Du rôle des coups de bâton dans les relations sociales et, en particulier, dans l’histoire littéraire

dictionnaire des injures littérairesAvant le Politiquement Correct, il y eut l’invective et l’injure :

« Nietzsche, un tzigane »

« Aragon, tant et tant d’arrivisme pour arriver si peu ! »

« Mallarmé, intraduisible, même en français »

« Baudelaire réunit la pauvreté du chiffonnier, le sarcasme du mendiant, le désespoir du parasite »

(voir le Dictionnaire des Injures Littéraires, de Pierre Chalmin qui vient de sortir en Poche ; ainsi que le dossier de la revue COnTEXTES, intitulé Querelles d’écrivains (XIXe-XXIe siècles) : de la dispute à la polémique)

Du rôle des coups de bâton...

Mais au XVIIe siècle, les arguments étaient plus frappants.

Victor Fournel nous en administre la preuve, tout en ne restreignant pas son sujet, ce qui serait dommage : « Cette étude, pour s’attacher spécialement aux coups de bâton, n’exclut néanmoins ni les soufflets, ni les coups de poing, ni les coups de pied, ni les autres gentillesses de même nature qu’on n’administrait guère aux écrivains que lorsque l’instrument ordinaire de ces corrections venait à faire défaut. »

Pourquoi tant de haine ?
Parce que les écrivains étaient les domestiques des grandes maisons : « Ils payaient la protection en bons mots et en dédicaces où ils élevaient leur protecteur aux nues, prouvant à grand renfort de textes, que son avènement avait été prédit par Moïse et par les Prophètes». Ils étaient donc parfois châtiés comme les laquais qu’ils étaient devenus.

Mais rassurons-nous. Les Gens de Lettres, entre eux, se traitaient de la même manière, en réponse aux satires et aux épigrammes diverses qu’ils s’échangeaient, ouvertement ou sous pseudonyme.

Méticuleux chroniqueur, Fournel recense le moindre incident, ainsi que les traces qui en demeurent dans les oeuvres des protagonistes ou chez les mémorialistes du temps. Pas moins de 90 noms sont cités dans l’index, et non des moindres, comme Boileau, La Fontaine, Furetière, Racine, Voltaire, Molière (auteur, mais aussi comédien, ceux-ci étant traités encore plus rudement).

Même principe, autre application chez nos voisins anglais : Fournel nous éclaire sur les différences culturelles en citant des passages d’un texte de Fielding intitulé Dissertation sur les coups de pied au derrière

autre coup de bâtoncoup de bâton

Victor FOURNEL
Du rôle des coups de bâton dans les relations sociales et, en particulier, dans l’histoire littéraire.
Paris, Delahays, 1858.
Un volume 13,5 x 9,5 cms. 252 pages.

Demi reliure percaline, dos lisse à motif fleuri,
pièce de titre.

Couverture originale conservée.
Bon état, malgré des rousseurs éparses.

60 €

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