontent à ma première enfance. »

Maury avait découvert les faits, mais sans les approfondir encore suffisamment pour en tirer une théorie. Peut-être s’était-il un peu dispersé entre la médecine, le droit, l’archéologie, les langues anciennes et modernes, ses domaines d’étude.

Freud lui reconnaitra ce qu’il lui doit.

Photos extraites d’une vidéo de Marie-Michèle Jasmin-Belisle
http://www.8h51.com/
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MAURY L.-F. Alfred

Le Sommeil et les rêves, études psychologiques sur ces phénomènes et les divers états qui s’y rattachent, suivies de Recherches sur le développement de l’instinct et de l’intelligence dans leurs rapports avec le phénomène du sommeil.

Paris, Didier, 1862, deuxième édition.
Un volume 19 x 12 cms. VII-426 pages.

Demi reliure. Dos à cinq nerfs, titre et année dorés.
Petits frottements aux nerfs. Très bon état intérieur, sans rousseurs.

100 €

Cette entrée a été publiée dans Science.

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