Le Bas Empire Romain

« Je me propose d’écrire l’histoire de Constantin et de ses successeurs, jusqu’au temps où leur puissance, ébranlée au dehors par les attaques des Barbares, affaiblie au dedans par l’incapacité des Princes, succomba enfin sous les armes des Ottomans.

Le Camée de Constance (vers 335)L’Empire Romain, le mieux établi qui fut jamais, fut aussi le plus régulier dans ses degrés d’accroissement et de décadence. Ses différentes périodes ont un rapport exact avec les différents âges de la vie humaine. […] L’ouvrage que j’entreprends est l’histoire de sa vieillesse : elle fut d’abord vigoureuse, et le dépérissement de l’État ne se déclara sensiblement que sous les fils de Théodose. De là à la chute entière, il y a plus de mille ans. La puissance des Romains avait la même consistance que leurs ouvrages : il fallut bien des siècles et des coups réitérés pour l’ébranler et pour l’abattre. Et quand je considère d’un côté la faiblesse des Empereurs, de l’autre les efforts de tant de peuples qui entament successivement l’Empire, et qui sur les débris établissent tous les Royaumes de l’Europe en deçà du Rhin et du Danube, je crois voir un ancien palais, qui se soutient encore par sa masse et par la stabilité de sa structure, mais qu’on ne répare plus, et que des mains étrangères démolissent peu à peu et détruisent à la longue, pour profiter de ses ruines.

Il est vrai que les siècles antérieurs présentent une scène plus vive et plus brillante. On y voit des actions plus héroïques, et des crimes plus éclatants : les vertus et les vices étaient des effets ou des excès de vigueur et de force. Ici, les uns et les autres portent un caractère de faiblesse : la politique est plus timide, les intrigues de la Cour succèdent à l’audace ; le courage militaire n’est plus dirigé par la discipline ; les Romains de ces derniers temps ne songent plus qu’à se défendre, quand leurs ancêtres osaient attaquer ; la scélératesse devient moins entreprenante, mais plus sombre ; la haine et l’ambition emploient le poison plus souvent que le fer ; cet esprit général, cette âme de l’État, qu’on appelait amour de la Patrie, et qui en tenait toutes les parties liées ensemble, s’anéantit et fait place à l’intérêt personnel ; tout se désunit et les Barbares pénètrent jusque dans le cœur de l’Empire.»

Voila le programme que s’était fixé Charles Le Beau (1701-1778), et qu’il expose dans sa Préface.

carte du Bas Empire Romain - crédit vt.eduSe doutait-il que la publication d’une Histoire couvrant presque douze siècles (de 274 à 1453) s’étalerait sur 60 ans (de 1757 à 1817) ?
Qu’il n’en verrait pas la fin, puisqu’il meurt après avoir rédigé le vingt-et-unième volume ? (mais il était parvenu à l’an 1255).
Que son œuvre serait heureusement continuée par Ameilhon, qui acheva l’ouvrage en 1811 ?
Et que six ans plus tard, un libraire nommé Ravier établirait deux volumes de Tables, précédées d’une préface fleurant bon la Restauration ?

Et puisque nous parlons d’histoire, constatons que Pierre Larousse crédite Ameilhon d’avoir, en tant que Bibliothécaire de l’Arsenal, « préservé de la destruction une multitude de volumes et de manuscrits confisqués pendant la Révolution », tandis que le Dictionnaire historique et biographique de la Révolution et de l’Empire de Robinet lui reproche d’avoir « sur l’ordre des autorités révolutionnaires, présidé à l’incinération d’un nombre considérable de documents concernant l’histoire de la monarchie et de la noblesse »…

Le même Pierre Larousse trouve l’ouvrage de Le Beau inférieur à celui de son presque contemporain confrère anglais Gibbon, mais pourquoi ne pas comparer ?

Pour les lecteurs plus pressés, nous disposons également de l’ouvrage d’Antoine Caillot, Abrégé de l’Histoire du Bas Empire de Lebeau, depuis Constantin le Grand jusqu’à la mort de Mahomet II. Mais faut-il s’en contenter ? Le Beau a lui-même condamné par avance ce type de résumé : « C’est en général un mauvais service que rendent ces abrégés : l’ignorance paresseuse trouve dans ces ouvrages de quoi satisfaire une vanité superficielle, qui aime à s’instruire à peu de frais, pour discourir de tout sans rien savoir. » (Tome XVI, page XV). Certes, mais un abrégé est aussi moins onéreux…

_ _ _ _ _ _ _ _

Le Beau - Histoire du Bas Empire RomainLE BEAU, puis AMEILHONLe Beau - Histoire du Bas Empire

Histoire du Bas Empire, en commençant à Constantin le Grand. 27/27 + 2 volumes de Tables

Paris, Desaint et Saillant, 1757-1786 (tomes I à XXIV), puis Le Clère, An XI-1803 (tome XXV), puis Crapart, Caille et Ravier, 1807-1811 (tomes XXVI et XXVII), 1817 (Tables).

Le Beau - Histoire du Bas Empire29 volumes 16,5 x 9,5 cms. Pleine reliure du temps. Dos à 5 nerfs, pièces de titre et de tomaison. Tranches rouges. Trois séries de reliure, différentes surtout par la couleur des pièces de titre et de tomaison, et par les pages de garde pour la troisième série : première série des tomes I à XIV, deuxième série des tomes XV à XX, troisième série des tomes XXI à XXIX. Quelques petites traces d’ex-libris en garde de quelques volumes, sinon très bon état.

Le Beau - Histoire du Bas Empire1 750,00 €

_ _ _ _ _ _ _ _

Abrégé de LebeauCAILLOT Ant.

Abrégé de l’Histoire du Bas Empire de Lebeau, depuis Constantin le Grand jusqu’à la mort de Mahomet II, seconde édition augmentée d’une Table des noms propres d’hommes et de femmes. 2/2 .

Lille, Lefort, 1842. Deux tomes en un volume 17 x 11,5 cms. 316 + 296 pages. Deux gravures hors texte en frontispice de chaque tome. Demi reliure. Dos orné de motifs à froid. Reliure frottée. Bon état intérieur.

45,00 €

Cette entrée a été publiée dans Histoire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s