De l’art mimique

Charles Aubert - L'Art mimique

« Pourquoi la perfection de l’art dramatique réside-t-elle dans la pantomime ? C’est que celle-ci n’admet point de phrases oiseuses ni un dialogue lourd ou lent ; c’est que le spectateur, sans cesse ému, sans cesse interrogé, compose les paroles pour ces êtres muets dont il interprète les moindres mouvements, et la sensation que l’on se crée est plus agréable et plus profonde que celle que l’on reçoit », écrivait Louis Sébastien Mercier dans le Journal de Paris du 19 Thermidor an VI [6 août 1798].

Mais, « mal aimée du public moderne, la pantomime partage avec la photographie le privilège d’être un art entaché d’impureté : scène du hors-texte et art du corps muet, théâtre populaire en marge des grands genres, loin d’apparaître comme la rivale malheureuse du medium photographique, elle se présente en fait comme une réponse possible aux défis lancés par l’émergence des nouvelles images tout au long du XIXe siècle. Regardant et du côté de la mécanique des corps réifiés et du côté des dispositifs pulsionnels, elle conjoint ce que le langage tend à séparer, et pose à sa façon les conditions de possibilité de l’art moderne par excellence que sera le cinéma », complète Arnaud Rykner dans l’introduction à son article, La pantomime comme réponse théâtrale aux nouvelles images dans la seconde moitié du XIXe siècle. (ici)

Charles Aubert, qui a laissé peu d’autres traces dans l’histoire (sa fiche à la BNF indique qu’il est né en 1851 mais ne connaît pas la date de sa mort) a rédigé un ouvrage pratique, paru en 1901, qui sera même traduit aux États-Unis en 1927, L’Art mimique, suivi d’un traité de la pantomime et du ballet.

Charles Aubert - De l'Art mimiquePour Aubert, la mimique « est l’art de reproduire par tous les moyens possibles, mais principalement par soi-même, avec son propre corps, tous les mouvements visibles par lesquels se manifestent les émotions et les sentiments humains ». La mimique est donc « l’auxiliaire obligé de tous les arts lorsqu’ils sont appliqués à la représentation de l’homme pensant, sentant et agissant. »

Le langage mimique est impérissable, « puisqu’il est la manifestation involontaire et inséparable de la sensibilité » et se trouve « universellement usité et compris ».

Et le spectateur se verra « entrainé, en vertu du principe d’imitation, à partager, à ressentir lui-même l’émotion dont on lui montre tous les signes ».

Charles Aubert - De l'Art mimiqueLe livre d’Aubert se veut résolument pratique. Il détaille d’abord les exercices d’assouplissement préalable, puis les mouvements élémentaires, du corps et des membres, du visage, puis des mains ; avant d’aborder « les expressions complètes » : « expressions empreintes de volonté et d’intelligence » (modestie, hypocrisie, orgueil, déception, etc.), puis les « expressions passives, où la volonté et l’intelligence sont momentanément paralysées » (amour, ignorance, envie de pleurer, étonnement…). Il est illustré par 200 dessins de l’auteur, tous liés à des situations concrètes.

Après les mouvements et les expressions, le spectacle. Le Traité de la pantomime propose « les ressources nécessaires pour que la pantomime devienne un spectacle suffisamment complet, intelligible et intéressant, digne d’être offert au public. »

Avis aux successeurs potentiels du mime Marceau…

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Charles Aubert - De l'Art mimique

AUBERT Charles

L’Art mimique, suivi d’un traité de la pantomime et du ballet. 200 dessins par l’auteur.

Paris, E. Meuriot, 1901. Un volume broché 24 x 16 cms. 248 pages.
Couverture papier sur laquelle ont été rapportés des éléments de la couverture originale.
Très bon état intérieur, mais quelques pages presque débrochées.

200 €

Anthologie des seconds couteaux

En 1880, le grammairien Prosper Poitevin fait paraître les deux volumes d’une anthologie : Petits poètes français de la fin du XVIIe à la fin du XVIIIe siècle.

Elle renferme bien des pépites.

Bien sûr, on y trouve de multiples variations sur l’Amour ou la Nature, ainsi que des adaptations d’auteurs classiques comme Virgile ou Homère. Mais il est du charme dans les différences d’exécution de ces exercices imposés.

Et quelques bonnes surprises, comme les poèmes en vers de 5 pieds consacrés aux Quatre saisons, par Gentil Bernard, par exemple. Ou la pièce de Chaulieu, Sur la première attaque de goutte que j’eus en 1695.

Quelques vers isolés auraient mérité de passer à la postérité :

Tu vois trop mon rival, et tu me vois trop peu. (Chaulieu)

Beaux titres de tout temps suivirent la Finance. (Sénecé)

Tout louer est d’un sot, tout blâmer est d’un fat. (Marie-Joseph Chénier)

L’Homme veut être, et ne peut résister
Au sentiment de sa propre durée. (Marmontel)

Dont certains peuvent aussi être lus à double sens :

Le sexe fait valoir les traits du badinage
Et sa vive saillie emporte un doux suffrage. (Le Brun)

Quelques audacieux tentèrent de rivaliser avec La Fontaine, sans que la morale de leurs fables supporte la comparaison.
Tel Imbert :

Dès qu’on eût aux vertus enlevé leur salaire,
On ne vit presque plus d’animaux vertueux.

 Ou Florian :

Soyons contents du nécessaire,
Sans jamais souhaiter de trésors superflus :

Il faut les redouter autant que la misère,
Comme elle, ils chassent les vertus.

Il réussit mieux quand il ne s’encombre pas d’animaux, comme dans Les Deux chauves :

 Un jour deux chauves dans un coin
Virent briller certain morceau d’ivoire :
Chacun d’eux veut l’avoir : dispute et coups de poing.
Le vainqueur y perdit, comme vous pouvez croire,
Le peu de cheveux gris qui lui restaient encor.
Un peigne était le beau trésor
Qu’il eut pour prix de sa victoire.

Ce siècle est celui de l’esprit, qu’il soit amoureux :

Je dis un jour à mon amie :
Avant que Doris fut à moi,
Avant le bonheur de ma vie,
Quel autre avait-il eu sa foi ?
Je vois ma bergère qui compte
Gravement avec ses dix doigts :
Le rouge au visage me monte,
Je frissonnais à chaque fois.
Ton calcul a de quoi confondre :
As-tu formé tant de liens ?
Paix ! dit elle ; avant de répondre,
Je m’amuse à compter les tiens.
(Léonard, La Question indiscrète)

ou littéraire :

Dans une liste triomphante
De célèbres auteurs que votre livre chante
Je ne vois point mon nom placé.
A moi, n’est-il pas vrai ? vous n’avez point pensé.
Mais aussi dans le même rôle
Vous avez oublié Pascal,
Qui pourtant ne pensait pas mal.
Un tel compagnon me console.
(Madame Deshoulières, Au R.P. Bouhours, sur son livre de L’Art de bien penser sur les ouvrages d’esprit)

Ce siècle est aussi traversé par des sujets récurrents : Il n’y a pas que Voltaire et Rousseau à être marqués par le tremblement de terre qui détruisit Lisbonne :

Tu fus, Lisbonne, ô sort barbare !
Tu n’es plus que dans nos regrets !
Un gouffre est l’héritier avare
De ton peuple et de tes palais :
Tu n’es à la vue alarmée
Qu’une solitude enflammée
Que parcourt la mort et l’horreur :
Un jour les siècles, en silence,
Planant sur ton cadavre immense,
Frémiront encor de terreur.
(Le Brun, extrait de l’Ode sur la mort de Lisbonne)

Ce siècle est aussi celui de la philosophie, et de l’Encyclopédie.
Avec ses ardents partisans :

Le genre humain, déchu de ses droits légitimes,
Au joug usurpateur semblait partout s’offrir,
Et méritait sa honte en daignant le souffrir.
[…]
Aux feux qu’ont allumés Rousseau, Bayle et Voltaire,
J’ai vu se dissiper cette ombre héréditaire
Qui couvrait les humains dans la nuit expirans.
[…]
Philosophes français, nés dans l’âge éclairé
Que les fils de Tartufe ont en vain dénigré,
Cultivant chaque jour l’intelligence humaine,
Vous avez fait valoir et grossi son domaine.
(M.-J. Chénier, Discours sur la calomnie)

Et ses violents détracteurs :


Et tous ces demi-dieux, que l’Europe en délire
A depuis cent hivers l’indulgence de lire,
Vont dans un juste oubli retomber désormais,
Comme de vains auteurs qui ne pensent jamais !
[…]
Et ce vain Beaumarchais, qui trois fois avec gloire
Mit le mémoire en drame et le drame en mémoire ;
Et ce lourd Diderot, docteur en style dur,
Qui passe pour sublime à force d’être obscur ;
Et ce froid D’Alembert, chevalier du Parnasse,
Qui se croit un grand homme et fit une préface.
(Gilbert, Le Dix-huitième siècle, satire, à M. Fréron)

Dans la rubrique Querelles Littéraires, une mention particulière va à Ponce-Denis Écouchard Le Brun, dont l’ennemi intime semble être La Harpe, prolifique écrivain au succès mitigé, et auteur d’un Cours de littérature française en 18 volumes, parfois fort critiqué.

Non, La Harpe au serpent n’a jamais ressemblé ;
Le serpent siffle, et La Harpe est sifflé.

Oh ! La Harpe est vraiment un professeur unique !
Il vous parle si bien de vers, de poétique,
Qu’instruit par ses leçons, on ne peut désormais
Lire un seul des vers qu’il a faits.

Mais Le Brun avait plus qu’un ennemi. A Baour-Lormian qui l’avait attaqué par ces vers :

Le Brun de gloire se nourrit ;
Ainsi, voyez comme il maigrit.

Il répondit :

Sottise entretient la santé,
Baour s’est toujours bien porté.

Il n’hésitait pas non plus à attaquer l’Académie :

On fait, défait, refait ce beau dictionnaire,
Qui, toujours très bien fait, sera toujours à faire.
(Sur notre Dictionnaire Académique)

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Petits Poètes FrançaisPOITEVIN Prosper
Petits Poètes français, depuis Malherbe jusqu’à nos jours, avec des notices biographiques et littéraires sur chacun d’eux. 2/2
Paris, Firmin-Didot, 1880. Deux volumes 26,5 x 18 cms. 678 + 760 pages. Demi reliure. Dos à 4 nerfs.
Reliure frottée avec petits manques en coiffe et aux mors. Coins émoussés. Rares rousseurs.

70 € + port

Un Panthéon littéraire

En 1835, l’éditeur Desrez lance une collection intitulée Le Panthéon littéraire, qui doit rassembler la quintessence des productions de l’esprit humain.

L’objectif est ambitieux : « Le Panthéon littéraire, bibliothèque universelle, n’est pas seulement une entreprise de librairie, la plus grande qu’on ait encore tentée, c’est une conception de haute morale publique, un essai d’instruction nationale dont la fin suprême est de réunir dans les mêmes principes toutes les classes de la société. Il s’agit d’habituer les esprits les plus vulgaires aux images du beau et du bon, de jeter dans la circulation une grande masse d’idées civilisatrices, de détruire partout l’erreur par la présence de la vérité, et, pour tout résumer en un mot, de rendre les plus sublimes pensées du génie communes à tout un peuple ! »

Mais l’aventure tournera court rapidement. Seuls seront publiés Brantôme, Montaigne, Machiavel et l’historien écossais Robertson.

Louis-Aimé Martin, co-directeur avec Jean Alexandre Buchon de cette collection, publie en 1837 un volume qui s’en veut l’introduction, sous le titre de Plan d’une Bibliothèque Universelle, études des livres qui peuvent servir à l’histoire littéraire et philosophique du genre humain, suivi du catalogue des chefs d’œuvre de toutes les langues et des ouvrages originaux de tous les peuples.

Il s’agit d’abord d’expliciter le plan retenu. Le Système figuré des connaissances humaines, publié en tête de l’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert, est rejeté comme « un système vicieux, arbitraire, et peu philosophique »… Celui de Bacon, à la base du précédent, aurait dû « être reconstruit, et peut-être n’eussions-nous pas fait mieux que nos modèles. »

Reste donc « l’ordre bibliographique », qui « éveille moins de pensées, mais est clair, précis et sans péril dans ses erreurs ».

D’ordre pédagogique, il n’est pas question.

L’intérêt de ce volume est de brosser un panorama synthétique et commenté de chacun des domaines qui devaient constituer le Panthéon littéraire. Même imprégné d’un fort sentiment anti-déiste et croyant en la supériorité de la religion catholique, Louis-Aimé Martin fait parfois preuve d’une surprenante ouverture d’esprit. Ainsi il retient comme fondamentaux les livres sacrés de la Chine, de la Perse et de l’Inde, ainsi que le Coran. Et, au chapitre Jurisprudence, se prononce clairement contre la peine de mort.

La Translation de Rousseau au PanthéonMontesquieu est loué, Diderot critiqué, Platon et Aristote portés aux nues, Rousseau traité de « paradoxal ». Vauban est encensé pour son projet de réforme des impôts, longuement détaillé.

Les ouvrages de Physique et de Chimie sont peu nombreux car, du fait des découvertes incessantes, « ils n’ont qu’une vie transitoire », à l’exception de Galilée, Newton et Buffon.

La Médecine, elle, est « restée en arrière », il faut donc se satisfaire d’Hippocrate et de Bichat.

Mais, « remarquables par un caractère de grandeur sauvage, les débris de la poésie arabe antérieure à Mahomet offrent une inspiration violente et puissante qu’on ne dédaignera jamais. »

Et puis : « Comparez l’histoire universelle de Voltaire à l’histoire universelle de Bossuet, et voyez si les incrédulités du philosophe ne sont pas la conséquence logique des implacables doctrines du prêtre. Ici la raison lutte contre la foi, l’examen contre l’adoration, la raillerie contre la menace. Les excès ont amené la révolte, et parce que dans Bossuet tout se termine par la violence et la damnation, il faut que dans Voltaire tout se termine par la dérision et l’impiété. »

Borges a dit quelque part que « trier une bibliothèque, c’est se livrer à une critique silencieuse ». Ici, elle ne l’est pas.

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Louis-Aimé Martin - Plan d'une bibliothèque universelleLouis Aimé Martin

Plan d’une bibliothèque universelle, études des livres qui peuvent servir à l’histoire littéraire et philosophique du genre humain, suivi d’un catalogue des chefs d’œuvre de toutes les langues et des ouvrages originaux de tous les peuples.

Paris, Desrez, 1837. Un volume 23 x 14,5 cms. 541 pages.
Demi reliure, dos à 4 nerfs soulignés de filets dorés, motifs à froid sur les caissons.
Reliure un peu frottée, des rousseurs le plus souvent en marge et n’empêchant pas la lecture.
Bon état global.

35 € + port

J’aime la lecture, et la reliure est sa plus grande ennemie

Les livres sont des amis qu’il faut pouvoir traiter familièrement. J’aime la lecture, et la reliure est sa plus grande ennemie. S’il y a une profession inutile, c’est celle des relieurs ; elle ajoute à la cherté des livres, et nuit à leur usage : c’est du carton doré et surdoré, ce sont des peaux de bêtes bien polies, dont on couvre les productions du génie, et que l’on vend à l’ostentation et à l’ignorance. Le relieur me défend d’y toucher, en enfermant le chef d’œuvre de la pensée entre deux planches bien dures, et dès que l’on dit d’un livre : Ô que cela est bien relié ! c’en est fait, on ne l’ouvre plus. Les feuilles peu à peu se collent de manière qu’on n’ose plus les séparer ; le volume doré et brillant figure en masse, et n’est plus qu’un meuble meublant.

Avec ce que coûtent les reliures, on aurait une autre bibliothèque : mais on achète des livres comme des magots de la Chine et des biscuits de Sèvres, pour en faire ornement ; et tel dit avec une naïveté remarquable : Après tout, le prix s’en trouvera dans mon inventaire. Ne vaudrait-il pas encore mieux avoir des pensées que des peaux de mouton ?

Quand j’entre dans une de ces bibliothèques qui ressemblent à un grand rideau diapré, je dis du possesseur : Il achète, il dépense, et il ne lit pas. La Fontaine a dit du trésor d’un avare : «Mettez-y une pierre, elle vous vaudra tout autant.» Ce mot ne saurait avoir une plus heureuse application.

Cependant, les livres sont faits pour être lus et relus, maniés et remaniés. Un Horace tout neuf ne peut appartenir qu’à un sot. Les livres sont comme les olives, les pochetés sont les meilleurs.

reliuresMais comment aborder ce chef d’œuvre, sorti des mains du relieur avec des parures éblouissantes ? Il est artistiquement encadré dans du veau fauve ou du maroquin du dernier fini ; des ciselures, des filets et des filigranes en tracent le pourtour, c’est un vrai bijou ; on le rangera avec respect sur des tablettes non moins imposantes, et qui ne cèdent en rien à la pompe des volumes ; ils dorment là toute l’année, et jamais le soleil ne caresse leur dos.

A moi, faciles et complaisantes brochures ! vous ne m’empêchez pas, comme les belles éditions, de lire longtemps ; vous ne me fatiguez ni l’œil, ni la main, vous n’êtes point rebelles à mes caresses. Je tourne et retourne le livre dans tous les sens ; il m’appartient, je le corne et le charge de notes ; je fais connaissance avec lui d’un bout à l’autre. Ô brochures ! vous ne surchargez point ma table ; et si vous tombez, je ne crains ni pour vous ni pour moi.

Mais ce livre superbement relié, je n’en puis rien faire ; il m’échappe des doigts, il a un air matériel, il m’offre la dépouille de tel animal qui convient il est vrai à certains ouvrages impies et libidineux, mais toi, mon cher Marc Aurèle, toi qui sur le trône du monde connus la simplicité, qu’as-tu besoin d’être relié en maroquin ?

Entrez chez moi, vous n’y trouverez pas un seul volume relié ; c’est que je tourmente mes livres. Quand j’achète ce qu’on appelle un bouquin, vite je lui casse le dos, j’ai bien soin de le dépouiller de ses vieilles planches, parce que je veux qu’il s’ouvre facilement sur ma table, et que pour lire, je ne veux employer ni pupitre ni marbre à poire ou à pomme.

On m’objectera la conservation des livres : mettez-les dans des cartons ou dans des cassettes en bois. D’ailleurs, quelques choses que vous fassiez, dans cinq ou six cents ans au plus, aucun de nos livres imprimés n’existera plus. Les infiniment petits dévorateurs nés de tout ce globe, les vermisseaux, auront mis en poudre les vers de l’abbé Delille, et qui pis est, la Philosophie de la nature d’un autre Delille, et tous mes tomes !

Louis-Sébastien Mercier
Journal de Paris. 20 nivôse an VII [9 janvier 1799]

Est-ce le vent qui tourne, ou la girouette ?

Dictionnaire des GirouettesEn 1815, une bande de joyeux iconoclastes fait paraître pas moins de trois éditions d’un ouvrage dont le titre est tout un programme : Dictionnaire des Girouettes, ou nos contemporains peints d’après eux-mêmes. Ouvrage dans lequel sont rapportés les discours, proclamations, extraits d’ouvrages écrits sous les gouvernemens qui ont eu lieu en France depuis vingt-cinq ans ; et les places, faveurs et titres qu’ont obtenus dans les différentes circonstances les hommes d’Etat, gens de lettres, généraux, artistes, sénateurs, chansonniers, évêques, préfets, journalistes, ministres, etc. etc. etc ; par une Société de Girouettes.

Grâce au Dictionnaire des ouvrages anonymes de Barbier, nous en connaissons les auteurs… et ceux qui ne le sont pas. Voici sa notice :
« Dictionnaire des girouettes... Par Alexis Eymery. Beaucoup de notes lui avaient été fournies par MM. P.-J. Charrin, Tastu, René Périn, et plus encore par le comte César de Proisy d’Eppe, ce qui a fait attribuer cet ouvrage à ce dernier. Il fut aussi attribué à A.-J.-Q. Beuchot qui, dans la Bibliographie de la France, 1815, p. 445, en désavoua la paternité. »

Gravure en frontispice du Dictionnaire des girouettesLe programme est clair :
« C’est armés d’un télescope à réflexion et par réfraction, que nous avons distingué les grandes girouettes et leurs satellites :
Royale en 1791
Conventionnelle en 1792, 93, 94 et 95
Directoriale en 1795
Consulaire en 1799 (an 8)
Impériale en 1804 (an 12)
Royale en 1814 (à partir du mois d’avril)
Impériale en 1815 (du 20 mars au 8 juillet)
Et Royale en 1815 (à partir du 8 juillet) »

Mais l’enjeu ne l’est pas moins :
« Indépendamment de l’intérêt historique attaché à ce Dictionnaire, nous osons croire qu’il offre une grande pensée morale susceptible des développements les plus utiles. Le point d’où sont partis tant d’hommes-girouettes, les avantages incontestables que leur système de conduite leur a procurés, ne sont-ils pas pour la génération naissante, pour les girouettes en espérance, un encouragement et un gage certain de prospérité ? Que tant de fortunes brillantes, faites parce qu’on avait eu l’attention d’observer de quel côté soufflait le vent, contrastent bien avec l’état de médiocrité où sont demeurés quelques originaux, follement obstinés à ne pas abandonner les opinions qu’ils avaient une fois embrassées dans la sincérité de leur cœur, et en ne suivant que les lumières de leur conscience ! » (préface de la 3e édition)

Qu’en aurait dit Edgar Faure , pour qui « ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent  » ?

Et,  nouveauté de la troisième édition ainsi que plagiat par anticipation du guide Michelin, chaque nom cité est accompagné d’un nombre variable de girouettes, correspondant à sa plus ou moins grande flexibilité.

De ces notices le plus souvent solidement étayées par des citations et des documents, nous pouvons extraire trois catégories de girouettes :

girouetteLes Champions (7 girouettes et plus)
On ne s’étonnera pas de trouver en tête du classement des hommes comme Cambacérès, Fouché ou Talleyrand-Périgord. Mais la souplesse d’échine de certains autres a été omise par la postérité.
Tel Lacépède, collaborateur de Buffon et continuateur de ses œuvres : « Il serait difficile de dire à quelle aile du moulin politique M. Lacépède n’a point prêté serment. Directeur du cabinet du roi au jardin royal des curiosités naturelles et des plantes étrangères, avant la révolution, il avait reçu de Louis XVI le cordon de Saint-Michel. Il fut ensuite membre et président de la première assemblée législative. Au nom de l’institut, M. Lacépède porta la parole, et félicita le conseil des cinq-cents d’avoir rendu le sublime décret qui ordonnait d’aller, tous les ans, processionnellement, au champ de Mars, jurer haine à la royauté. Sous le rapport de l’accolade fraternelle que reçut M. Lacépède, et du serment, nous pouvons lui donner un second certificat de revirement. Admis au sénat, le 3 nivôse an 8 ; grand-aigle de la légion d’honneur ; ministre d’état ; bénéficier de la sénatorerie de Paris ; grand-chancelier de la légion d’honneur, etc. Nommé par le roi pair de France, le 4 juin, 1814 ; enfin, grand-maître de l’université nommé par l’empereur (mai 1815). C’est M. Lacépède qui a dit que la conscription n’enlevait que le luxe de la population, et qui, parlant des conscrits, ajoutait froidement : « Parvenus à l’âge où l’ardeur est réunie à la force, ils trouveront dans l’exercice militaire des jeux salutaires et des délassements agréables » (Moniteur du 16 mars 1812).

Le Peloton (de 3 à 6 girouettes) regroupe les courtisans ordinaires, incolores, inodores, mais pas  forcément sans saveur.
En voici trois spécimens :

Fabre de l’Aude (Jean-Pierre). Président du tribunat ; sénateur le 14 août 1807 ; commandant de la légion d’honneur. Il compara alors Madame, mère de l’empereur, à la mère du Christ : « La conception que vous avez eue en portant dans votre sein le grand Napoléon, n’a été assurément qu’une inspiration divine. »

Carte postale : La Girouette des Cent JoursFéletz, ou Félès, comme on voudra, l’un des rédacteurs du Journal de l’Empire ou des Débats, disait la messe avant la révolution, et édifiait tous les fidèles autant par ses pieux discours que par son exemple ; depuis la révolution, ayant quitté la soutane, il s’est mis aux gages des propriétaires du Journal des Débats, à cent francs l’article, ce qui est un peu cher à la vérité ; mais on ne peut jamais payer assez un abbé plus savant que Desfontaines, plus spirituel que Fréron, et plus piquant que Geoffroi. Le traitement des journalistes lui ayant paru trop mesquin, il a sollicité et obtenu, sous Napoléon, la place de conservateur de la Bibliothèque Mazarine, où l’on peut à l’aise faire le métier de chanoine. On avait cru qu’au retour de l’auguste famille des Bourbons en France, M. l’abbé reprendrait sa soutane ; on s’est trompé. M. Féletz continue de diriger le Journal des Débats, et de conserver sa place de bibliothécaire, en dépit des auteurs, des artistes, et surtout des philosophes, qui n’aiment point les renégats.

Lezai-Marnézia (Adrien). D’une ancienne maison de Franche-Comté, se fit d’abord connaître dans le monde par des brochures républicaines. Oncle de Mlle de Beauharnais, aujourd’hui grande-duchesse de Bade, il parvint aux honneurs sous le règne impérial, fut ministre plénipotentiaire à Wurtzbourg ; comte de l’empire ; commandant de la légion d’honneur ; préfet de Rhin et Moselle, et ensuite de Strasbourg. Il reçoit Monsieur, comte d’Artois, en mars 1814 ; sa préfecture lui est conservée par le roi. Mort en octobre 1814.

Les Petits Joueurs (1 ou 2 girouettes).
Ce sont les obscurs, sans lesquels les engrenages ne tourneraient pas. Ainsi :

Bertholet (Claude-Louis). Membre de l’institut, grand officier de la légion d’honneur, sénateur le 3 nivôse an 8, et un des savants les plus distingués ; mais le génie et le commerce vont rarement ensemble. M. Bertholet en offre un nouvel exemple ; il avait voulu élever une manufacture de produits chimiques ; mais le savant oubliant qu’il était négociant, consommait en expériences au-delà de ses bénéfices ; il fut réduit, malgré le revenu de ses places, à s’absenter de la cour, faute d’y pouvoir paraître avec l’éclat convenable à son rang. L’empereur s’apercevant de son absence en connut les motifs ; il le fit venir : « M. Bertholet, dit-il, j’ai toujours cent mille écus au service de mes amis », et il lui donna cette somme. Bertholet signa la déchéance de Napoléon ; le roi le nomma pair, le 4 juin 1814.

Lalande (Jérôme). Fameux astronome, qui composa dans la révolution un dictionnaire des athées, où il mit lui-même son nom. Il n’en fit pas moins, à la tête de l’institut, lors du couronnement de l’empereur, un discours du pape, sur les avantages et le bonheur qu’avait produit la religion chrétienne.

Sambucy (Gaston de). Maître des cérémonies de la chapelle de l’empereur (1811). Le même, maître des cérémonies de la chapelle du roi, sous le nom de l’abbé de Sambucy. Ces petits rapprochements suffisent pour montrer qu’il est indifférent à certains individus de crier alternativement : Vive le roi ! vive la ligue ! Le dictionnaire des Girouettes n’a eu pour but que de prouver cette immense vérité.

Deux pages du Dictionnaire des girouettes

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[Dictionnaire des girouettesEYMERY Alexis, PROISY D’EPPE César de, CHARRIN Pierre-Joseph, TASTU, PERIN René]

Dictionnaire des Girouettes, ou nos contemporains peints d’après eux-mêmes. Ouvrage dans lequel sont rapportés les discours, proclamations, extraits d’ouvrages écrits sous les gouvernemens qui ont eu lieu en France depuis vingt-cinq ans ; et les places, faveurs et titres qu’ont obtenus dans les différentes circonstances les hommes d’Etat, gens de lettres, généraux, artistes, sénateurs, chansonniers, évêques, préfets, journalistes, ministres, etc. etc. etc ; par une Société de Girouettes. Orné d’une gravure allégorique.

Paris, Alexis Eymery, 1815, troisième édition, revue, corrigée et considérablement augmentée, ornée d’une gravure allégorique.
Un volume 21 x 13,5 cms. XII-501 pages.
Une gravure couleur en frontispice.
Demi reliure. Dos à faux nerfs et motifs dorés. Pièce de titre. Tranches marbrées.
Des rousseurs éparses, principalement en marge, plus fortes sur certains cahiers. Bon état global.

125 € + port

Du retournement des feuilles

Charles Bonnet - Crédit : Europeana - Wellcome Libray, London« Je suis par dessus tout la méthode de l’Observateur, que je regarde à bon droit comme la plus sûre ».

Telle est la règle que s’est fixé Charles Bonnet (1720-1793), naturaliste suisse qui, après avoir étudié les insectes, a dû, à cause de la faiblesse de ses yeux, se tourner vers l’étude des plantes.

« Par l’importance de ses découvertes, par la hardiesse de son imagination, par son ouverture d’esprit qui le rendait accueillant à toute nouveauté, par le profond sentiment qu’il avait de son ignorance en face des complexités de la nature vivante, Charles Bonnet mérite d’être compté parmi les fondateurs de la biologie moderne » déclare Jean Rostand dans une conférence prononcée en 1966.

Ses Recherches sur l’usage des feuilles dans les plantes sont une parfaite illustration de sa méthode. C’est un traité qui permet aussi d’observer l’observateur. Chaque expérience est très précisément décrite : protocole, expérimentation, résultat obtenu, et comporte une explication détaillée des planches qui l’accompagnent.

« Le premier Mémoire a pour objet la nutrition des Plantes par leurs feuilles. J’y produis un grand nombre d’expériences curieuses qui démontrent que les feuilles sont des espèces de racines aériennes, qui pompent l’humidité et les exhalations répandues dans l’air. On avait dit cela avant moi ; mais on ne l’avait pas établi sur des preuves assez solides : on avait plus conjecturé qu’expérimenté.
Recherches sur l'usage des feuilles dans les plantesLa direction et le retournement admirables des feuilles font la matière du second Mémoire. J’y rapporte en détail les nombreuses expériences auxquelles j’ai dû ces vérités intéressantes, et celles qui m’ont prouvé que ce mouvement en apparence spontané, s’exécute dans l’eau comme dans l’air, et sur des feuilles détachées de leur sujet, comme sur celles qui lui demeurent unies.
Dans le troisième Mémoire, je m’occupe de la cause finale de la distribution régulière des feuilles autour des tiges et des branches, et je prouve que cet arrangement symétrique tend à assurer aux feuilles le plein exercice de leurs principales fonctions.
Dans le quatrième Mémoire, je parcours diverses singularités plus ou moins frappantes que nous offrent les parties extérieures des plantes.
Dans le cinquième Mémoire, je décide de la question si agitée de la route par laquelle la sève s’élève dans le corps de la plante, et je recherche la cause de ce que les jardiniers ont nommé l’étiolement. »

Une expérience

Bonnet - Usage des feuilles - Planche VISecond Mémoire. Chapitre XXXIV. Du retournement des tiges & des branches. Observations de Dodart. Expérience de l’Auteur pour démontrer le repliement des tiges. Que le Gui fait une exception remarquable à la loi du redressement des tiges.

« Les feuilles ne sont pas les seules parties de la plantes exposées à nos yeux, où l’on observe le mouvement singulier dont nous parlons. La tige et les branches y participent aussi plus ou moins, à proportion de leur souplesse. De jeunes tiges inclinées vers la terre, se redressent peu à peu, et regagnent la perpendiculaire. Dans celles qui n’ont de libre que l’extrémité, c’est cette extrémité qui se redresse.

M. Dodart est encore le premier qui ait observé ce fait. Des pins, qu’un orage avait abattus sur le penchant d’une colline, attirèrent l’attention de cet habile Physicien. Il remarqua avec surprise que toutes les sommités des branches s’étaient repliées sur elles-mêmes pour regagner la perpendiculaire, en sorte que ces sommités formaient avec la partie inclinée, un angle plus ou moins ouvert, suivant que le sol était plus ou moins oblique à l’horizon.

Le 8 octobre, j’ai incliné perpendiculairement en embas un pied de mercuriale, après l’avoir dépouillé d’une partie de ses feuilles [Pl. VI. Fig. 2]. Je l’ai retenu fixé de cette façon par un fil [l] attaché à peu près vers le milieu de la longueur de la tige. Dans cette position, les feuilles [f, f,] présentaient leur surface inférieure [i, i,] au ciel. Le thermomètre de M. de Réaumur était alors à 11 degrés.

Bonnet - Usage des feuilles - Planche VIIAu bout de deux jours, l’extrémité supérieure [Pl. VII, S] de la plante s’était redressée ; la direction était à peu près perpendiculaire à l’horizon. Les feuilles [f, f,] avaient leur surface supérieure [s, s,] tournée vers le ciel. On observait que la principale inflexion de la tige s’était faite dans un des nœuds [n] ; et c’est une observation que j’ai eu depuis bien des occasions de répéter.

Le gui fait une exception très remarquable à la loi qui veut que toute plante inclinée se redresse. »

Ce n’est pas innocemment que Bonnet cite le gui. « Le naturaliste philosophe doit surtout insister sur les exceptions aux règles qu’on estime générales. Rien n’est plus propre à former le jugement et à le prémunir contre les conclusions précipitées qui sont l’écueil le plus dangereux de la physique. », écrira-t-il. Plus tard, Flaubert ira encore plus loin, en recherchant, pour Bouvard et Pécuchet, une exception à l’exception…

Humble devant les faits, reconnaissant ce qui est dû aux savants qui l’ont précédé, Bonnet est un véritable savant des Lumières : Il constate mais ne conclut pas.

« Combien le vrai philosophe est-il intéressé à se pénétrer de plus en plus du sentiment de son ignorance ! Tout l’orgueil philosophique ne devrait-il pas s’anéantir à la présence d’un de ces atomes vivants ? Ô que nous sommes petits, ignorants, vains !. » Charles Bonnet, Lettre à Saussure, 1772.

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Bonnet - De l'usage des feuilles.

Bonnet - De l'usage des PlantesBONNET Charles

Recherches sur l’usage des feuilles dans les plantes, et sur quelques autres sujets relatifs à l’Histoire de la Végétation.

Neufchatel, Samuel Fauche, 1779, tome IV des Oeuvres Complètes (complet en soi).
Un volume 22 x 14 cms. [VI]-464 pages non rognées.
31 gravures dépliantes en fin de volume.
Cartonnage éditeur, dos lisse. Tampon ancien sur la page de titre, ex-libris au verso du premier plat.
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Arthur ChristianLe tome I de notre exemplaire comporte un envoi à Arthur Christian. Cet ami de Gambetta fut préfetEnvoi à Arthur Christian avant de devenir, de 1895 à 1906, directeur de l’Imprimerie Nationale. Il est l’auteur des Débuts de l’imprimerie en France et de La Colonisation par le livre

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Albert Cim - Le Livre

CIM Albert Le Livre. 5/5.
Paris, Flammarion, 1905-1908.
Un volume relié et quatre volumes brochés 18,5 x 12 cms. VII-328 + 374 + 398 + 398 + 415 + 544 pages.
Demi reliure rouge à coins, dos lisse, pièce de titre et ex-libris d’Arthur Christian pour le tome I. Couvertures et dos des quatre autres tomes insolés, brochages bien fragiles. Des rousseurs au tome V, qui est non coupé.
Envoi de l’auteur à Arthur Christian (directeur de l’Imprimerie Nationale de 1895 à 1906) au tome I.
Contient : TOME I : Historique – L’amour des livres et de la lecture depuis l’antiquité jusqu’à nos jours. Prédilections particulières et auteurs préférés. TOME II : Historique (suite) – La religion des Lettres – Premières lectures – Diverses façons de lire – Choix des livres – Bibliomanes et bibiolâtres – Biblioclastes et bibliophobes – Les femmes et les livres – Prêt des livres. TOME III : Fabrication – Papier – Format – Impression – Illustration – Reliure. TOME IV : Achat des livres – Aménagement d’une Bibliothèque et rangement des livres – Catalogues et classifications. TOME V : Usage et entretien des livres – Appendice : abréviations, locutions latines, chiffres romains, signes typographiques etc. – Correction des épreuves – Index général.

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