Un roman populaire haletant : le cycle de La Grande Iza

Alexis BouvierLa Biographie d’Alexis Bouvier est fort maigre : né en 1836, mort en 1892, il est enterré au Père-Lachaise.

Voici la brève notice que lui consacre le Supplément au Grand Dictionnaire universel de Pierre Larousse :
« Romancier et auteur dramatique, né dans une famille d’ouvriers, il apprit l’état de ciseleur en bronze, qu’il exerça jusqu’en 1863.
Pendant ses loisirs, M. Bouvier avait cherché à suppléer par l’étude l’insuffisance de son instruction première. Doué de beaucoup de verve et d’imagination, il débuta dans la carrière des lettres en écrivant des livrets d’opérettes qui eurent du succès.
Depuis lors, il a écrit des vaudevilles, des drames et un assez grand nombre de romans, qui ont paru dans divers journaux et qui rappellent la manière de Gaboriau. Quant à son style, il est vigoureux et coloré. »

Aucun autre dictionnaire ne le mentionne, pas même le récent Dictionnaire du Roman populaire francophone, publié sous la direction de Daniel Compère en 2007.

Il semble ne rester de lui qu’une chanson : La Canaille, qui aura du succès pendant la Commune de Paris :

Dans la vieille cité française
Existe une race de fer,
Dont l’âme comme une fournaise
A de son feu bronzé la chair.
Tous ses fils naissent sur la paille,
Pour palais, ils n’ont qu’un taudis.
C’est la canaille !
Eh bien ! j’en suis !
(texte complet ici)

Et pourtant, Alexis Bouvier fut l’un des soutiers du roman populaire de la fin du XIXe siècle.  Prolixe, comme la plupart de ses confrères, il a commis plus d’une trentaine de volumes.

affiche grande izaSi l’on considère que le roman populaire se définit par « un succès public affiché et la relégation symbolique dans les genres ignobles» (Pascal Ory), alors le cycle de La Grande Iza appartient bien au genre.

Aventurière sans scrupules, Iza est prête à tout.

Mais elle trouve sur sa route l’inspecteur Huret, secondé par le matelot Simon Rivet, « long comme un mât et maigre comme un arête » et Aristide Leblanc, dit Chadi, ciseleur en bronze (tiens, tiens…)

Leur lutte sera longue, la morale triomphera, mais sur le fil, et ce n’est pas la Justice qui infligera à Iza son châtiment.

Entre temps, dans un scénario vif et énergique, machinations, rebondissements, bons sentiments, (vrais) crimes et (faux) suicides, péripéties inattendues, changements d’identité, duels, se succèdent dans univers tantôt bourgeois tantôt interlope.

« Alors Huret, raconta tout ce qu’il savait sur la grande Iza, depuis le jour où Pierre Davesne et son matelot, Simon Rivet, avaient rencontré la Zingare dans le campement des banquistes forains à Montrouge, la comédie payée par Davesne, réglée par lui et qu’elle joua avec le vieux sauvage Rigobert ; lui se faisant passer pour son oncle, sous le nom de Danielo de Zinstsky, et elle ne se disant pas encore de famille princière… cette comédie consistait à faire épouser Iza à Fernand Séglin, et le malheureux devait reconnaître quelques jours après que celle qu’il adorait était une intrigante, il la surprenait dans les bras d’un bohémien du nom de Golesko, et les deux misérables le volaient et le ruinaient en le déshonorant.
Bouvier - La Grande IzaHuret raconta la deuxième période de sa vie : complice d’un assassinat, pour sauver les coupables, elle se livrait au juge d’instruction, continuant toujours sa vie de dépravation, se livrant à celui qu’elle aimait une heure, un jour ; puis un jour, ruinant des milliers de malheureux, en lançant à la tête d’une société d’escrocs, l’honnête homme qui l’adorait et qu’elle avait failli déshonorer. Elle avait encore pour complice alors ce même Karl, qui venait de l’aider dans un crime bien plus épouvantable encore, car c’était à Paris qu’elle avait passé les quelques jours de l’absence attribuée à son voyage en Moldavie… »

Au Salon de 1882, le peintre Vlaho Bukovac obtint un grand succès avec son tableau La Grande Iza (aujourd’hui au Musée de Novi Sad), peint dans le style de l’Olympia de Manet.

Nous disposons du cycle complet en 6 volumes in-12, et du volume de La Grande Iza, illustré de 55 gravures sur bois.

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BOUVIER Alexis

Cycle La Grande Iza : La Femme du mort. 2/2
Paris, Flammarion, sans date, quarante-cinquième édition [1897]. Deux volumes 18 x 12 cms. 316 + 195 pages

Cycle La Grande Iza : La Grande Iza
Paris, Flammarion, sans date, nouvelle édition [1884]. Un volume 18 x 12 cms. 588 pages.

Cycle La Grande Iza : Iza, Lolotte et compagnie
Paris, Flammarion, sans date, nouvelle édition [circa 1885]. Un volume 18 x 12 cms. 408 pages.

Cycle La Grande Iza : Iza la ruine
Paris, Marpon et Flammarion, sans date, quatrième édition [circa 1885]. Un volume 18 x 12 cms. 371 pages.

Cycle La Grande Iza : La Mort d’Iza
Paris, Marpon et Flammarion, sans date, huitième édition [circa 1885]. Un volume 18 x 12 cms. 381 pages.

Demi reliure. Dos lisse à faux nerfs dorés. Reliure un peu frottée. Bon état intérieur.

Les 6 volumes : 75 € + port

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BOUVIER Alexis

La Grande Iza, suivi de Bayonnette

Paris, Jules Rouff, sans date (circa 1890).
Collection Célèbres romans français.

Un volume 27,5 x 18,5 cms. 428 + 311 pages.
Édition illustrée de 55 gravures sur bois.
Reliure percaline rouge à décors noirs.
Coiffes usées. Texte frais.

20 € + port

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