L’un des mille ouvrages publiés par l’abbé Migne

L’Abbé Migne

Jacques-Paul Migne« Un curieux personnage de prêtre, l’abbé Migne, un brasseur de livres catholiques. Il monte à Vaugirard une imprimerie, toute pleine de prêtres interdits comme lui, de sacripants défroqués, de Trompe-la-Mort en rupture d’état de grâce qui, à la vue d’un commissaire de police, s’effarouchent vers les portes.
Il sort de là des éditions des Pères, des encyclopédies en cinq cents volumes. Puis cet abbé fait encore un commerce qui double l’autre. Il se fait payer une partie du prix de ses livres par les curés en bons de messes, contresignés par l’évêque. Cela lui revient, l’un dans l’autre, à huit sous ; il les revend quarante sous en Belgique, où les prêtres ne peuvent pas suffire à toutes fondations de messes. »
Goncourt, Journal, 21 août 1864.

Un drôle d’oiseau, en effet.

Curé de Puiseaux pendant 10 ans, l’abbé Migne [1800-1875] se fâche avec son évêque pour avoir refusé de bénir, pendant la Fête-Dieu, un ostensoir sur lequel figurait le drapeau tricolore, et « monte » à Paris en 1833.

Ce Rastignac en soutane, farouchement conservateur, devient d’abord journaliste en fondant L’Univers religieux et quelques « journaux reproductifs » (cela ne s’appelait pas encore le copier-coller), avant de se lancer dans l’édition, en 1837.

Migne éditeur

Il publiera en 30 ans pas moins de 1000 (oui, mille) volumes, tirés chacun entre 1000 et 1500 exemplaires, dans plusieurs collections, regroupées sous l’appellation de Bibliothèque Universelle du Clergé :

  • La Patrologie latine (218 volumes)
  • La Patrologie grecque (édition gréco-latine : 166 volumes ; édition latine 85 volumes)
  • Des Cours d’Écriture sainte et de Théologie (25 volumes chacun), ainsi que d’Histoire ecclésiastique (27 volumes)
  • Les Orateurs sacrés en 99 volumes
  • L’Encyclopédie Théologique, 169 volumes
  • etc.

Patrologie

Son objectif : rien moins que surpasser l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, annuler la Révolution française, « sauver le patrimoine de l’Église », et « fonder la science catholique ».

Sa cible : les prêtres de campagne, de plus en plus nombreux (2000 ordinations par an autour des années 1830), conscients des lacunes de leur formation, disponibles pour l’étude, et aussi (surtout ?) disposant de revenus réguliers.

Ses méthodes : celui que ses contemporains surnommèrent « le Napoléon du prospectus » pour son sens de l’autopromotion, fait preuve d’un sens commercial très aigu. Il vend son immense production tantôt par souscription, tantôt à l’unité, y joint des objets et des tableaux religieux, offre des réductions pour parrainage, et accepte un paiement partiel en bons de messes. Il sera d’ailleurs suspendu temporairement par l’évêque de Paris pour ses pratiques commerciales (et aussi pour ses positions farouchement ultramontaines, jointes à un caractère difficile et rebelle).

Migne s’appuie sur une imprimerie qu’il a fondée et qui, au temps de sa splendeur, emploie plus de 600 personnes, mais qui sera détruite par un incendie en 1868. La production de tous ses volumes est totalement standardisée, la typographie unifiée, les salaires versés dérisoires, les intermédiaires supprimés, tout ceci lui permettant de pratiquer des prix de vente très bas.

Si ses Cours sont bien périmées aujourd’hui, ses éditions plus ou moins piratées, mais complètes, des Pères de l’Église font encore autorité.

L’Encyclopédie Théologique

Outre l’ambition totalisatrice propre à tout éditeur d’encyclopédie, Migne développe l’idée de « science catholique » énoncée par Lamennais dans son Essai sur l’indifférence en matière de religion.

Il s’agit de « travailler le contenu du catholicisme pour l’élever à la science, et les énoncés scientifiques pour en manifester le catholicisme latent. » (François Laplanche)

Le domaine parcouru est vaste : Philologie sacrée, hérésies, Conciles, Géographie  ecclésiastique, Théologie dogmatique, Diplomatique chrétienne, Éloquence sacrée, Croisades, Musique d’église, Épigraphie chrétienne, Économie charitable, etc. etc. Les trois séries publiées totaliseront 169 volumes.

Les collaborateurs sont nombreux, plus d’une soixantaine ont été identifiés.  Certains sont polygraphes, comme Jéhan de Saint-Clavien, qui joue auprès de Migne le rôle de De Jaucourt auprès de Diderot, et rédige pas moins de 12 volumes à lui tout seul – dont la Botanique.

Seuls environ 15 % des volumes portent sur un domaine scientifique : Astronomie, Chimie, Géologie, Médecine pratique, Agriculture.

Le Dictionnaire de Botanique

Le Dictionnaire de Botanique chrétienne paraît en 1851, et fait l’objet d’une réédition à l’identique en 1860.

Il comporte plus de 1000 articles, en 1516 colonnes, y compris l’Introduction et l’Index.

Le rédacteur est Jéhan de Saint-Clavien, sauf pour les articles descriptifs, qui sont repris (sans indication de source) de l’Histoire philosophique, littéraire et économique des plantes de Poiret, parue entre 1825-1929.
Repris, et parfois raccourcis ou modifiés, quand Poiret se montre un peu trop « déiste » , ou regrette l’absence de cérémonies religieuses glorifiant l’agriculture.

C’est un ouvrage de vulgarisation, mais sans aucune illustration, utilisant d’abord les noms vulgaires des plantes, associés aux noms latins, et ne comportant, contrairement à l’usage de l’époque, que peu d’anecdotes.

Ce n’est en aucun cas un ouvrage d’initiation à la Botanique de terrain, puisqu’il ne fournit aucun moyen d’identifier les plantes, mais plutôt un volume de référence, permettant de lire des textes sur les plantes. Il délivre néanmoins une bonne information sur l’état des connaissances en biologie végétale au milieu du XIXe siècle.

Une Botanique chrétienne

Le parti pris est affiché : la Botanique, comme toute science, peut être chrétienne, et permet d’approcher le dessein du Créateur :
« Tout est subordonné selon une loi de perfection ascendante dans le plan de la nature. […] De ces considérations, il résulte que l’idée de Dieu et de l’infini peut seule constituer l’unité des sciences, puisque c’est dans cette idée, et dans elle seule, que la science existe, se meut et vit ; puisque c’est par elle, et par elle seule, que nous pouvons obtenir d’une manière absolue, pour l’ensemble de nos connaissances, ce que le mouvement philosophique cherche à établir d’une manière relative. » (Introduction)

Deux ouvrages sur les aventures de l’abbé Migne :

  • R. Howard Bloch, Le Plagiaire de Dieu, la fabuleuse industrie de l’abbé Migne, Seuil, collection La Librairie du XXe siècle, 1996
  • La science catholique ; L’Encyclopédie théologique de Migne entre apologétique et vulgarisation, sous la direction de Claude Langlois et François Laplanche, Cerf, 1992

_ _ _ _ _ _ _

JEHAN (de Saint-Clavien) L.-F. [MIGNE]

Dictionnaire de Botanique, organographie, anatomie, physiologie végétales, méthodologie et géographie botanique, histoire naturelle des plantes indigènes et exotiques, phanérogames et cryptogames ; applications à la religion, à l’agriculture, à la médecine, à l’économie domestique, à l’industrie et aux arts.

Paris, Migne, 1860. Un volume broché 28,5 x 19,5 cms. 1516 colonnes.

Très légère trace de mouillure en marge supérieure, sinon texte bien frais. Dos fendu, mais volume encore solide.

Ce Dictionnaire de Botanique forme le tome VIII de la Nouvelle Encyclopédie Théologique publiée par l’Abbé Migne

75 €

Un crêpage de chignon au début du 18e siècle

La Marquise de T*** s’était sentie insultée par une satire anonyme en vers, qu’elle attribuait à Madame de L***.

Un premier incident eut lieu à l’église : « La Marquise escortée de ses laquais s’étant rendue à l’église de l’Abbaye de Gomerfontaine, pour y entendre le Panégyrique de Saint Bernard, y trouva la Dame de L*** placée. Elle affecta d’aller droit à elle, et la trouvant levée pour la saluer, elle la poussa hors de sa place et s’y assit.
On devine sans peine que la Dame de L***, ne pouvant pas l’emporter par la force, se soulagea par des injures, ce qui donna lieu à la Marquise de la traiter de petite bourgeoise et de la menacer de la faire maltraiter par le Marquis son époux. Comme elle n’avait point les agréments de la Dame de L***, celle-ci lui donna une épithète qui annonce une femme complaisante et officieuse pour des amoureux. »

Quelques temps plus tard, « la Dame de L*** voulut rendre une visite à cinq quarts de lieues de sa Terre. La Marquise, qui avait des espions, fut bientôt avertie de ce dessein. Elle parti dans un carrosse à six chevaux, suivie de quatre hommes à cheval armés d’épées et de pistolets, et de trois laquais en livrées et trois autres sans livrées derrière le carrosse. »

Elle rejoint l’équipage de la Dame de L*** et le force à s’arrêter.

Alors, « deux laquais qui étaient derrière le carrosse de la Marquise descendirent comme des furieux, ouvrirent les portières du carrosse de la Dame de L***, se saisirent d’elle et de la femme de chambre, et les firent descendre malgré elles.
Je tirerai le rideau sur toutes les indignités qu’ils firent ; ils ne commirent pourtant point les dernières violences contre l’honneur de la Maîtresse et de la femme de chambre. »

La Dame de L*** porta plainte.

Une question juridique se posait : Si des outrages faits à la pudeur d’une Dame, quoiqu’on n’en vienne pas aux derniers excès, sont punissables d’une peine infamante.

Le défenseur de la Marquise de T*** plaida entre autres, que la Satire attribuée à la Dame de L*** était «une injure plus grande, qui fait plus de tort à l’honneur d’une Dame, que la violence la plus qualifiée, parce que la première attaque la conduite et les mœurs, et porte une atteinte mortelle à son honneur, au lieu que l’autre n’attaque que le corps, sans blesser la réputation. »

La partie adverse objecta à ce dernier point que l’offense subie par la Dame de L*** « était un attentat formel à son honneur. Car le supplice qu’on lui a fait souffrir la rend méprisable. L’estime qu’on a pu avoir de sa vertu ne s’affaiblit point, mais on s’imagine qu’elle est couverte d’une espèce d’opprobe qu’a fait rejaillir sur elle l’insulte humiliante qu’on lui a faite. C’est un déshonneur qu’on lui a procuré malgré elle, et que les hommes lui laissent malgré eux ; ils ne peuvent guérir là-dessus leur imagination, quoique la raison les condamne. »

Quels furent les autres arguments employés ? Que décida le jugement ? Comment trancha-t-il la question subsidiaire, dont pouvait dépendre la sévérité de la peine, à savoir si l’on se trouvait en présence d’un crime public ou d’une injure privée ?

La réponse se trouve dans le recueil Causes célèbres et intéressantes avec les jugements qui les ont décidées, compilé et excellemment commenté par Gayot de Pitaval.

Vous y apprendrez également

  • pourquoi, au XVIIIe siècle, il était juridiquement possible de créer une Société en association avec Dieu
  • si l’indignité présumée d’une demoiselle l’empêche de recevoir ce qui lui a été légué par testament
  • comment plaider en cas de mariage mal assorti
  • ce qu’il faut faire si vous êtes une jeune fille faussement réputée hermaphrodite.

_ _ _ _ _ _ _

[Gayot de Pitaval]

Causes célèbres et intéressantes avec les jugements qui les ont décidées. Tome IV

Paris, Veuve Delaulne, 1734.
Un volume 17 x 10 cms. 476 pages.
Pleine reliure du temps, dos à 5 nerfs, pièces de titre et de tomaison. Tranches rouges. Plats armoriés.
Reliure frottée, mors fendus jusqu’au premier et dernier nerf. Manque pages de garde. Petite déchirure en bas de la dernière page de la Table des matières. Texte très frais.

Contient : Histoire de Madame Tiquet condamnée pour avoir entrepris de faire assassiner son mari – Legs d’un testateur marié, fait à une Demoiselle, cassé et annulé à cause de l’indignité présumée de la légataire – Juges prévaricateurs punis – Cause de Dieu, ou Société qu’un homme contracta avec Dieu, exécutée – Si des outrages faits à la pudeur d’une Dame dans un lieu public par des voies de fait, quoiqu’on n’en vienne pas aux derniers excès, sont punissables d’une peine afflictive et corporelle, ou du moins simplement infamante – Mémoire pour Dame Anne-Christine G** contre Messire Romain de K*** son mari, avocat au Conseil Souverain d’Alsace, pour mariage mal assorti – Fille réputée faussement hermaphrodite – Différent entre un Bailli et un Procureur du Roi.

60 €

L’Album du Figaro 1875

En 1875, Le Figaro publie pour la première fois un Album.

L’entreprise ne dut pas être couronnée de succès, puisqu’il n’y eut pas de suite à cette livraison annuelle.

Le début de la préface apporte peut-être un élément d’explication :
« L‘Album du Figaro est un composé des éléments les plus divers.


Voici d’abord une collection absolument inconnue en France : ce sont les Fables d’Ésope, illustrées par Ernest Griset.

Cham a crayonné pour nous plusieurs pages de ses plus spirituels croquis.

Vient ensuite une série de trente-six sujets coloriés, oeuvre de Bertall. Ce sont les souvenirs de la Commune. Généraux empanachés, et sinistres pétroleuses, fonctionnaires improvisés et vengeurs de toutes sortes, ce sont tous les coquins, tous les imbéciles, tous les scélérats qui formaient ce gouvernement inouï.

L’Opéra devait avoir sa place dans notre album : voici l’intérieur, le foyer, les coulisses.

Voici l’Inde des Rajahs, qui unit l’intérêt du voyage scientifique aux charmes des plus délicieuses compositions artistiques.

Et comme la variété doit être notre loi, nous cessons d’admirer pour rire. Henry Monnier nous offre l’apothéose de Joseph Prudhomme.

Voici trente-quatre grandes compositions : les Tuileries, le Luxembourg, Versailles, Meudon, Chambord, Chenonceaux…

Un peu de satire va nous reposer de ces merveilles de la nature et de l’art. C’est Bertall qui nous fournit quatre grandes pages de sa Comédie de notre temps, ces petits mémoires au crayon qui resteront comme la peinture vraie de nos mœurs et de nos petits travers.

Puis voici l’œuvre de Goya, ressuscitée par Charles Yriarte, et celle de Thoraldsen, l’illustre sculpteur danois. »

Sans compter des pages de publicité…

_ _ _ _ _ _ _

Album du Figaro, 1875

Un volume à l’italienne 29 x 43 cms.
Cartonnage éditeur percaline ornés de motifs à froid rehaussés en doré.
Petites déchirures au mors, sinon bon état, malgré quelques rares déchirures au bas de certaines pages.
75 € + port

Un îlot frivole dans l’Encyclopédie Méthodique : Le Dictionnaire des Ana

EncyclopedianaL’Encyclopédie Méthodique est un monstre. Publiée sur une période de 50 ans, de 1782 à 1832, par Charles-Joseph Panckoucke, puis par son gendre et enfin par sa fille devenue veuve, elle compte plus de 200 volumes (personne n’est d’accord sur le nombre exact).

L’idée était de reprendre l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, de la décliner par thèmes et non plus par ordre alphabétique, tout en l’actualisant.

Les rédacteurs annoncés par le Prospectus n’étaient pas n’importe qui : Lamarck, D’Alembert, Condorcet, Monge…

Une telle entreprise ne pouvait se dérouler sans heurts. Aux problèmes strictement éditoriaux (rédacteurs en retard, inflation du nombre de volumes, etc.), s’ajoutèrent ceux créés par le contexte politique du début de la Révolution : souscripteurs ayant choisi d’émigrer après 1789, imprimeries plus occupées à produire des journaux que des livres. Les récriminations et les menaces de procès s’accumulaient au vu des retards de livraison, et des parutions par demi-volumes.

Pour calmer ses lecteurs, Panckoucke décide d’ajouter à son programme éditorial trois volumes récréatifs : Amusements des sciences mathématiques et physiques et Dictionnaire des Jeux, qui paraitront en 1792.

L’année précédente, en 1791, est publié un volume rapidement réalisé, intitulé Encyclopediana, ou Dictionnaire encyclopédique des Ana, contenant ce qu’on a pu recueillir de moins connu ou de plus curieux parmi les saillies de l’esprit, les écarts brillants de l’imagination, les petits faits de l’histoire générale et particulière, certains usages singuliers, les traits de mœurs & de caractères de la plupart des personnages illustres anciens et modernes ; les élans des âmes fortes & généreuses, les actes de vertu, les attentats du vice, le délire des passions, les pensées les plus remarquables des philosophes, les dictums du peuple, les reparties ingénieuses, les anecdotes, épigrammes et bon mots ; enfin les singularités en quelque sorte des Sciences, des Arts et de la Littérature.

Le maître d’œuvre en est Jacques Lacombe (1724-1811). Avocat devenu libraire, propriétaire plus ou moins éphémère d’une douzaine de journaux (dont le célèbre Mercure de France), il a publié trois opéras bouffons, six précis historiques, trois dictionnaires dont un Dictionnaire d’anecdotes, paru en 1766.

Encyclopediana

L’Encyclopediana est un recueil composite, qui appelle à picorer.

On y trouve des anecdotes historiques et littéraires :

  • Abbancas, philosophe ancien, laissa périr dans les flammes sa femme et ses deux enfants pour sauver son ami : on lui demanda la raison de cette préférence, c’est, dit-il, qu’il est plus difficile d’avoir un ami qu’une femme et des enfants.
  • Abou-Joseph, célèbre docteur musulman, interrogé sur une question difficile qui était de son ressort, répondit naïvement qu’il n’en savait rien. Mais, lui dit-on, le calife vous paie pour votre savoir. Oui, sans doute, répliqua le docteur, pour ce que je sais ; car pour ce que je ne sais pas, ses trésors ne seraient pas suffisants.
  • Boileau composait ordinairement le second vers avant le premier. Il regardait cette méthode comme un des plus grands secrets de la poésie, pour donner aux vers tout le sens et toute l’énergie dont ils sont susceptibles.
  • L’empereur Adrien demandait à Épictète pourquoi on représentait Vénus toute nue : c’est, répondit-il, parce qu’elle dépouille de tous les biens ceux qui recherchent trop les plaisirs.
  • Cicéron disait de Caninius-Revilius, qui n’avait été consul qu’un seul jour : Nous avons un consul si vigilant, qu’il n’a pas dormi une seule nuit pendant son consulat.
  • On sait que les ennemis de Molière voulurent persuader au duc de Montauzier, fameux par sa vertu sauvage, que c’était lui que Molière jouait dans le Misanthrope. Le duc alla voir la pièce et dit en sortant qu’il aurait bien voulu ressembler au Misanthrope de Molière.
  • Rabelais, parlant de la loi commentée et embrouillée par les jurisconsultes, dit que c’était une belle robe à fond d’or, brodée de crotte ; on peut appliquer cette définition à l’ouvrage de cet auteur.
  • Rousseau venant d’herboriser à la campagne, arriva chez des dames les mains pleines de plantes qu’on appelle gramen. On se mit à rire en le voyant entrer : « Il n’y a pas là de quoi rire, dit le philosophe, je tiens dans mes mains les plus grandes preuves de l’existence de Dieu. »

Des curiosités scientifiques :

  • Rendre une rose changeante :
    Prenez une rose ordinaire et qui soit entièrement épanouie, allumez de la braise dans un réchaud et jetez-y un peu de souffre commun réduit en poudre. Faites recevoir la fumée et la vapeur à la rose, et elle deviendra blanche. Si on la met dans l’eau, elle reprendra cinq ou six heures après sa couleur rose. On peut par ce moyen faire présent d’une rose blanche à quelqu’un qui la trouvera rouge le lendemain.
  • Il y a un lac près de Beja, entre le Tage et Guadiane, qui a cette propriété ; c’est que quand le temps est disposé à la pluie, ou à quelqu’orage, il en sort un bruit semblable à celui d’un taureau, que l’on entend à cinq ou six lieues à la ronde.
  • Les naturalistes accordent au papillon jusqu’à 34650 yeux, et plusieurs ont observé dans un seul œil de papillon 17325 éminences taillées à facettes. Il est bien malheureux pour ces pauvres phalènes de ne pouvoir distinguer avec tant d’yeux la lumière d’une chandelle, à laquelle ils viennent si souvent se brûler.

Des curiosités littéraires :

  • Belenos était le nom que les anciens gaulois donnaient au soleil. Ce nom était mystérieux ; et ce qui est digne de remarque, c’est que les lettres qui le composent, considérées selon la valeur qu’elles avaient dans les nombres grecs, forment le temps de la révolution du soleil autour de la terre qui est de 365 jours.

  • Voici une longue épitre, dans laquelle on ne trouve point une seule fois la lettre E :
    « J’avais conçu, mon charmant papa, l’opinion d’avoir pour mon logis un trou obscur à Saint Victor, au bas du pays latin. Mon goût m’y portait, ma passion l’ordonnait ; mais l’abord du canton m’a paru alarmant. […] J’ai cru qu’un faubourg lointain irait à ma situation. L’on y vit sans façons, à l’abri d’un tas d’oisifs, à coup sûr importuns ; sauvons-nous d’un poison si fatal. […]

Des « bons mots » qui, plus tard, feront la fortune de l’Almanach Vermot :

  • Madame Du Deffand, à qui l’on racontait que Madame *** avait repris la fantaisie de coucher avec son mari : c’est peut-être, dit-elle, une envie de femme grosse.
  • On disait devant le duc de Rispernon que Cicéron parlait avec une éloquence remarquable ; il demanda s’il avait étudié chez les Jésuites.
  • Bion de Borysthène, philosophe cynique, florissait 276 ans avant Jésus-Christ. Un envieux paraissant chagrin, il lui demanda « si sa tristesse venait de ses propres malheurs, ou du bonheur des autres. »
  • Un avocat et un curé de campagne s’entretenaient ensemble : Vous jureriez donc que vous avez réellement vu un loup-garou ? Sans doute, répondit le prêtre, j’en jurerais. Et sous quelle forme, dit le jurisconsulte, vous apparut-il ? Sous la forme d’un âne, répartit le pasteur. Allez, allez, M. le curé, lui dit l’avocat en faisant un éclat de rire, vous avez eu peur de votre ombre.
  • Un empereur de la Chine, trouvant un homme oisif, déchira ses vêtements de désespoir et de colère ; parce qu’un homme qui ne travaille pas en fait souffrir un autre. Si ce prince eût parcouru la France, combien de fois n’eût-il pas eu l’occasion de témoigner la même indignation ?
  • Un paysan de Basse-Bretagne, étant allé à la foire à Paris, où l’on montrait un animal extraordinaire, alla se jeter au col de la bête, en disant : Ah ! je le reconnais, c’est le Seigneur de notre village.

Encyclopediana

Seuls quelques volumes de l‘Encyclopédie méthodique ont été numérisés sur Gallica et Google Books. La seule version complète en ligne se trouve à la Bayerische Staatsbibliothek, accessible par le portail europeana.eu

_ _ _ _ _ _ _

Encyclopediana

Encyclopediana, ou Dictionnaire encyclopédique des Ana…

Paris, Panckoucke, 1791.

Un volume 27 x 22 cms. VI-963 pages.

Pleine reliure du temps. Dos lisse à faux nerfs et motifs dorés. Texte sur deux colonnes.
Reliure très frottée avec manques, particulièrement aux coiffes, bords et coins. Mors fragiles. Texte frais.

200 €

Abracadabrantès

Napoléon 1er l’a traitée de « petite peste », peut-être parce qu’elle prétend qu’il trichait aux cartes.

Ou bien pour ses portraits, comme celui de la duchesse de Mazarin : « C’était une belle personne, mais immense, et disposant tellement de son gros individu que rien n’en était perdu pour la disgrâce. Par sa nature, elle avait habituellement le visage très coloré ; dans les moments où il l’était le plus, elle mettait toujours une robe rose pâle ou bleu céleste. Sa manière de s’habiller n’était pas la partie la moins ridicule de sa personne… Son ameublement, qui était des plus magnifiques, était toujours en désaccord sur quelques points. »

Théophile Gautier l’avait surnommée « La duchesse d’Abracadabrantès ». Sans doute pour sa capacité à propager, en les amplifiant, les ragots les plus saugrenus, comme par exemple la soumission (!) de Robespierre à Catherine Théos, qui se prétendait la Mère de Dieu.

Laure Junot d’Abrantès (1784-1838) a eu une vie de hauts et de bas, amoureux, financiers et littéraires.

Un temps maîtresse du jeune Balzac, elle publie, avec son aide, des Mémoires historiques qui auront un grand succès.

Un temps intime de Bonaparte, elle soutient ensuite la Restauration, avant de regretter l’Empire.

Elle tient épisodiquement Salon, quand ses moyens financiers le lui permettent, ce qui ne dure jamais longtemps, vu sa légendaire prodigalité.

Avec son Histoire des Salons de Paris, elle continue sous une autre forme ses Mémoires.

Ce ne sont plus ceux que l’on pourrait appeler les grands salons, où culminait l’esprit du 18e siècle.

Du temps a passé. C’est plus pâle, mais encore un peu vivant. On s’y remet de la Révolution, ou bien l’on regrette la royauté, puis l’on soutient l’Empire, tout en étant vaguement girondin – si l’on avait pu choisir, on aurait peut-être toléré ceux-là – en rappelant bien que Condorcet était Marquis.

La plume est alerte. Se succèdent un portait de Necker, un autre de Madame de Staël, l’épisode dramatisé de la mort de Condorcet, la lecture d’une pièce de Camille Desmoulins chez Robespierre, les débuts de Napoléon comme Premier Consul, tous les épisodes de son divorce d’avec Joséphine de Beauharnais…

Si elle donne tous les détails de la lutte entre le Salon de Madame de Polignac, au service de Marie-Antoinette, contre le Salon de Madame de Coigny, elle oublie de préciser que le Salon de Madame Sainte-Amaranthe n’était rien d’autre qu’une maison de jeux, puis un foyer contre-révolutionnaire.

C’est un ouvrage d’ambiance, et non d’histoire, parsemé de  réflexions parfois pertinentes :

  • « Nous sommes légers dans ce qui est sérieux, sérieux dans ce qui est léger. »
  • « Les philosophes étaient gens de bien en général, et leurs intentions étaient pures. Ils étudiaient l’homme : c’était lui, c’était la nature qu’ils étudiaient. […] Le dix-septième siècle a été celui de l’imagination, et le suivant celui de la vérité. »
  • « Je crois que la philosophie a amené la Révolution, mais je nie qu’elle ait fait ses malheurs. »
  • « Bonaparte comprit qu’il fallait réorganiser le système sociable pour arriver au système social. »

_ _ _ _ _ _ _

Histoire des Salons de ParisDUCHESSE D’ABRANTÈS

Histoire des salons de Paris, tableaux et portraits du grand monde, sous Louis XVI, le Directoire, le Consulat et l’Empire, la Restauration et le règne de Louis Philippe Ier. 6/6
Paris, Ladvocat, 1837 et 1838, troisième édition (deuxième édition pour les tomes IV et VI).
6 volumes 22,5 x 14 cms.
406 + 415 + 426 + 397 + 395 + 395 pages non rognées. Reliure cartonnée verte uniforme, dos plat, titres et tomaison dorés. Couvertures originales conservées. Quelques rousseurs.

Contient :
TOME I : Introduction ; Salon de Madame Necker (1787) ; Salon de Madame de Polignac ; Salon de Monseigneur de Beaumont, archevêque de Paris ; Salon de Madame la duchesse de Mazarin ; Les Matinées de l’abbé Morellet.
TOME II : Salon de Madame Roland ; Salon de Madame de Brienne et du Cardinal de Loménie ; Salon de la duchesse de Chartres, au Palais-Royal ; Salon de la comtesse de Genlis ; Salon du marquis de Condorcet ; Salon de Madame la comtesse de Custine ; L’Atelier de Madame de Montesson, à Bièvre ; Salon de Madame de Staël, ambassadrice de Suède.
TOME III : Une lecture chez Robespierre ; Salon de Robespierre ; Salon de Madame de Sainte-Amaranthe ; Bal des victimes (Janvier 1795) ; Salon de Barras à Paris et à Grosbois ; Salon de François de Neufchâteau ; Salon de Madame de Staël sous le Directoire ; Salon de Seguin (An VII et an VIII) ; Salon de Lucien Bonaparte comme député et ministre de l’Intérieur (1798).
TOME IV : Salon de Madame de Montesson, à Paris et à Romainville ; Salon de Madame de Genlis, à l’Arsenal ; Salon de la Gouvernante de Paris (1806 à 1814).
TOME V : Salon de l’Impératrice Joséphine ; Salon de Cambacérès, sous le Consulat et l’Empire ; Salon de la duchesse de Bassano.
TOME VI : Salon de M. de Talleyrand ; Salon des princesses de la famille impériale ; Salon de Madame Récamier (en 1800) ; Salon de Madame Regnault à Saint-Jean-d’Angély ; Salon de la duchesse de Luynes.

225 €

Un Montaigne adouci

« C’est un philosophe également éloigné du superstitieux et de l’impie ; un voluptueux qui n’a pas moins d’aversion  pour la débauche que d’inclination pour les plaisirs ; un homme qui n’a jamais senti la nécessité, qui n’a jamais connu l’abondance.
Il vit dans une condition méprisée de ceux qui ont tout, enviée de ceux qui n’ont rien, goûtée de ceux qui font consister leur bonheur dans la raison. Jeune, il a haï la dissipation, persuadé qu’il fallait du bien pour les commodités d’une longue vie. Vieux, il a de la peine à souffrir l’économie, croyant que la nécessité est peu à craindre, quand on a peu de temps à pouvoir être misérable.
Il se loue de la nature ; il ne se plaint point de la fortune. Il hait le crime, il souffre les fautes, il plaint le malheur. Il ne cherche point dans les hommes ce qu’ils ont de mauvais, pour les décrier, il trouve ce qu’ils ont de ridicule pour s’en réjouir, il se fait un plaisir secret de les connaître, il s’en ferait un plus grand de le découvrir aux autres, si la discrétion ne l’en empêchait.

La vie est trop courte, à son avis, pour lire toutes sortes de livres, et charger sa mémoire d’une infinité de choses aux dépens de son jugement ; il ne s’attache point aux écrits les plus savants pour acquérir la science, mais aux plus sensés pour fortifier sa raison ; tantôt il cherche les plus délicats pour donner de la délicatesse à son goût, tantôt les plus agréables pour donner de l’agrément à son génie. »
Portrait de Saint-Évremond par lui-même. (1696)

Gentilhomme issu de la noblesse de Normandie, Charles de Saint-Évremond (vers 1613-1703) fut d’abord officier. Mis quelques temps à la Bastille par Mazarin, qui avait peu goûté ses railleries, il revient bientôt en grâce.

Nec Pluribus impar, il l'emporte sur tous, devise de Louis XIVMais, ami de Fouquet, il est entrainé dans sa chute, et s’exile en 1661 en Hollande et à Londres. Voltaire, dans Le Siècle de Louis XIV, prétend «qu’il y avait une autre cause à sa disgrâce, et qu’il n’avait jamais voulu s’en expliquer. » Et ajoute : « Lorsque Louis XIV permit à Saint-Évremond de revenir dans sa patrie sur la fin de ses jours, ce philosophe dédaigna de regarder cette permission comme une grâce ; il prouva que la patrie est où l’on vit heureux, et il l’était à Londres. »

Pendant son exil, il rencontra Hobbes, Swift et Spinoza, correspondit avec Ninon de Lenclos, fut le grand ami de la nièce de Mazarin, et composa la plupart de ses œuvres. Il fut enterré à Westminster.

« Inconscient prédécesseur du XVIIIe siècle » selon Pierre Larousse, auteur de textes le plus souvent courts, il fut un moraliste, mais bien loin de l’austérité d’un La Rochefoucauld, son contemporain.
Très fin d’esprit, il goûtait fort les paradoxes, comme par exemple la démonstration d’une « opinion qui n’est pas commune, c’est que la religion réformée est aussi avantageuse aux maris que la catholique est favorable aux amants. »

« Je ne saurais mieux le définir qu’une sorte de Montaigne adouci. Son esprit se distingue à la fois par la fermeté et la finesse ; son âme ne sort jamais d’elle-même ni de son assiette, comme il dit »,  indiqua Sainte-Beuve dans une de ses Causeries du lundi.

« Avide de tout savoir pour parler de tout, il a eu la curiosité de toute science, de tout art, même de la musique, qu’il a non seulement étudiée, qu’il a pratiquée ; mais est-ce un philosophe, un moraliste, un poète, un historien, un auteur dramatique, un savant, un satirique, un critique, un humoriste ? On ne saurait au juste le dire. […]  Par un singulier mélange, à la recherche coquette de l’homme du monde, il joint la contention laborieuse de l’homme de cabinet ; car, au fond, sous de certaines apparences d’heureuse facilité ou d’aimable négligence, son style est très étudié, très savant, tout rempli de petits secrets, de ruses même », précisa L.-D. Gilbert.

Petit échantillon :

  • « Il y a beaucoup moins d’ingrats qu’on ne croit ; car il y a bien moins de généreux qu’on ne pense. » (Pensées sur toutes choses)
  • « Pour vivre heureux, il faut faire peu de réflexions sur la vie, mais sortir souvent comme hors de soi. » (Sur les Plaisirs)
  •  « La preuve la plus sensible que j’aie trouvée de l’éternité de mon esprit, c’est le désir que j’ai de toujours être. » (Pensées sur toutes choses)
  • « On n’a jamais vu tant de règles pour faire de belles tragédies, et on en fait si peu qu’on est obligé de représenter toutes les vieilles. » (De la tragédie ancienne et moderne)
  • « Les bons juges sont aussi rares que les bons auteurs. » (Sur le goût et le discernement des Français)

Si certaines de ses oeuvres avaient déjà circulé, leur première édition complète et authentique parut deux ans après sa mort, en 1705. Elle suit un ordre chronologique, ce qui aboutit à une succession de textes que rien ne relie entre eux.

Au XIXe siècle, ce fut surtout des Œuvres choisies, ou des Œuvres mêlées qui furent publiées.

En 1927, René de Planhol propose la première édition « moderne » des textes de Saint-Évremond. Le premier volume réunit les essais de morale, de philosophie, de critique littéraire ; le second les réflexions sur l’histoire, les comédies, les poésies ; le troisième, la correspondance, les portraits, les chroniques des événements contemporains.

C’est l’édition que nous proposons aujourd’hui.

_ _ _ _ _ _ _

SAINT-EVREMOND

Oeuvres. 3/3.
Mises en ordre et publiées avec une introduction et des notices par René de Planhol.

Paris, A la Cité des Livres, 1927.

Trois volumes brochés sous couverture rempliés de 19,5 x 15 cms. XX-297 + 380 + 326 pages. Volumes non rognés à grandes marges.

Tirage à 1070 exemplaires numérotés, celui-ci 1 des 25 hors-commerce sur Hollande Van Gelder Zonen, exemplaire N°V imprimé spécialement pour Monsieur Jean Longnon, bibliothécaire, journaliste et écrivain français.

100 € + port

L’Émoi, de Jean Viollis

Mademoiselle Aline ne s’est jamais mariée. Elle vit entre sa chatte et le souvenir de sa sœur.
« Elle aimait à s’alanguir, l’esprit tranquille, s’abandonnant à l’imprécise volupté de clore ses yeux et de s’oublier. »

Ses souvenirs et ses sensations, légères et évanescentes, lui suffisent.
« Elle aimait les fruits ; elle savourait une sûre joie à presser contre son palais, avec sa langue, le fondant onctueux des poires, à sentir fuir entre ses dents l’acidulé parfum des pommes. Et quand elle mangeait un fruit, c’était une allégresse primitive qui se levait au fond d’elle, un souvenir d’antiques époques qu’elle n’aurait point connues, et dont l’émotion subsisterait encore à la limite de l’oubli, intime et sans vouloir mourir. »

Mais un soir, elle doit loger l’officier d’un régiment de passage. Il ne fait que dîner et dormir, mais sa présence, sa vitalité, et « le désolant hasard de paroles communes et pourtant décisives » lui font prendre pour la première fois conscience de sa vieillesse et de sa solitude.

« Elle revit la lourde face, les courtes mains. Il est des gens dont le destin dépasse la noblesse, et le hasard joue avec eux comme un ironique montreur de marionnettes. »

Et brusquement, tout bascule :
« On s’aperçoit tout d’un coup qu’on n’a pas su vivre. […] Et Mademoiselle, doucement, sanglota d’un amour sans but et sans fin. […] Elle était jetée hors de la loi d’amour, hors de l’existence. Quel inconnu péché de civilisation ou d’imposture pesait sur le coeur de sa race au point d’en assoupir le battement normal et sain ? […] Elle restait debout, frissonnante, meurtrie, devant le ciel qui se dorait et défaillait au crépuscule. »

Ce conte, tout en notations subtiles et pleines d’empathie, est dû à Jean Viollis (1877-1932). Au civil Henri d’Ardenne de Tizac, il fut Conservateur du Musée Cernuschi, et le mari d’Andrée Viollis, journaliste spécialisée dans les grands reportages, engagée à gauche et résistante.

_ _ _ _ _ _ _

VIOLLIS Jean

L’Émoi, illustrations d’A. Calbet.

Paris, Borel, Collection Édouard Guillaume, Lotus Bleu, 1897.

Un volume 14 x 7,5 cms. 80 pages. Double suite des hors-texte en sanguine à la tête de l’ouvrage.

Pleine reliure cartonnée beige, dos lisse avec pièce de titre rouge collée. Couverture originale conservée.
Très bon état malgré quelques piqûres en marge supérieure de quelques pages. Une deuxième page de titre illustrée est reliée entre les pages 8 et 9.

35 € + port